Accident de la route : attention à la rate !

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La rate est un viscère fragile qui peut se rompre lors de certains traumatismes abdominaux avec pour conséquence une hémorragie interne, fatale parfois.

Encore mal connue, la rate est un petit viscère (à peine 200 g) destiné à épurer le sang des globules rouges ou blancs anormaux, à la manière d’un tamis, mais aussi et surtout à assurer l’immunité. C’est dans la rate, en effet, qu’une partie des lymphocytes sont produits. Rappelons que ces globules blancs sont à l’origine des anticorps qui permettent la lutte contre les infections. Si elle reste importante lors de l’enfance en matière d’immunité, la rate n’est pas un organe indispensable, comme le sont le foie ou le pancréas. On peut donc vivre sans rate, mais avec un risque infectieux plus important.

UN ORGANE GORGÉ DE SANG…

Immunité oblige, la rate est en permanence gorgée de sang. C’est cette capacité à filtrer le sang qui en fait un organe spongieux à risque lors des contusions abdominales et ce d’autant qu’elle n’est pas bien protégée. Bien que située dans l’abdomen, sous les trois dernières côtes à gauche (10e, 11e et 12e), la rate est susceptible de se rompre en cas de choc direct, même en l’absence de plaie, ou d’être abîmée par une fracture de côte (accident de la route, traumatisme avec le guidon de vélo, coup de poing, chute d’un lieu élevé, plaie par balle ou par arme tranchante…).

… QUI PEUT SE FRACTURER

Cet organe est protégé par une fine capsule fibreuse qui peut limiter les saignements dès lors que ces derniers s’avèrent mineurs. En revanche, en cas de saignement intense par fracture de la rate, l’équivalent d’une section en somme, la capsule n’est pas suffisamment solide pour contenir l’hémorragie, d’autant qu’en cas de traumatisme important, la capsule est souvent lésée elle aussi. Enfin, il faut toujours avoir à l’esprit le piège de la rupture dite « en deux temps » : l’hémorragie est tout d’abord discrète (douleurs abdominales simplement), mais distend la capsule jusqu’au moment où cette dernière ne peut plus s’opposer à l’augmentation de pression et se rompt, provoquant une hémorragie interne importante.

DOULEUR ET PÂLEUR

Il n’est pas très difficile de diagnostiquer une fracture de rate dans un contexte d’accident avec traumatisme abdominal. Elle se manifeste en effet par des douleurs abdominales à gauche qui peuvent irradier dans l’épaule gauche ainsi que par une contracture musculaire lors de la palpation de la zone abdominale douloureuse. L’inspiration profonde déclenche également des douleurs. L’hémorragie interne se traduit alors par une pâleur intense du visage (baisse rapide du nombre de globules rouges sanguins) et des extrémités (doigts, oreilles…), un malaise lié à la baisse de la tension artérielle, un pouls filant ou impossible à prendre et une soif intense.
Associés à une ecchymose sur la peau de l’abdomen, de tels signes constituent un argument de poids pour suspecter l’existence d’une fracture de la rate.

À ce stade, mieux vaut appeler le 15 ou le 18, car l’hémorragie peut être brutale et gravissime d’emblée. En attendant les secours, placez la victime en PLS (position latérale de sécurité) si elle est inconsciente ou en cas contraire sur le dos, les jambes surélevées.

INTERVENTION CHIRURGICALE

Dans ce contexte, toute contusion de l’abdomen nécessite un examen médical, une échographie ou un scanner en urgence et un bilan sanguin à la recherche d’une anémie.

Deux situations bien différentes, selon les résultats des examens :
> La lésion de la rate est minime. L’hémorragie, discrète, est bien circonscrite par la capsule et bien tolérée par l’organisme : une surveillance attentive est suffisante dans l’attente d’une cicatrisation naturelle du foyer de lésion.
> La fracture de la rate est importante et débouche sur une hémorragie interne avec des troubles tensionnels : une intervention chirurgicale est impérative et urgente. Elle vise à retirer la rate – c’est la splénectomie – et à suturer les vaisseaux qui l’alimentent. D’autres techniques peuvent éviter la splénectomie et consistent à « coller » ou à consolider la rate abîmée. Reste enfin la possibilité de l’angio-embolisation, autrement dit l’introduction d’un cathéter jusqu’à l’artère alimentant la rate afin de l’obstruer.

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