La médecine africaine

Formidable espoir contre la lèpre, le sida et autres maladies graves
Rubrique

Un hôpital sénégalais où l’on soigne uniquement avec les médecines traditionnelles, des tradipraticiens aux multiples casquettes, des esprits, des arbres aux mille vertus…, l’Afrique recèle des richesses thérapeutiques incomparables.

Nous aurions pu vous parler des plantes (le tulipier africain contre les ulcères de la peau, la vigne africaine pour empoisonner les flèches, la noix de kola qui stimule le cœur, le bois de goyave pour nettoyer les plaies…), de karité, des scarifications, de l’excision mais aussi des sacrifices du coq rouge, des serpents, de la fièvre jaune, du paludisme, de la dengue, des rites vaudou, des esprits de la nature car «en Afrique, la nature sauvage est partout, et partout le sacré s’exprime de manière troublante. Dans le désert, dans la savane ou dans l’épaisseur humide des forêts tropicales, seul compte l’essentiel» (1). Mais plutôt que de survoler l’incroyable richesse du patrimoine thérapeutique africain, nous préférons vous faire partager notre coup de cœur pour une femme, le Professeur Yvette PARES. Cette grande dame, française pure souche, chercheur, médecin, formée à l’école purement scientifique occidentale, a fondé l’hôpital Keur Massar (Sénégal) en 1980. Étonnant lieu de soins aux résultats extraordinaires… où l’on traite aujourd’hui exclusivement avec les plantes et autres méthodes traditionnelles. Pas un médicament occidental n’y est prescrit, et les patients s’en portent apparemment plutôt mieux… 

«Les préjugés, transmis d’une génération à l’autre en Occident, désignaient et désignent encore trop souvent sous le nom de "sorciers" les tradithérapeutes. On continue de penser que leur savoir, s’ils en ont vraiment un, n’est que superstition, gris-gris, incantations mêlées à des connaissances empiriques dénuées de toute rationalité.» En quelques phrases fortes de l’avant-propos (2), le décor est planté. Pourtant, au cours de recherches menées dans le plus pur esprit «occidental», au contact des malades lépreux affligés de tant de maux, Yvette Parès découvre que la médecine traditionnelle africaine obtient de bien meilleurs résultats que les molécules occidentales. Et qu’il en va de même pour les  autres maladies les plus graves sévissant dans ce pays, notamment la tuberculose et le sida. 

ET HIPPOCRATE ALORS?
Stupeur, car non seulement cette découverte remet en cause ses connaissances universitaires, mais aussi colère lorsqu’on lui interdit de poursuivre ses recherches pour d’obscures raisons. N’écoutant que son cœur, Y. Parès brave l’interdiction et continue ses travaux discrètement. Prenant conscience que ses deux longues formations en France (diplôme de bactériologie puis études de médecine) ne suffiront pas à mener à bien la tâche qu’elle entrevoit, elle se forme alors avec des tradipraticiens et les résultats extraordinaires qu’elle obtient sur les malades lépreux grâce à la médecine traditionnelle africaine lui font définitivement opter pour ce choix médical, en vertu du serment d’Hippocrate («d’abord, ne pas nuire»), tout simplement. Entre un traitement chimique agressif, peu voire pas efficace, aux nombreux effets secondaires lourds et des soins naturels appropriés, efficaces, physiologiques et sans effets secondaires, son choix est vite fait. En effet, la chimiothérapie alors appliquée contre la lèpre (sulfones et sulfamides retard) est tout simplement inopérante, malgré les contre-vérités répétées en permanence à l’époque! De plus, les malades sont défigurés, paralysés, en très mauvais état, souffrent de perforations et de lésions générales. Alors qu’avec les plantes, ils guérissent et sont en bien meilleur état général.
Puis, d’autres malades, atteints de sida cette fois-ci, arrivent au centre. Même constat: les plantes font «mieux» que les traitements occidentaux. Sans compter que, comme le dit si bien le Dr Pares, «on ne peut pas baser la santé d'un continent sur l'importation de médicaments!». Forte de l’ensemble de ces constats, Yvette Parès décide de transformer le centre anti-lépreux en hôpital Keur Massar et d’y consacrer sa vie. L’hôpital a fêté ses 20 ans en 2000 et semble promis à un bel avenir! 

Zoom sur la lèpre

À Keur Massar

Traitements différents selon chaque forme de lèpre, âge du malade, gravité et ancienneté de la maladie. Connaissance des plantes très approfondie. Les enfants bénéficient de traitements curatifs ou préventifs. Le terrain est renforcé, le foie protégé, le malade soigné peu à peu. Il est tout à fait possible de retrouver une vie et un aspect physique normaux.
Traitement:
1) élimination des toxines accumulées pendant l’incubation
2) traitement d’attaque (avec fortifiants)
3) traitement de fond + traitement final
5) traitement de sécurité pour éviter toute rechute.
La peau redevient lisse, normale. Le malade retrouve ses sensations. Les problèmes osseux sont améliorés, on prévient les mutilations, les plaies et perforations cicatrisent, on traite aussi les troubles psychiques.

À l’occidentale

La lèpre étant une maladie infectieuse, on essaie de tuer le germe en cause: sulfones et sulfamides puis rifampicine et chimiothérapie lourde. Point ! Les différentes classes de médicaments se sont succédées, sans succès. Graves effets secondaires tous azimuts (sur la peau, les muscles, les nerfs…).

Hélas, la lèpre frappe des enfants de plus en plus jeunes et les germes, habitués aux médicaments occidentaux classiques, résistent désormais à des traitements de plus en plus agressifs. Renforcé, le germe Mycobacterium leprae risque de faire de gros ravages. Alors que la médecine traditionnelle dispose de traitements, préventifs et curatifs, efficaces dès l’âge de 3 mois (des nourrissons!). Il semble que ceux-ci pourraient être généralisés dans le pays et restreindre fortement l’incidence de la maladie.

Hôpital Traditionnel de Keur Massar
BP 5629 DAKAR-FANN SENEGAL
Courriel :htkm61@hotmail.com

Notes :
(1) Médecines du monde, Claudine Brelet, éditions Robert Laffont.
(2) Auteur de "La médecine africaine, une efficacité étonnante. Témoignage d’une pionnière". Pr Yvette Parès (préface du Dr Jean-Pierre Willem), éditions Yves Michel.

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