Les Bioplastiques

lun, 26/01/2009 - 12:13 -- Angela David
De l’évidence aux défis
Rubrique : 

Une alternative à la pollution plastique qui envahit la planète : la mise au travail des plantes et des bactéries pour nous fournir en bioplastiques !

Nous sommes "accros" aux plastiques, c’est incontestable, et ce n’est pas étonnant ! Que ce soit sur le plan technologique ou esthétique, ils se déclinent à l’infini, toujours plus performants. Mais, issus de la pétrochimie, ils sont de plus en plus coûteux et sont polluants. Pour le grand public, c’est sans doute l’affaire des sacs de caisses qui fait date, et c’est tant mieux ! Juste quelques chiffres : en France, ce sont 570 sacs d’emplettes qui sont distribués chaque seconde, soit environ 17 à 18 milliards par an. Ces quelques minutes de confort ou de support publicitaire génèrent des tonnes de déchets polluants pour les sols, pour l’air (lorsqu’ils sont brûlés) et pour le milieu marin (des dauphins, des phoques ou des tortues meurent étouffés en avalant des sacs plastiques qu’ils confondent avec des proies…). Rien que pour éliminer ces fameux sacs, c’est 100 millions d’euros investis chaque année.
Et c’est sans parler de tous les autres plastiques, omniprésents dans notre vie quotidienne (objets divers, bâtiments, voitures…).

Les problèmes écologiques qu’ils posent sont immenses  :
> utilisation des ressources fossiles
> encombrement des décharges
> pollution quasi éternelle : les plastiques mettent 200 à 500 ans pour disparaître… de notre vue, car si les gros assemblages moléculaires qui les constituent se fragmentent en petites molécules, certaines d’entre elles sont toujours polluantes ; il n’y a de changement que dans la taille des molécules !
> l’incinération impose un traitement spécifique des résidus des fumées (ce sont les fameux REFIOM, considérés comme des déchets ultimes, car encore fortement chargés en produits toxiques : plomb, mercure, arsenic… Ils doivent être stockés en décharges classées, après un traitement de stabilisation et de solidification ou de vitrification). À noter que, si la combustion du plastique se fait en présence de matières organiques, il y a rejet de dioxine et de métaux lourds dans l’air ; il est donc impératif d’être intransigeant avec tous les brûlages intempestifs que l’on peut constater !
> bilan carbone très mauvais !

DES PLANTES OU DES BACTÉRIES POUR FAIRE DU BIOPLASTIQUE
Pour faire du plastique à partir du pétrole, il faut fabriquer de grosses molécules : les polymères. Or, les premiers fabricants de polymères naturels sur Terre, ce sont les plantes et les bactéries avec, en ces temps de changement climatique programmé, un avantage considérable : ces fameux polymères qui peuvent servir à élaborer des plastiques, elles les fabriquent en séquestrant le gaz carbonique, bien connu comme gaz à effet de serre !

Mais l’intérêt ne s’arrête pas là ; ces biopolymères offrent, dans leur nature-même, la solution à leur élimination : ils sont directement assimilables par les micro-organismes du sol et donc sont recyclés par compostage ; pas d’incinération polluante, mais une action positive sur la fertilité des sols !

La production se fait de deux façons :
> soit directement à partir des plantes, bactéries ou produits de leur métabolisme.
> soit selon une autre méthode qui nécessite des procédures chimiques plus élaborées, mais bien maîtrisées par l’industrie : dans des fermenteurs, des bactéries réalisent la fermentation lactique de glucides végétaux ; le produit obtenu est de l’acide lactique qu’il faut polymériser par des réactions chimiques classiques pour fabriquer des bioplastiques. Dans ce cas, on parle de bioplastiques issus de ressources renouvelables synthétiques.

LE DÉFI DES BIOPLASTIQUES
Les bioplastiques peuvent relever le défi : remplacer les plastiques de la pétrochimie, apportant ainsi un plus environnemental ; même si celui-ci n’est pas encore très contrasté, il devrait le devenir avec les recherches en cours pour améliorer la technologie. Ces matériaux sont biodégradables et renouvelables. Développer et utiliser des bioplastiques permet :
> la lutte contre le réchauffement climatique : séquestration du carbone par les cultures, restitution du carbone par le compost sous une forme bio-assimilable par la faune du sol et amélioration de la fertilité du milieu ; peu de production de gaz à effet de serre ; possibilités de production et de recyclage proches des sites de consommation (écobilan favorable, pas de transport)
> la réduction de la pollution chimique des sols par des polymères non biodégradables
> la réduction de la pollution de la chaîne alimentaire
> la réduction de la destruction d’espèces animales par étouffement, malnutrition…
> la réduction du gaspillage des ressources fossiles.
Les perspectives de développement des bioplastiques sont très encourageantes. Un travail sur les coûts de production reste cependant indispensable, car ils restent entre 2 à 10 fois plus chers ; une politique incitative à leur utilisation et à une normalisation internationale serait également la bienvenue.

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