La ponction biopsie hépatique

Pour diagnostiquer l'hépatite C
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La ponction-biopsie hépatique consiste à prélever un fragment de foie à l'aide d'une aiguille, afin de l'examiner ensuite au microscope. Cet examen est indispensable dans de nombreuses maladies, l'hépatite C par exemple.

La ponction-biopsie hépatique transpariétale, ou PBH, fait souvent peur, rien qu’à l’évocation d’une aiguille transperçant la peau du thorax ! Pour aussi barbare qu’il paraît, cet examen invasif est presque indolore, puisqu’il est effectué sous anesthésie locale. La principale indication de la PBH est l’hépatite C. On va prélever un morceau de foie afin de vérifier l’état de l’organe avant de prescrire le traitement adéquat. Chaque année, plus de 15 000 biopsies sont pratiquées dont plus de la moitié pour cette seule indication.

Un bilan préalable indispensable

Du fait de la nécessité de percer la peau ainsi que le foie, des examens complémentaires sont indispensables dans les jours qui précèdent le geste, et ce, afin de s’assurer notamment qu’il n’y a pas de risque hémorragique ou de contre-indication à la PBH : numération formule sanguine (pour apprécier le nombre de globules rouges), numération des plaquettes (qui concourent à la coagulation), groupe sanguin (dans l’hypothèse où il faudrait faire une transfusion en urgence) et surtout examen de la coagulation. N’hésitez pas à avertir le praticien si vous êtes sous anticoagulants ou si vous prenez de l’aspirine (qui s’oppose à la coagulation), qu’il faudra très certainement arrêter dans la semaine précédant la ponction. En cas d’anomalie du bilan ou s’il existe une contre-indication lors de l’examen clinique, la PBH peut être réalisée par voie jugulaire ou par laparotomie (incision de l’abdomen).

Le geste

La PBH est pratiquée en position allongée, couché sur le dos ou sur le côté gauche, afin de bien dégager le gril costal droit où siège le foie. Rappelons que le foie est situé derrière les dernières côtes à droite. Il dépasse parfois sous le rebord costal inférieur. La PBH consiste à retirer un petit lambeau de foie d’environ 2 cm de long au moyen d’une aiguille qu’on appelle parfois «trocart». Pour cela, le praticien va d’abord anesthésier la paroi thoracique, entre deux côtes, au moyen d’une injection d’un produit anesthésiant et pratiquer ensuite une petite incision de quelques mm à l’endroit désiré. Puis, sous contrôle échographique le plus souvent afin de repérer avec précision la zone du foie visée, il va rentrer l’aiguille montée sur une seringue, dans un geste vif, pour la ressortir presque instantanément, en ayant pris soin d’aspirer au passage un peu de tissu hépatique, et ce, dans un moment d’immobilité respiratoire totale du patient. Une PBH ne prend donc que quelques secondes.

L’hospitalisation

Sauf exception (sujet jeune à coagulation normale), la PBH n’est pas un examen que l’on peut pratiquer en ambulatoire de façon systématique, du fait du risque hémorragique. Elle nécessite le plus souvent une hospitalisation de 24 heures. Il faut être à jeun. La PBH est pratiquée en clinique ou à l’hôpital par un gastro-entérologue. On peut reprendre une activité normale le lendemain de la ponction, hormis la pratique d’un sport de façon intense.
Les résultats de l’analyse du tissu hépatique sont connus en 8 à 10 jours après la ponction et sont transmis au médecin traitant.

Veine jugulaire

Lorsque la voie transpariétale (à travers la peau du thorax) n’est pas possible pour cause de risque hémorragique par exemple ou d’épanchement liquidien dans l’abdomen (ascite), le praticien passe parfois par voie jugulaire, c’est-à-dire au niveau d’une veine du cou. Ce geste est alors beaucoup plus technique.

Douleurs

Dans 30% des cas, il arrive que des douleurs, modérées le plus souvent, surviennent au niveau de l’épaule droite ou du foie une douzaine d’heures après le geste. Des antalgiques type paracétamol (jamais d’aspirine) sont suffisants pour soulager la douleur. Les douleurs disparaissent en 1 à 2 jours.

Des contre-indications

• Troubles de la coagulation
• Ascite (épanchement liquidien dans l’abdomen)
• Kyste du foie (kyste hydatique)
• Amylose

Des complications rares

• Malaise vagal (dans environ 2 % des cas)
• Perforations des organes de voisinage (0,01 à 0,1% des cas)
• Hémorragie interne
• ...Décès entre 0,01 % et 0,1 % des cas chez des patients fragilisés

Les autres indications

• Hépatite B
• Certaines maladies hépatiques alcooliques
• Hémochromatose génétique
• Fibrose
• Maladies cholestatiques chroniques du foie
• Atteintes médicamenteuses
• Certaines tumeurs
• Après une transplantation (diagnostic d'un rejet, d'une infection...)

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