L’hémoglobine glycosylée

Un taux à surveiller si vous êtes diabétique
Rubrique

Appelée aussi glyquée, la mesure du taux de l’hémoglobine glycosylée sanguine permet de surveiller l’équilibre du diabète et donc le traitement. C’est un examen de routine pour le médecin généraliste ou le diabétologue.

Pendant des années, la surveillance au long cours du diabète reposait essentiellement sur la mesure du taux du glucose dans le sang, via un auto-test qui consistait à se prélever une goutte de sang sur le bout du doigt et à la déposer sur une bande-lette que l’on plaçait dans un lecteur de glycémie. Problème : il s’agissait d’une surveillance ponctuelle qui ne permettait pas de préjuger des glycémies (taux de glucose dans le sang) entre deux prélèvements et/ou deux injections d’insuline. Il en était de même des glycémies pratiquées en laboratoires d’analyses. En d’autres termes, nombre de diabétiques, se croyant bien équilibrés et donc protégés contre les complications du diabète, se trouvaient en réalité beaucoup plus souvent qu’ils ne le supposaient avec des glycémies supérieures à 1,26 g (la norme maximale admise) entre deux auto-mesures. Cette surveillance, toujours nécessaire au quotidien (voir encadré), a été révolutionnée par l’avènement du dosage de l’hémoglobine glycosylée.

L’intérêt de la mesure de l'hémoglobine glycosilée

La mesure de l’hémoglobine glycosylée, qu’on appelle aussi glyquée ou encore HbA1c, permet de surveiller l’équilibre glycémique global dans les 3 mois qui précèdent, que l’on soit diabétique de type 1, insulino-dépendant (DID) ou de type 2, non insulino-dépendant (DNID). L’objectif principal du traitement du diabétique est de baisser la glycémie par tous les moyens autour d’une valeur normale qui avoisine 1 g – 1,10 g/litre à chaque instant de la journée. Car l’enjeu à moyen et à long terme est important : éviter l’apparition des complications du diabète dont on sait qu’elles ont d’autant plus de risques de se produire que les glycémies excèdent fréquemment et durablement 1,26 g.

C’est quoi au juste ?

L’hémoglobine glycosylée, qui est une protéine présente dans les globules rouges, a la particularité de «stocker» des dérivés de sucre. C’est une sorte «d’éponge à sucre». Rappelons que l’hémoglobine est le pigment rouge qui fixe l’oxygène dans les globules rouges. Du fait de la durée de vie des globules rouges, qui est d’environ 120 jours, l’hémoglobine glycosylée va stocker du sucre pendant les 3 mois qui précèdent la mesure.

Valeur inférieur à 7

En l’absence de diabète (glycémies à jeun aux alentours d’1 g), la valeur normale de l’hémoglobine glycosylée se situe entre 3,5 % et 6 %. Dans le cadre de la surveillance, les spécialistes recommandent un dosage d’HbA1c inférieur à 7 % chez le diabétique, et ce afin d’éviter la survenue de complications. Au-delà de 7 % d’hémoglobine glycosylée, il faut modifier son alimentation ou son traitement.

Supérieure à 7, attention danger !

Comme on l’a vu, une hémoglobine glycosylée supérieure à 7 signifie que le diabète n’est pas équilibré sur la période des 3 mois précédents. Des hyperglycémies chroniques ou trop répétitives exposent aux complications plus ou moins tardives du diabète (atteintes nerveuse, rénale et oculaire, artérite, problèmes cardiaques...). On estime qu’une augmentation de 0,3 g/L de la glycémie correspond à un accroissement de l’hémoglobi- ne glycosylée de l’ordre de 1 %. Selon la plupart des spécialistes, le risque de complications diabétiques commence à partir de 7 %. Les experts estiment qu’une baisse de l’hémoglobine glycosylée de l’ordre de 1 % diminue le risque d’infarctus de 14 %, et de 20 % la mortalité due au diabète. Toute baisse de l’hémoglobine glycosylée, même minime, est donc bénéfique !

Une surveillance tous les 3 mois

Sauf exception, il n’est pas nécessaire de mesurer son hémoglobine glycosylée plus d’une fois tous les trois mois. 3 à 4 dosages par an sont donc suffisants. La mesure de l’hémoglobine glycosylée se pratique par une simple prise de sang au laboratoire.

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