Pour ne plus avoir peur de la ponction lombaire (PL)

Rubrique

Il est bien loin le temps où l’aiguille utilisée pour la ponction lombaire tenait plus d’une aiguille à tricoter qu’autre chose !

La ponction lombaire, qui demeure indispensable dans le diagnostic de nombreuses pathologies, est presque indolore et s’effectue avec de très fines aiguilles. Cet examen consiste à prélever du liquide céphalo-rachidien dans l’espace situé entre la moelle épinière, le cerveau et les méninges.

Acte essentiellement hospitalier, la ponction lombaire, ou PL, n’est plus aussi douloureuse que par le passé, aiguilles fines obligent. Cet examen consiste à introduire une aiguille creuse dans le cul-de-sac rachidien, entre deux vertèbres lombaires, de façon à retirer du liquide céphalo-rachidien (LCR), ce liquide clair comme de l’eau de roche et parfaitement stérile dans lequel baignent le cerveau et les méninges. On ne retire en général qu’une trentaine de gouttes de liquide. Pratiquée par un praticien aguerri, ce qui est toujours le cas rassurez-vous, la PL est sans danger. Du fait du niveau de ponction situé dans le bas de la colonne lombaire, les risques de perforer la moelle épinière sont presque nuls. Aucun risque non plus de contamination du site de ponction car les aiguilles sont stériles et les conditions d’asepsie, draconiennes.

Sous anesthésie locale parfois

La PL s’effectue en position allongée sur le côté, en chien de fusil, ou assise, penché en avant, un oreiller sur le ventre. C’est la position dite du «dos rond». La position dépend de la morphologie du sujet, de son état de santé (la position «dos rond» n’est pas toujours facile à tenir en cas de problème respiratoire ou d’obésité)... et des habitudes du praticien ! La PL ne nécessite que quelques minutes. Une petite anesthésie locale est parfois réalisée. Après la PL, la position allongée sur le ventre d’abord puis sur le dos est recommandée dans les 24 h qui suivent et ce, afin d’éviter les maux de tête et les vomissements qui peuvent survenir. En cause, la baisse de la pression dans le LCR du fait du retrait de liquide. Une position allongée et une surveillance qui nécessitent donc une hospitalisation de 24 heures.

Pour le diagnostic...

Les indications de la PL sont nombreuses. La plus fréquente demeure encore la suspicion de méningite ou d'hémorragie méningée. Dans ces 2 cas, la Pl permet, d'une part, de diagnostiquer la pathologie (liquide purulent, trouble, ou coloré en cas de méningite, ou sanglant en cas d'hémorragie)et, d’autre part, de mettre en évidence la nature du germe lorsqu’il s’agit d’une méningite. On peut pratiquer également la PL dans le diagnostic des scléroses en plaque ou de certaines maladies cérébrales dégénératives. La PL permet également d’injecter un produit de contraste opaque pour pratiquer une saccoradiculographie, un examen qui met en évidence des anomalies au niveau des racines nerveuses, comme une compression nerveuse lors d’une hernie discale.

… Ou à visée thérapeutique

Ailleurs, la PL est pratiquée dans un but thérapeutique : en délestant la périphérie de la moelle épinière et du cerveau en liquide céphalo-rachidien, on peut atténuer les effets d’une hydrocéphalie. On peut aussi profiter de cette voie d’abord privilégiée pour injecter des antibiotiques lors d’une méningite, ou encore des médicaments anticancéreux en cas de leucémie.

Une contre-indication principale

La PL ne connaît qu’une seule véritable contre-indication : l’hypertension intra-crânienne sévère, autrement dit l’augmentation anormale de la pression à l’intérieur du crâne, autour du cerveau. Une hypertension intracrânienne que l’on peut dépister avec un fond d’œil ou un scanner, un examen souvent pratiqué en première intention, lorsque le diagnostic exact de la pathologie cérébrale est incertain. Mais reconnaissons toutefois que le fond d’œil est rarement pratiqué lorsque la PL répond à une situation d’urgence absolue.

Bon à savoir :

- La PL est intégralement remboursée.
- La PL est possible chez le nourrisson.
- Lorsqu’il s’agit d’un enfant, la pose d’un patch anesthésique type «Emla» sur la zone de ponction dans les minutes qui précèdent l’acte permet de l’effectuer sans aucune douleur.

Sélection de livres disponibles dans notre boutique

Mon cahier de radiesthésie
Les secrets d'un jeûne réussi
Chimiofolies
Dépression. Le mensonge des antidépresseurs... et les vraies pistes de guérison