Tout savoir sur l'alcoolémie

Boire ou conduire…
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L’alcoolémie définit la présence d’alcool pur dans le sang. On peut la mesurer directement par une prise de sang, ou l’estimer assez précisément sur l’air expiré grâce à l’éthylotest.

Contrôles de police ou de gendarmerie obligent, consommer de l’alcool, même en quantité modérée, peut déboucher sur un contrôle positif, à savoir une alcoolémie (estimée sur l’air expiré) supérieure au seuil légal de 0,50 g/litre. Rappelons que le taux délictuel au regard de la loi est fixé à 0,80 g/l. La loi prévoit alors une amende importante, de la prison et un retrait de permis prolongé.

À 0,02 gramme près !

À 0,49 g/l, il n’y a pas d’infraction, à 0,51, si. Une différence de 0,02 g d’alcool qui peut donc avoir des conséquences importantes, à plus forte raison autour de 0,80 g/l, et qui correspond alors à un volume d’alcool très légèrement supérieur à ses capacités d’élimination - un quart de verre de vin supplémentaire est suffisant pour être dans… le rouge - ou à un contrôle de l’alcoolémie effectué à un quart d’heure près, avant l’élimination des 0,02 g d’alcool. Avant de consommer, mieux vaut donc bien connaître la "cinétique" de l’alcool dans l’organisme, autrement dit son "devenir" dans le temps (absorption et élimination), et garder à l’esprit bien sûr que l’abus d’alcool est nocif pour la santé...

Ce qui peut accélérer l'absorption

> Être à jeun.
> Paradoxalement, consommer des boissons peu concentrées en alcool !
> Boire des boissons sucrées ou gazeuses.
> Boire des boissons chaudes.
> Boire des prémix, très sucrés et gazeux, ou des punchs, expose donc à une absorption rapide d’alcool. Il en est de même du whisky-coca !

Ce qui peut diminuer l'absorption

> Les aliments, gras notamment.
> Les aliments épicés.
> Une gastrite.
> Le tabagisme.

Inégalité

Nous sommes inégaux devant l’alcool. À dose consommée d’alcool égale, un homme grand et musclé, ou bien enveloppé, aura une alcoolémie moindre qu’une femme d’une taille moyenne et plutôt maigre, l’espace dit de «diffusion» étant restreint. D’ailleurs, il existe un coefficient de diffusion de l’alcool dans l’organisme qui est fonction du sexe : 0,6 chez les femmes contre 0,7 chez l’homme.

Équivalences

Un verre de vin de 10 cl (verre ballon), un verre de bière de 25 cl, une dose de whisky, de pastis ou de digestif de 2,5 cl contiennent tous la même dose d’alcool, environ 10 g (entre 9 et 12 g). Ils font monter l’alcoolémie en moyenne de 0,20 g chez un homme de 70 kg et de 0,30 g chez une femme de 50 kg. Attention, il s’agit des contenances et des doses délivrées dans les bars et restaurants. À moins d’avoir chez soi des becs doseurs verseurs et des verres ballon, il est donc difficile de bien maîtriser les quantités d’alcool effectivement délivrées lors d’un repas ou d’un apéritif car celui qui sert peut avoir "la main lourde".

Absorption de l'alcool

Quelques chiffres permettent de mieux comprendre le devenir d’une gorgée d’un liquide alcoolisé. Il n’y a pas de digestion (le tube digestif laisse passer l’alcool pur sans le transformer). Tout alcool bu est donc absorbé intégralement.
- L’alcool est absorbé à hauteur de 5 % au niveau de la cavité buccale. Une conséquence s’impose, goûter le vin sans le boire, et le laisser longtemps en bouche peut donc s’accompagner d’un passage d’alcool dans le sang !
- 15 à 25 % de l’alcool est absorbé au niveau de l’estomac.
- L’intestin grêle absorbe la majeure partie de l’alcool, soit 75 %.

Cinétique

Le pic d’alcoolémie est maximum entre 15 à 30 min (à jeun) et jusqu’à une heure après une ingestion d’alcool en cours de repas. Ces chiffres varient d’une personne à l’autre. L’organisme dégrade environ 0,15 g d’alcool pur en moyenne (0,10 g à 0,20 g) par heure, soit l’équivalent d’un peu moins d’un verre chez l’homme. Le foie est le principal organe chargé de la dégradation de l’alcool (90 %). Bon à savoir : un foie malade (par cirrhose, insuffisance hépatique, hépatite…) dégradera donc moins bien l’alcool qu’un foie sain. Et ne comptez pas sur les autres modes d’élimination, marginaux. La participation gastrique est limitée. 10 % de la quantité d’alcool ingérée est éliminée sous une forme inchangée par la sueur (1 %), l’air expiré (1 à 5 %) et les urines (2 à 4 %).

Pas plus de deux verres

La consommation de plus de 2 verres de vin expose déjà à une alcoolémie supérieure au seuil légal de conduite fixé à 0,5 g. Une autre conséquence s’impose, une nuit de sommeil de 12 heures n’est pas suffisante pour écouler la totalité de l’alcool ingéré de façon massive la veille, de sorte qu’un contrôle de l’alcoolémie peut s’avérer positif à 10 heures du matin alors que toute consommation d’alcool a été arrêtée à 22 heures la veille !

Formule magique

Si l’on connaît le nombre de verres ingérés (calibrés à 10 g d’alcool par verre), son poids et le coefficient de diffusion selon son sexe (0,6 pour la femme, 0,7 pour l’homme), une formule magique permet de connaître son alcoolémie (formule de Widmark)  : l’alcoolémie = quantité d’alcool absorbée en g / poids en kg X coefficient de diffusion.
À titre d’exemple, un homme de 70 kg, qui consommerait deux verres de vin aura, à un moment donné, une alcoolémie de 20/70 X 0,7 soit 0,40 g/l !

Degré alcoolique d'une bouteille

Un litre de vin à 10° signifie que 10 % du volume est constitué d’alcool pur, soit 10 centilitres (0,10 litre est de l’alcool pur). Sachant que la densité de l’alcool est de 0,8 : un litre de vin à 10° d’alcool contient donc 0,10 X 0,8 X 1 000 millilitres, soit 80 g d’alcool. Pour la bière à 4°, c’est donc 40 g et le whisky, environ 400 g !

Prise de sang

L’alcoolémie s’effectue après une prise de sang veineux et l’utilisation d’un antiseptique non alcoolique sur la peau. Il ne faut donc jamais utiliser un coton à l’alcool à 90° !

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