La cuscute chinoise (Cuscuta sinensis)

Pour les messieurs en priorité !
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Un homme épanoui et sûr de lui fait le bonheur de sa compagne : c’est une évidence ! Et nul doute que la cuscute va contribuer au bonheur des couples. Cette plante médicinale, un peu particulière, nous arrive de Chine avec une redoutable réputation d’aphrodisiaque.

La cuscute (Cuscuta sinensis), appelée aussi Chinese dodder, est une herbe orientale assez particulière... Sorte de liane parasite, sans feuille ni chlorophylle, elle aspire les nutriments de la plante hôte sur laquelle elle se fixe. Elle se présente sous forme de longues fibres, comme des cheveux, qui viennent s’enrouler autour des feuilles et des tiges. Son nom chinois, Tu Si Zi, signifie « graine de soie de lapin », ses fibres ressemblant à la fourrure soyeuse du petit mammifère.
En Occident, il existe aussi plusieurs cuscutes (lire encadré) aux propriétés différentes : son surnom est beaucoup moins flatteur, on l’appelle « cheveux du diable » parce que cette « mauvaise herbe » envahit tout ! La cuscute chinoise est très commune en Chine et en Asie du Sud-Est. Elle pousse en bord de mer et dans les champs, à l’orée des forêts, car elle apprécie la lumière. On ramasse les plantes entières en automne. Rassemblées en tas, elles sont battues pour en récolter les graines mûres.

DES PLANTES VRAIMENT BIZARRES
Il existe près de 150 variétés de cuscutes, principalement en zone tropicale ou équatoriale. En Europe occidentale, on ne compte que 4 variétés. Le genre Cuscuta fait partie de la famille des Convolvulacées. Jaunes, orange, roses ou rouges, rarement vertes, puisqu’elles ne synthétisent pas la chlorophylle, les cuscutes s’accrochent aux feuilles et aux tiges des arbres, des buissons ou des légumineuses. Pour en aspirer les nutriments, ces vampires végétaux utilisent des suçoirs appelés haustoriums. La couleur des fleurs varie du rose au blanc, en passant par le jaune. Considérée comme une plante envahissante et néfaste pour les cultures, elle est systématiquement arrachée, mais on n’en vient jamais à bout. Ses innombrables petites graines, disséminées par les déjections animales, peuvent survivre dans le sol entre 10 et 40 ans.

La cuscute d’Europe (Cuscuta europaea), encore appelée grande cuscute, parasite la luzerne. La cuscute du lin (Cuscuta epilinum) s’intéresse au lin. La cuscute du thym (Cuscuta epithymum), de taille plus petite, s’attaque au thym et se plaît sur certaines landes à bruyère ou à genêts. Très utilisées en médecine populaire il y a une centaine d’années, les cuscutes de nos régions sont aujourd’hui complètement oubliées par la phytothérapie. Cholagogue, hépatique, hémostatique et carminative, la cuscute soigne les problèmes de foie, de vésicule biliaire et de gaz intestinaux. Dans les anciens écrits, j’ai relevé que la cuscute prend aussi les propriétés médicinales de la plante à laquelle elle s’attache : c’est la raison pour laquelle la cuscute du thym était considérée comme la meilleure.

EN MÉDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE
Le Qi, c’est l’énergie. Et la cuscute est employée depuis toujours pour renforcer le Qi des reins, c’est-à-dire qu’elle est conseillée aux personnes dont l’énergie au niveau rénal est défaillante, ce qui se traduit par les symptômes suivants : impuissance, envie fréquente d’uriner, troubles digestifs, maux de dos, mais aussi faiblesse hépatique et troubles visuels.
La cuscute est donc indiquée comme stimulant de toute la sphère uro-génitale et comme aphrodisiaque : elle figure parmi les toniques sexuels les plus reconnus de la pharmacopée traditionnelle chinoise.

DES ÉTUDES MÉDICALES
Les traditions, c’est bien, mais les preuves scientifiques, c’est encore mieux. Les chercheurs ne pouvaient pas laisser échapper une telle plante sans essayer d’en savoir plus ! Ce n’est qu’il y a une dizaine d’années que des chimistes de l’Université de Pékin ont pu isoler les principaux composants de la cuscute : flavonoïdes, quercétine, astragaline, galactosides, stérols, vitamine A et la cuscutine, une substance qui lui est propre, comme son nom l’indique.
En voulant démontrer l’efficacité de la plante dans tous les domaines où elle est utilisée traditionnellement — et notamment l’infertilité masculine, l’impuissance, le prostatisme ou le risque d’avortement spontané —, les chercheurs ont découvert que la cuscute possède une réelle activité phyto-hormonale. Elle stimule certaines glandes, ce qui augmente ou régule — selon les cas — la production de progestérone, d’œstrogène, de testostérone et d’autres hormones.
En conséquence, la cuscute limiterait la prolifération des cellules cancéreuses dans le cas du cancer du sein ; elle ralentirait le processus de l’hypertrophie de la prostate ; et elle augmenterait la spermatogénèse (production des spermatozoïdes). Même sa réputation d’aphrodisiaque ne serait pas usurpée !

COMMENT LA PRENDRE
On trouve des extraits standardisés, sous forme de compléments alimentaires, dans les magasins de produits naturels et parapharmacies. En comprimés ou en gélules, elle est parfois associée avec des plantes aux propriétés comparables, comme le tribulus.
En cas de « baisse de régime » et d’insuccès avec des plantes spécialisées (ginseng, gingembre, cardamome, schisandra…), n’hésitez pas à essayer la cuscute.

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