La biopsie cutanée

Quand on veut que la peau livre ses secrets…
Rubrique

Suspicion de cancer cutané, grain de beauté douteux, tache apparue récemment, psoriasis atypique, mycose, maladie d’allure inflammatoire… nombreuses sont les indications de la biopsie cutanée, un examen qui consiste à effectuer un prélèvement de peau qui sera analysé au microscope.

Suspicion de cancer cutané, grain de beauté douteux, tache apparue récemment, psoriasis atypique, mycose, maladie d’allure inflammatoire... nombreuses sont les indications de la biopsie cutanée, un examen qui consiste à effectuer un prélèvement de peau qui sera analysé au microscope. La plupart du temps, le dermatologue diagnostique les pathologies cutanées à l’aide de l’examen clinique et du dermatoscope (petit microscope de poche doté d’une lumière). Mais, dans certains cas, le diagnostic nécessite de prélever une portion de la lésion afin de l’examiner dans les règles de l’art. Généralement, la biopsie cutanée s’effectue au cabinet du dermatologue ou à l’hôpital. Le prélèvement est ensuite transmis au laboratoire d’histopathologie (laboratoire de ville ou hôpital) pour être examiné au microscope par un dermatopathologiste aguerri.

Des indications variées

Schématiquement, deux circonstances peuvent motiver une biopsie cutanée de la part du médecin traitant ou du dermatologue consulté :

La suspicion d’un cancer cutané. En pratique, c’est le motif le plus fréquent, notamment à l’approche de l’été et des (malheureusement) inévitables bains de soleil. La biopsie permet d’affirmer le diagnostic (tumeur maligne ou bénigne) et d’identifier la nature exacte de la tumeur. En pratique, elle permet par exemple de trancher entre un nævus (simple grain de beauté) et un mélanome (cancer redoutable). D’autres lésions cancéreuses peuvent être également diagnostiquées, comme les épithéliomas ou les carcinomes. Lorsque la lésion est petite, la biopsie se confond avec l’exérèse. En clair, on retire l’ensemble de la lésion pour l’analyser. C’est la biopsie-éxérèse qui s’effectue souvent au bistouri électrique.

Le diagnostic d’une maladie cutanée d’allure inflammatoire ou infectieuse. La biopsie cutanée permet de faire le diagnostic lorsque l’examen clinique n’est pas décisif ou suffisant.

Sous anesthésie locale

Une biopsie dure une quinzaine de minutes. Le médecin commence par désinfecter la zone concernée. L’anesthésie locale consiste à injecter à l’aide d’une fine aiguille des petites quantités d’un produit anesthésique au pourtour de la zone cutanée (Lidocaïne). L’anesthésie est efficace au bout de quelques minutes seulement. Le produit injecté comporte parfois de l’adrénaline, naturellement vasoconstrictrice, destinée à limiter le risque hémorragique, mais aussi à prolonger la durée de l’anesthésie. L’anesthésie par elle-même n’est pas très douloureuse (voir encadré) et peut s’accompagner d’une sensation de picotements qui va vite s’estomper.

Prélèvement superficiel

Le praticien découpe ensuite la zone concernée avec un bistouri ou avec un petit instrument coupant en forme de cylindre (« punch biopsie ») qui permet de retirer une pastille de peau. Le prélèvement est superficiel, mais s’étend toutefois jusqu’au tissu sous-cutané (hypoderme) afin de ne pas passer à côté d’une extension du processus pathologique en profondeur. Pour la même raison, le praticien prélève toujours un peu de peau saine au pourtour de la lésion proprement dite afin d’évaluer l’extension latérale. Un élément important dans le choix du traitement et dans le pronostic. Sitôt la portion de peau prélevée et plongée dans un flacon hermétique contenant un fixateur, le médecin suture la peau par un ou deux fils (plus si besoin) ou des Stéri-strip (petits rubans adhésifs qui rapprochent les berges de la plaie). Il termine en recouvrant la plaie avec un pansement stérile.

Pas d’effet secondaire

En dehors d’une hémorragie discrète et temporaire, spontanément résolutive ou jugulée par une cautérisation, la biopsie cutanée ne s’accompagne pas d’effet secondaire et n’est pas douloureuse. Pour autant, le médecin peut être amené à demander, avant la biopsie, une analyse de la coagulation via la prescription d’une prise de sang. Enfin, du fait du risque allergique lié à l’utilisation d’un produit anesthésique, n’hésitez pas à informer votre médecin de vos allergies médicamenteuses éventuelles.

Cicatrice discrète

Les pansements doivent être refaits tous les deux jours et la plaie doit être nettoyée en douceur avec un antiseptique. Sauf exceptions (biopsie-exérèse large, peau fragile, zone de tension...), les fils de suture peuvent être retirés au bout de 5 à 7 jours. La biopsie laisse une petite cicatrice qui reste discrète et s’estompe avec le temps.

Résultats

Les résultats d’une biopsie cutanée ne sont pas immédiats. Comptez une bonne semaine avant qu’ils soient transmis au médecin prescripteur de l’examen qui vous les communiquera.

EMLA
Le médecin peut être amené à prescrire une crème d’EMLA à base d’anesthésique pour diminuer la douleur liée à l’anesthésie locale à l’aiguille. Cette anesthésie superficielle de contact, bien pratique chez les enfants, permet ensuite une anesthésie locale sans aucune douleur.

Mots-clés

Sélection de livres disponibles dans notre boutique

Mon cahier de réflexologie plantaire
Dépression. Le mensonge des antidépresseurs... et les vraies pistes de guérison
Ma Bible des aliments remèdes
Mon cahier de recettes d'anniversaire pour petits poly-allergiques