Stérilité masculine : le bilan

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L’infertilité masculine représente environ 20% des infertilités du couple. Si le spermogramme s’avère utile dans la plupart des cas, de nombreux autres examens doivent être envisagés dans le bilan d’une stérilité masculine. Tour d’horizon des principaux examens complémentaires chez l’homme.

L’idée selon laquelle la femme est seule responsable de l’infertilité dans un couple a bien vécu. Nulle ne s’en plaindra. En effet, si l’organisme féminin a une part de responsabilité dans 30% des cas, le couple dans 40% des cas (les causes sont partagées), l’organisme masculin en est pleinement responsable dans 20% des cas. Rappelons qu’une consultation médicale devient nécessaire lorsqu’un couple âgé de moins de 35 ans n’arrive pas à concevoir un enfant après 2 ans de tentatives (bilan à 1 an après 35 ans) fréquentes et régulières. Et, lorsque c’est le cas, un bilan peut s’avérer nécessaire, après un entretien et un examen clinique qui ont pour but de déterminer une ou plusieurs origines possibles à cette stérilité. Mais, pour autant, dans 25 % des cas, l’origine de l’infertilité masculine reste inconnue.

L’examen clinique

L’examen clinique est souvent moins déterminant chez l’homme. Il vise à retrouver une anomalie qui pourrait expliquer la stérilité. L’examen comporte l’observation des organes génitaux externes à la recherche d’un phimosis au niveau du gland, d’une anomalie du méat urinaire et de testicules atrophiques. Leur palpation vise à retrouver une sensibilité particulière ou une masse. De son côté, le toucher rectal permet d’examiner la taille de la prostate et d’en apprécier la consistance. Reste enfin l’examen de la pilosité et des glandes mammaires à la recherche d’un trouble endocrinien qui pourrait expliquer la stérilité, ou d’un syndrome de Klinefelter, une maladie chromosomique qui se traduit par une grande taille, des petits testicules et des glandes mammaires développées.

Un spermogramme d'abord…

C’est l’examen roi. Pratiqué en laboratoire, après 3 à 5 jours d’abstinence afin d’obtenir un sperme riche en spermatozoïdes, le spermogramme permet d’identifier la plupart des infertilités masculines. Obtenu par masturbation, le sperme est ensuite analysé au microscope, qu’il s’agisse des spermatozoïdes ou du liquide séminal. Cet examen doit être renouvelé en cas d’anomalie du fait de la grande variabilité des résultats entre deux prélèvements et de la possibilité de variations dans certains cas, comme après une infection grippale dans les trois mois qui ont précédé le spermogramme.

… suivi par un bilan spécialisé

Lorsque le spermogramme est normal et en fonction des données de l’interrogatoire et/ou de l’examen clinique, un bilan plus poussé peut s’avérer nécessaire.

Il comporte, au choix :

• Une échographie scrotale et/ou prostatique par voie endorectale
• Un caryotype, en cas de suspicion d’une stérilité d’origine chromosomique
• Des dosages hormonaux (FSH, SHBG, testostérone, LH, inhibine B plasmatique)
• La recherche d’anticorps anti-spermatozoïdes
• Le dosage dans le liquide séminal des phosphatases acides (fonctionnement prostatique), de la carnitine (fonctionnement de l’épididyme) et du fructose (fonctionnement des vésicules séminales)
• Une déférentographie (radiographie par opacification du canal déférent qui amène le sperme du testicule à la base de la prostate)

Les causes de stérilité les plus fréquente

Avant tout, l’âge. Sans surprise, plus l’on vieillit, plus la fertilité diminue. Plus précisément, la fertilité masculine augmente jusqu’à 25 ans, se stabilise, puis diminue ensuite.

Mais aussi :

• L’âge tardif de survenue de la puberté.
• Un trouble de l’érection d’origine neurologique (paraplégie) ou psychologique (stress, blocage…).
• L’absence de testicule (anorchidie congénitale) ou une malposition des testicules dans les bourses (cryptorchidie), sachant qu’un seul testicule normal, sans anomalie de l’épididyme, des déférents et des canaux éjaculateurs, assure une fertilité suffisante.
• Des varicocèles (petites varices développées aux dépens des veines du testicule et du scrotum).
• Les anomalies du sperme (voir Belle-Santé n° 120) ou du liquide séminal.
• L’obstruction des voies excrétrices du sperme ou un urètre d’un diamètre insuffisant.
• Les troubles de l’éjaculation : absence d’éjaculation, éjaculation rétrograde (éjaculation dans la vessie).
• Le tabagisme.
• L’alcool et les addictions (drogues, cannabis, héroïne…).
• Certains traitements médicamenteux (salazopyrine).
• La chimiothérapie et/ou la radiothérapie.
• Les traumatismes testiculaires.
• Les interventions chirurgicales (torsion du testicule, intervention sur une hernie inguinale…) ou une vasectomie (ligature et/ou section du canal déférent), volontaire ou accidentelle au cours d’une intervention chirurgicale.
• Les infections (oreillons, tuberculose…).
• Certaines maladies chroniques (diabète).
• Certains troubles endocriniens (insuffisance de sécrétion de testostérone, FSH, LH, dysfonctionnement de la thyroïde).
• Des antécédents familiaux de maladie chromosomique.
• Une sécrétion d’anticorps dirigés contre ses propres spermatozoïdes.
• Une exposition à des composés toxiques sur la reproduction (solvants organiques), à la chaleur ou aux pesticides.
• Une exposition environnementale (produits toxiques à proximité des lieux de vie).

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