Clofoctol : Pas d’urgence ?

Clofoctol en suppositoire

En juin dernier, j’écrivais que l’Institut Pasteur de Lille avait enfin le feu vert pour lancer un essai clinique avec le fameux suppositoire présenté il y a un an comme un remède idéal au covid (et pas cher et sans danger).

On apprenait, lundi dernier, que l’Institut Pasteur avait recruté son premier patient. Son premier ? Oui oui, son premier volontaire !

L’essai, baptisé Therapide, devait compter 684 personnes. Et on attendait les résultats pour septembre. On est en septembre, et on a un volontaire. On est loin du compte ! Les volontaires sont sélectionnés par les médecins et les laboratoires des Hauts de France.

Alors, petit rappel : pour participer à l’étude, il faut remplir certaines conditions :

  • Avoir au moins 50 ans
  • Avoir un test PCR positif
  • Ne pas être vacciné
  • Avoir au moins un symptôme.

Comment expliquer que l’essai ne débute que maintenant ? La raison invoquée est un recrutement difficile pendant l’été à cause des vacances et la difficulté de trouver un type de profil aussi précis, qui plus est maintenant que la majorité des plus de 50 ans est largement vaccinée.

Visiblement, ces lenteurs de mise en route ne choquent pas grand monde.

On a un médicament dont on connaît l’innocuité, qui, selon l’institut Pasteur, est "particulièrement efficace pour inhiber la réplication du virus", mais on a le temps…

D’où vient le critère d'âge (plus de 50 ans) ? Quelle justification ? Je n’ai rien trouvé nulle part (le fameux suppo a été utilisé chez des enfants sans problème pendant près de 40 ans).

Si vous connaissez des personnes des Hauts-de-France qui répondent aux critères, parlez-leur de l’essai clinique, qu’elles en parlent à leur médecin (après tout, ils ne sont peut-être pas tous au courant ?).

C’est comme s’il n’y avait aucune urgence à trouver un remède…

Il y a un an, l’Institut Pasteur était tout feu tout flamme. Aujourd’hui, son directeur explique que l’essai reste utile malgré l’essor de la vaccination, "car on ne sait pas comment cette épidémie va se finir", et que "tous les pays n'ont pas le même accès à la vaccination" selon France Info.

Si vous pensez qu'il y a urgence à trouver un remède efficace, pas cher et sans danger, faites tourner l’info.

Ok, c’est pas fun de se mettre un suppo deux fois par jour pendant 5 jours, mais franchement, le défi est relevable non ?

D’autant plus si, comme le disait le directeur de l’Institut Pasteur l’an dernier : "Cette molécule a une action sur les deux portes d’entrée du virus dans les cellules humaines, contrairement à l’hydroxychloroquine. De plus, il n’est pas nécessaire d’augmenter sa concentration pour qu’elle soit efficace, contrairement au Remdesivir." Il suffirait de la prescrire dès la révélation d'un test PCR positif, "afin d'abaisser la charge virale, de réduire la contagiosité et d'éviter que le malade ne développe une forme grave de la maladie".

Franchement, tout ça me laisse bien perplexe !

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