Cannabis : une drogue pas si douce que ça

Considéré comme une « drogue douce » par opposition aux drogues dites « dures » qui induisent une grave accoutumance, le cannabis se répand comme une traînée de poudre chez les jeunes en France. Quels sont les dangers qu’il représente et comment protéger nos ados ?

Laurence Chabrun

Julia avait 16 ans quand elle a fumé un « joint » pour la première fois. « J’étais chez une amie, son frère nous a tendu une cigarette roulée à la main, en forme de cône, en disant : "Un peu de drogue, les bébés ?". Une espèce de provocation. J’avais discuté de ce sujet avec ma mère, elle m’avait conseillé d’être ferme dans ces cas-là, de répéter inlassablement que je n’étais pas intéressée. Pour ne pas passer pour une "première de la classe", j’ai répondu : "Jamais quand j’ai bu, merci". » Une jolie pirouette, mais qui n’a protégé Julia qu’une vingtaine de minutes, le temps que ses amis ressentent les effets du cannabis. Elle n’a pas résisté aux fous rires qui les secouaient pour un rien, ils avaient l’air si décontractés et ouverts… Cet état euphorique est dû à l’excès de dopamine provoqué par la prise de stupéfiant. La dopamine est une molécule naturellement fabriquée par le corps ; lorsqu’elle est libérée artificiellement par la prise de cannabis, la zone cérébrale où siège le plaisir est suractivée et l’usager ressent un plaisir immédiat. Immédiat et bien éphémère, compte tenu des effets toxiques qui s’ensuivent.

« LA MÉMOIRE EN BOUILLIE »
L’aspect récréatif est de courte durée : très vite, les vrais ennuis arrivent. Le moindre geste devient un effort, le peu d’énergie qui reste est entièrement dédié à la recherche de ce bien-être artificiel au détriment de la communication.
Très vite aussi, un sentiment de persécution s’installe et déclenche un comportement agressif : « Je ne supportais plus mes parents, tandis qu’ils déployaient des trésors de diplomatie pour m’aider. Je voyais tout en noir, j’avais la mémoire en bouillie et mon cerveau fonctionnait au ralenti », se souvient Julia. Difficultés de concentration et altération de la mémoire immédiate font des ravages chez les adolescents, dont le cerveau est en plein développement.

Le responsable est le THC (tétrahydrocannabinol), le principe actif à l’origine des effets psychotropes de la plante. C’est lui qui inquiète les médecins : depuis les années 60, le taux de THC a plus que doublé dans la variété de cannabis la plus répandue. Et s’il n’est pas prouvé à ce jour qu’elle entraîne une dépendance physique, elle induit de fait une escalade des quantités consommées.

COMMENT AGIR POUR PROTÉGER ?
Se voiler la face ne sert à rien. Même si vous êtes terrifié à l’idée que votre « bébé » a réellement cédé aux sirènes du cannabis, mieux vaut tenter d’installer le dialogue avec un adolescent que l’on soupçonne de fumer. Tout simplement en lui posant la question. S’il nie, respectez ses réticences à dévoiler son « jardin secret » et exposez-lui vos craintes.

Décrivez les dangers que représente cette consommation. Gardez à l’esprit que pour lui ce comportement est « normal », qu’il ne fait que vivre une expérience sans conséquences lui ouvrant un cercle d’initiés. Soulignez que ce qui lui paraît normal peut être inquiétant pour d’autres, comme vous, qui avez toujours veillé sur sa santé et sa sécurité. Ne vous acharnez pas à trouver des preuves de sa consommation, la confiance que vous lui accordez fera son chemin après ce premier dialogue. Vous marchez sur des oeufs, car votre ado peut prendre du plaisir à se conforter dans cet interdit.

Sur Internet, le site de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (www.drogues.gouv.fr) est une mine de renseignements et de réponses à toutes les questions que vous êtes en droit de vous poser.
Depuis 2005, la Mildt a mis en place un réseau de consultations gratuites et anonymes destinées aux jeunes consommateurs de cannabis, alcool, cocaïne. Elles sont également ouvertes aux familles, qui peuvent s’y rendre sans leur enfant pour recueillir des conseils et les démarches pour inciter l’adolescent à dialoguer ou à consulter.
Vous y trouverez aussi toutes les peines encourues pour l’usager, un argument qui peut être dissuasif : jusqu’à un an d’emprisonnement et/ou 3 750 euros d’amende.

QUE FAIRE EN CAS DE MALAISE ?
Aucun décès par overdose, c’est-à-dire une consommation trop importante pouvant provoquer la mort par arrêt cardiaque ou insuffisance respiratoire, n’a été constaté suite à la prise de cannabis, mais si vous êtes avec quelqu’un qui se sent mal, ces petits gestes lui permettront de traverser ce moment désagréable plus sereinement.
Étendez-le dans un endroit calme, faites le nécessaire pour qu’il puisse bien respirer, restez près de lui sans chercher à le faire marcher ni parler à tout prix. S’il perd connaissance, couchez-le sur le côté en position de sécurité et appelez les secours.

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