Complexe HLA

Rubrique

HLA. Trois lettres bien mystérieuses dont on entend souvent parler à l'occasion des greffes d'organe, lorsqu'il s'agit de déterminer la compatibilité entre un donneur d'organe et un receveur.

Car le complexe HLA est aux cellules de l'organisme ce que le système ABO est aux groupes sanguins. Outre les greffes, ce groupe tissulaire complexe intervient également dans de nombreuses pathologies. Tour d'horizon du complexe HLA en 12 questions-réponses.

1. Que signifie le terme HLA ?
HLA est un sigle, celui de « Human Leucocyte Antigens ». Les premiers éléments du vaste complexe HLA ont été découverts en 1958 par un Français, Jean Dausset, qui reçut d'ailleurs le prix Nobel en 1980 pour cette découverte.

2. De quoi s'agit-il exactement ?
Le complexe HLA concerne les antigènes fabriqués par les cellules de l'organisme, et notamment par certains globules blancs qui en sont riches, les leucocytes, dans lesquels ils ont été mis en évidence en premier. Les HLA sont pratiquement absents des globules rouges, qui ne disposent pas de noyau. En revanche, les globules rouges possèdent des antigènes spécifiques qui permettent de déterminer les groupes sanguins (ABO).

3. Comment sont-ils synthétisés ?
Cette synthèse d'antigènes est génétiquement programmée par des gènes, au nombre d'une trentaine, situés sur le bras court du chromosome 6.

4. Combien y a-t-il d'antigènes HLA ?
Au total, on recense plus de 120 antigènes différents. Certains gènes connaissent des variations qui expliquent le nombre plus important d'antigènes par rapport aux gènes proprement dits.

5. Puisqu'ils sont si nombreux et si différents, comment les classe-t-on ?
On distingue effectivement deux groupes :
- Le groupe des antigènes de classe 1, présents sur la plupart des cellules de l'organisme. On en décrit 3 classes : A, B et C. On parle alors de HLA-A, HLA-B et HLA-C.
- Le groupe des antigènes de classe 2, retrouvés sur certains globules blancs, tels que les lymphocytes B, les monocytes et les macrophages. On en décrit également 3 classes : DP, DQ et DR. On parle alors de HLA-DP, HLA-DQ et HLA-DR.

6. Comment se passe la transmission des gènes ?
De façon très simplifiée et schématique, les gènes du complexe HLA qui permettent la synthèse des antigènes sont transmis de parents à enfants, en totalité ou en partie.

7. Dans ces conditions, quelle est la probabilité de rencontrer un individu non apparenté avec un patrimoine HLA totalement identique ?
Elle est infime lorsque deux sujets ne sont pas apparentés. On estime en effet à 1 milliard le nombre de combinaisons possibles entre tous ces antigènes !

8. On ne peut donc jamais trouver quelqu'un de totalement compatible ?
Si. Comme on l'a vu, les frères et sœurs sont ceux pour qui l'histocompatibilité complète reste possible, sans être obligatoire toutefois.

9. Justement, qu'en est-il des greffes ?
Une incompatibilité HLA peut être responsable d'un rejet de greffe lorsque les antigènes HLA du greffon ne sont pas du tout compatibles avec le complexe HLA du receveur. En outre, une greffe a d'autant moins de chances de réussir que l'organisme du receveur dispose déjà des anticorps dirigés contre les antigènes du greffon. Une situation possible lorsqu'une greffe antérieure a déjà été pratiquée, contribuant à la synthèse d'anticorps dirigés contre le premier greffon… et par hasard contre le second !

10. Dans quelles autres circonstances interviennent les antigènes du complexe HLA ?
Ces antigènes vont intervenir dans la tolérance de la grossesse. La compatibilité intervient également lors de la transfusion de globules blancs et de plaquettes et dans la détermination des exclusions de paternité.

11. Les antigènes du complexe HLA interviennent-ils dans certaines maladies ?
Tout à fait ! Certains d'entre eux prédisposeraient à l'apparition d'une quarantaine de maladies, comme l'hémochromatose (75 % des malades sont HLA-A3 associé à HLA-B7 et HLA-B14), la narcolepsie (HLA-DR2), le diabète insulino-dépendant (HLA-DR3 et HLA-DR4), la sclérose en plaques (HLA-DR2), le psoriasis (HLA-B13, HLA-B17), etc.

12. La présence d'un antigène HLA donné signe-t-elle donc nécessairement l'existence de la maladie en rapport ?
Non. La découverte d'un antigène du complexe HLA n'est pas obligatoirement synonyme de maladie, patente ou future. De la même façon, l'absence de l'antigène HLA concerné ne permet pas de remettre en cause un diagnostic de pathologie. Dans le cas de la spondylarthrite ankylosante par exemple :
- 5 à 10 % de la population sont porteurs du HLA-B27
- 90 % des malades de spondylarthrite ankylosante sont HLA-B27
- Mais 98 % des porteurs d'HLA-B27 sont indemnes de la maladie !
- Un sujet porteur du HLA-B27 a un risque sur 5 à 10 d'avoir un enfant porteur de la maladie.

En clair, si presque tous les malades sont HLA-B27, très peu d'individus HLA-B27 sont touchés par la maladie et certains malades, très rares, ne sont pas porteurs de l'antigène !

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