Défibrillateurs : mode d'emploi

Rubrique

Chaque année, 120 000 personnes font un infarctus du myocarde.

10 % des victimes d’infarctus du myocarde subissent un arrêt cardiaque, réflexe lié à un grave trouble du rythme appelé «fibrillation ventriculaire». L’utilisation d’un défibrillateur automatisé externe permettrait d’en sauver près d’un tiers, contre seulement 2 à 3 % actuellement. Des défibrillateurs que l’on devrait retrouver bientôt dans de nombreux lieux publics et entreprises.

TOUR D'HORIZON EN 10 QUESTIONS-RÉPONSES

1. Qu’est-ce qu’un défibrillateur automatisé externe ?
Le défibrillateur automatisé externe, ou DAE, est un petit boîtier pourvu de deux électrodes reliées à l’appareil par des petits câbles électriques. Plus exactement, il s’agit d’un condensateur qui délivre des décharges électriques au moyen des deux électrodes. Les électrodes enregistrent d’abord le tracé électrique cardiaque avant d’autoriser la décharge. Ces appareils sont déjà disponibles dans certains lieux publics, comme les gares, les administrations ou encore certaines entreprises.

2. Comment se servir d’un DAE ?
La plupart des DAE sont équipés d’un haut-parleur qui donne les consignes et explique où et comment poser les électrodes sur la poitrine de la victime (au niveau du sternum et sur le côté gauche). Il précise également l’intérêt de pratiquer ou non un massage cardiaque lorsque la défibrillation électrique a échoué.

3. Qu’est-ce que la fibrillation ventriculaire ?
Il s’agit d’un trouble grave du rythme cardiaque qui peut intervenir spontanément, au repos ou à l’effort (chez un sportif par exemple) ou encore dans les suites immédiates d’un infarctus, et ce de façon réflexe. Il faut savoir que les fibres musculaires cardiaques se contractent toutes de façon simultanée. Ces contractions permettent au cœur de se contracter d’un bloc et d’effectuer son travail de pompe. Lors de la fibrillation ventriculaire, en revanche, chaque fibre va se contracter pour son propre compte, sans se préoccuper de la voisine. Les contractions sont anarchiques et la contraction en bloc du cœur n’est plus possible. La décharge électrique va permettre de faire redémarrer une activité simultanée de toutes les fibres et, par conséquent, une contraction cardiaque efficace. C’est une sorte de «remise à niveau» électrique du cœur.

4. Quand se servir d’un DAE ?
Dès lors qu’on suspecte un arrêt cardiaque.

5. Quels sont les signes de l’arrêt cardiaque ?
Lorsqu’une personne s’effondre subitement, lorsque ce malaise s’accompagne d’une pâleur et que l’on ne perçoit plus son pouls au poignet. La personne semble inconsciente, ne répond plus, ne bouge plus, même lorsqu’on la stimule. Elle ne respire plus.

6. Le DAE peut-il sauver toute personne victime d’un arrêt cardiaque ?
Non, malheureusement. On estime à 30 % environ le taux de réussite. Le DAE n’est efficace que lorsqu’il existe une fibrillation ventriculaire, quelle que soit la cause initiale de ce trouble du rythme. En d’autres termes, un arrêt cardiaque lié à un infarctus massif peut être fatal, malgré l’utilisation d’un DAE, lorsque la fonction cardiaque est définitivement compromise, et ce, qu’il existe ou non une fibrillation ventriculaire. Pour autant, se servir du DAE est important dans la mesure où on ne connaît pas l’importance de l’infarctus. En effet, un petit infarctus qui aurait pu être tout à fait bien supporté par la suite peut se compliquer d’emblée par une fibrillation ventriculaire potentiellement mortelle. D’où l’intérêt du DAE qui va laisser toutes ses chances au patient et la possibilité aux médecins de traiter l’infarctus dans les meilleures conditions à l’hôpital.

7. Qui peut se servir du DAE ?
Chacun, qu’il soit secouriste ou non, peut se servir très facilement d’un DAE. Son utilisation est d’ailleurs encadrée par un décret paru au Journal Officiel (Art R 6311- 15 du Code de la Santé Publique, 5 mai 2007) qui stipule que «toute personne, même non médecin, est habilitée à utiliser un défibrillateur automatisé externe».

8. Y a-t-il des risques pour le patient ?
Non, le DAE est sans danger. En effet, c’est le DAE qui va décider du bien-fondé ou non de la décharge électrique en fonction des résultats de son analyse. En clair, si le DAE ne décèle pas de fibrillation ventriculaire, il ne déclenchera pas la décharge électrique, même si l’on a appuyé sur le bouton d’envoi.

9. Est-il dangereux pour celui qui s’en sert ?
Non, dans la mesure où il s’écarte du patient pendant l’envoi de la décharge.

10. Que faire si l’on ne dispose pas rapidement d’un DAE ?
Tous les endroits publics ne disposent pas encore de DAE, loin s’en faut. Rappelons que le cerveau ne peut tolérer un arrêt cardiaque que 3 minutes environ. En attendant donc qu’un tiers apporte un DAE sur place, prévenez le 15 puis pratiquez un massage cardiaque à raison de 60 compressions par minute environ.

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