Enfants hyperactifs...

... et si on les laissait vivre leur hyper-vitalité ?

Un enseignant spécialisé réagit vis-à-vis des traitements de l’hyperactivité des enfants

Cette fois-ci, nous accueil­lons, dans cette rubrique, un enseignant spécialisé
au sein d’un RASED. Il est « maître G ». C’est la dénomination des maîtres spécialisés dans les aides rééducatives au sein de l’éducation nationale ; il se charge plus spécifiquement des problèmes de comportements. Notre maître s’occupe des enfants dont le comportement, dans la classe, n’est pas compatible avec ce que l’on exige d’un élève pour progresser dans ses apprentissages. Écoutons ses critiques et ses propositions sur le traitement des enfants « qui bougent trop ».

Des conditions de travail très difficiles pour les éducateurs spécialisés

Cet enseignant travaille au sein d’écoles situées dans un large secteur. Il est chargé de rééduquer à partir du jeu les enfants qui n’arrivent pas à apprendre ou qui ne parviennent pas à avoir une attitude compatible avec les apprentissages. Les techniques utilisées s’inspirent en partie de la psychanalyse des enfants telle que la pratiquait D.W. Winnicott. Il ne s’agit pas d’un travail psychothérapeutique, mais d’un travail scolaire, pour que l’enfant s’autorise à changer son fonctionnement et accepte de le modifier pour re-devenir élève ! Cette aide est gratuite et dispensée dans les écoles de France !

Il s’agit souvent de suivis individuels, mais aussi de prises en charge de petits groupes ainsi que de classes entières pour des travaux de prévention. Mais je devrais presque parler au passé ! Car les gouvernements successifs ont supprimé des milliers de postes. Selon notre Maître G, « ils ont ainsi dénaturé la qualité de notre travail ». Par exemple, il lui est arrivé d’être le seul enseignant spécialisé sur ces problématiques comportementales sur un territoire comptant à peu près 70 000 habitants. « Le ministre actuel a décidé de supprimer notre métier pour le transformer en une sorte de job de conseiller auprès des enseignants. Fini le contact avec les enfants et les familles ! »

« Entendons-nous les corps qui bougent au fond des classes ? »

C’est la réflexion qu’il pose et qui n’est pas anodine. Il a pu constater à maintes reprises que le corps est témoin des émotions. « L’agitation corporelle des enfants en difficulté scolaire, leur manque d’attention, d’intérêt pour les activités, les relations avec les pairs et les enseignants... perturbent les classes. » Il faut donc créer des espaces d’expression corporelle : danse, théâtre, mime, yoga, relaxation… dans la classe. Mais surtout, il n’y a plus assez de moyens pour les aides spécifiques aux enfants en difficulté, de solutions qui leur permettaient de se libérer d’émotions perturbantes trop fortes.

« Entre 2008 et 2012, 33 % des postes de maîtres spécialisés ont été supprimés en France. » L’aide apportée par ses collègues et lui-même sur son secteur, chaque année, à environ 500 enfants pour mieux vivre leur scolarité, prendre confiance en eux, être en réussite, n’est plus assurée : « La poignée de maîtres spécialisés qui reste ne peut plus répondre à toutes les demandes. »

Il raconte comment il a souvent été confronté à des situations insupportables au cours desquelles les enfants remuants, avec des problèmes de concentration, étaient envoyés par les médecins ou les psychologues scolaires vers des services de psychiatrie rattachés à des hôpitaux. Mais ces services sont débordés et peu adaptés aux difficultés passagères de certains enfants. Il y a peu ou pas de suivis psychologiques réguliers, et la prescription de médicaments est trop souvent systématique.
« Les services de psychiatrie infantile, complètement débordés par les demandes, règlent à la va-vite les conflits internes et externes de l’enfant. Pas de moyens, il faut répondre vite aux demandes des familles et des écoles… C’est une gestion économique du mal-être de l’enfant. La dépossession de leur volonté, de leur histoire souvent très chaotique, de la maîtrise de leur destinée laisse des traces profondes. Il n’y a pas assez de personnes pour les écouter et les aider. Les diagnostics se font selon une grille d’observation du comportement dans des séances de tests et en quelques séances ; la médicamentation suit avec des traitements qui sont loin d’être anodins. On s’occupe du symptôme, pas de l’enfant dans sa totalité. Les enfants agités, remuants, posent problème pour le rendement. Et la solution rapide, économique, efficace à court terme, c’est la médicamentation ! » Le temps de l’écoute et de la rééducation est un temps long, il disparaît !

Des médicaments qui font des enfants de « sages légumes »

Quels médicaments ? « Ce sont des médicaments à base de dérivés d’amphétamines (Ritaline, Concerta, Quasym…). Avec ça, les enfants deviennent des sortes de "légumes" amorphes et "sages". Les traitements durent souvent des années et il est fort possible qu’ils laissent des traces profondes dans le métabolisme et la psychologie des enfants ». Certains médecins mettent presque systématiquement les enfants dénommés « hyperactifs » sous trai­tement de dérivés d’amphétamines (méthylphénidate). Avec des effets secondaires importants, en particulier pour la Ritaline : le méthylphénidate qu’elle contient est un stupéfiant qui peut provoquer des maux de tête, des troubles du sommeil et de l’agressivité, ainsi que des douleurs au niveau des articulations, de la fièvre, de la somnolence, une sécheresse de la bouche, de la toux, des sensations de vertige, des diarrhées, des nausées, des vomissements et éventuellement des douleurs abdominales…

Pour certains, cela peut aller jusqu’à des tics nerveux ou des pensées suicidaires. Il peut aussi provoquer une hyper stimulation du système cardio-vasculaire et aurait pour conséquence une augmentation de la pression artérielle ou une diminution des globules rouges et blancs, une augmentation des risques d’AVC ou d’infarctus… La Ritaline agit comme un coupe-faim et induit une perte de poids et un ralentissement de la croissance. Un grand nombre des jeunes adultes incarcérés sont sous Ritaline…

D’autres voies… et l’espoir

Cet enseignant attire notre attention sur un laboratoire situé à Nîmes. Sous la direction de la docteure Mousain-Bosc, une équipe de recherche a observé que les carences en magnésium étaient très fréquentes chez les enfants dits « hyperactifs ». Elle a réussi à les détecter avec des examens plus poussés que ceux que l’on fait habituellement. Dans son livre Hyperactivité, la solution magnésium. Soignez les troubles du comportement de l’enfant sans médicaments, éditions Thierry Souccar), elle donne de nombreux exemples et aborde le fait que ces carences sont souvent génétiques et affectent plusieurs membres de la famille. Avec ce type de diagnostic, on peut mettre en place des traitements efficaces qui ont l’avantage d’être naturels et de ne pas avoir d’effets secondaires. « Le comportement des enfants s’améliore grandement », insiste notre Maître G ; il explique que ces carences ont aussi un effet sur l’autisme, la dépression, les convulsions, l’épilepsie, les problèmes de vieillissement et la mémoire.

Il y a toujours eu des enfants « remuants », et on les prenait en considération d’une façon relationnelle, en leur permettant de vivre leur besoin d’activité. Maintenant, la société les stigmatise, les considère comme des malades et on les traite avec des molécules chimiques. Il y a tellement d’alternatives à cette prétendue « hyper-activité » pour la vivre enfin comme une « grande vitalité ». Un long travail est à mener pour permettre aux enfants de vivre correctement leur scolarité sans être mis sous traitement médicamenteux. Des milliers de personnes vivent avec une très grande vitalité sans avoir recours à des traitements, ils sont simplement très actifs dans leur vie de tous les jours et ont appris à faire avec. Et sans doute sont-ils plus nombreux qu’il y a quelques décennies car les taux élevés de perturbateurs endocriniens chez la femme enceinte peuvent générer l’apparition de « l’hyperactivité » chez les jeunes garçons entre 3 et 5 ans, selon des études menées par l’Inserm.

Merci à cet enseignant.
Rebelle-Santé essaie de montrer, depuis toujours, qu’il y a des alternatives aux produits pharmaceutiques. Nous le soutenons dans son combat pour qu’un regard différent se pose sur les enfants pleins d’énergie vitale.

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