Gemmothérapie...

... la récolte des bourgeons qui soignent
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Une nouvelle forme de phytothérapie prend son essor : la gemmothérapie, ou thérapie par les bourgeons. Nous avons suivi le processus de fabrication de A à Z. Et sommes convaincus de son très brillant avenir !

Un matin frisquet de printemps, nous voilà dans un champ couvert d’arbustes nus aux branches tendues vers le ciel, entourés d’une nature luxuriante, de chevaux rustiques et d’oiseaux bavards. La quiétude de la campagne dans toute sa splendeur, l’espace 100 % naturellement bio. Nous sommes au cœur des Ardennes belges, à une heure de route de Liège.

1 – La récolte

Mission du jour : récolter des bourgeons de tilleul argenté, que nous mettrons à macérer ensuite en vue d’en extraire les molécules thérapeutiques et l’énergie.

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Notre chef de récolte, Nicolas, nous fournit une fiche cartonnée illustrée pour que l’on ne se trompe ni d’espèce ni de type de bourgeon.
Attention, il s’agit d’observer chaque branche afin de ne prélever que des bourgeons de parfait calibre, gonflés, prêts à exploser… mais pas encore ouverts, sinon c’est trop tard, on ne peut pas les utiliser. Car, dès l’ouverture, les molécules changent : juste avant, le bourgeon est chargé de molécules indifférenciées et d’un maximum d’énergie. Juste après, elles sont matures, on tombe dans la phytothérapie classique. Le bourgeon se compare à un bébé plein de promesses : il est destiné à croître jusqu’à, potentiellement, devenir un nouvel arbre, et donc, moyen­nement fourni en matière (son corps est petit) mais plein d’énergie, de vie ; à l’opposé, son arrière-grand-père est plein de matière (son corps est grand et accompli) mais moins riche en énergie (il n’en a plus besoin pour croître).

Cette année, la météo facétieuse, avec ses alternances de gel et de chaleur, a parsemé les branches de bourgeons à différents stades de maturité. Le récolteur devra donc passer et repasser 3 ou 4 fois/jour et plusieurs jours de suite pour pouvoir tous les récolter au bon moment.

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Pour prélever, on pince le bourgeon, on tourne légèrement. Croyez-moi il faut un sacré coup d’œil pour bien calibrer la chose et ne pas arracher n’importe quoi. Et le juste geste pour ne pas tout arracher. Trop jeune, il sera trop dur. Trop mature, au contraire trop tendre et plus à l’état de bourgeon. Un travail d’orfèvre, 100 % artisanal, 100 % manuel pour une récolte hyper calibrée.
Bilan : nous étions vingt « récolteurs » amateurs, nous n’avons rapporté que 150 g en une heure de travail !

Au passage, nous avons profité d’un bain de forêt (voir Rebelle-Santé n°215).

2 – Le contrôle et la macération

Une fois les bons bourgeons récoltés, pesés et observés un à un, ils terminent toujours hyper frais (dans l’heure qui suit la cueillette) dans un bidon rempli d’un mélange AGE (alcool, glycérine, eau) de manière à être stabilisés dans le temps. À chaque bourgeon son mélange en AGE et son temps de macération. Certains macèrent peu de temps (le pin, 5 jours), d’autres bien plus longtemps (le cassis = 3 semaines/1 mois). Ils sont ensuite mis en flacon tels quels (= bourgeons unitaires) ou mélangés à d’autres (= synergie de bourgeons anti-allergie, pour la mémoire, le confort respiratoire, la circulation du sang…).

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La gemmothérapie est considérée comme extrêmement puissante, dans la même logique que l’aromathérapie mais avec des différences de taille. En gemmothérapie, le liquide dans lequel macèrent les bourgeons permet d’extraire toutes les molécules thérapeutiques – celles solubles dans l’eau, dans le gras et dans l’alcool. Alors qu’en aromathérapie, on ne récupère que les molécules volatiles odorantes. Ainsi, l’huile essentielle est concentrée en terpènes, linalol et autre acétate de linalyl (exemple pour la lavande vraie ou le petitgrain bigarade), tandis que le macérat de bourgeons procure une palette moins concentrée mais plus large de molécules : un petit peu d’huile essentielle, mais aussi des phénols, flavonoïdes, alcaloïdes, vitamines, sels minéraux, tanins...

Les deux se complètent bien pour une prise en charge globale : l’aroma pour une intervention massive, coup de poing, spectaculaire, de courte durée ; la gemmo pour une modification de terrain, un travail en profondeur et éner­gétique. Car, n’oublions pas que la vie, c’est le matériel (les molécules), mais aussi l’énergie : sans elle, le matériel ne vit pas, ne respire pas, ne vibre pas, il est inerte, mort.

3 – L’utilisation

Un macérat de gemmothérapie se présente sous la forme d’un petit flacon rempli d’un liquide brun : le macérat-mère concentré (il existe d’autres macérats, dilués, moins intéressants, proposés dans de grands flacons : repérez bien la mention « gemmothérapie concentrée » sur l’emballage). Elle est spécialement préconisée pour traiter des maux chroniques qui n’obtiennent géné­- rale­ment pas de réponse allopa­thique. Imaginée dans les années 1960 par Pol Henry, un médecin ho­- méo­pathe belge – qui trouvait l’ho­méopathie incomplète et inadaptée pour certains cas –, elle devrait désormais être la prescription naturelle n°1 en cas d’arthrose, d’allergie, de ralentissement mental (troubles de la mémoire…), de troubles à répétition (respiratoires, digestifs…).

Posologies

En traitement d’attaque, 5 gouttes, 3 fois par jour jusqu’à disparition des symptômes (ex : rhume des foins). En traitement de fond, préventif, 15 gouttes le matin pendant 3 semaine (ex : je suis allergique, je m’organise 3 semaines avant les pollens/le soleil… pour démarrer ma cure).

18 bourgeons à la loupe

Lors de ma formation de prati­cienne en gemmothérapie (certification délivrée par la Fédération française d’aromathérapie), nous avons étudié les propriétés de nombreux bourgeons. En voici 18 parmi les plus courants.

1. Airelle : ralentit le vieillissement chez la femme, anti-ostéoporose et symptômes de la ménopause (troubles génito-urinaires, bouffées de chaleur, fibrome…).
2. Aubépine : protège le cœur (régulateur du rythme et de la pression artérielle), soutient la microcirculation cérébrale donc bon pour la mémoire, l’attention, anti-insomnie.
3. Bouleau : anti-rhumatismes, arthrose, arthrite, lumbago, sciatique

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4. Cassis : anti-inflammatoire majeur, anti-allergique. On peut aussi l’appliquer sur la peau en cas d’inflammation cutanée (eczéma, psoriasis, démangeaisons…).
5. Châtaigner : circulation veineuse surtout des membres inférieurs ; anti-jambes lourdes, anti-cellulite.
6. Chêne : ralentit le vieillissement chez l’homme, anti-fatigue, stimule la testostérone.
7. Cornouiller sanguin : l’expert du sang, fluidifiant ou coagulant selon les besoins.
8. Figuier : anxiolytique, rééquilibre systèmes nerveux et hormonal.
9. Framboise : régulateur hormonal de la femme - endométriose, préménopause, ménopause, mastose, kystes aux ovaires…
10. Genévrier : le draineur du foie, spécialiste de la détox après des pério­des de fêtes ou un traitement médicamenteux lourd (chimiothérapie…). Détox et diurétique.
11. Noisetier : aide à mieux respirer (infections/spasmes bronchiques). Drai­neur hépatique, ami du système nerveux (antidéprime, fatigue mentale, nervosité…).
12. Noix : spécial digestion et pour restaurer la flore intestinale. Anti-gastroentérite, colite, diarrhées, para- sites…
13. Olivier : spécial seniors – anti-angoisse, hypertension, trous de mémoire, cholestérol.
14. Seigle : superprotecteur hépatique (hépatite…).
15. Séquoia : anti-inflammatoire de la prostate.
16. Tilleul : SOS insomnie, stress, tocs, tics, cauchemars, bégaiements, palpitations liées au stress… super calmant.
17. Vigne : super anti-inflammatoire polyvalent (peau, articulations, bronches…).
18. Viorne : anti-allergie respiratoire.

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Le livre de référence

Précis de gemmothérapie, fondements scientifiques de la Méristémothérapie
Dr Fernando Piterà Di Clima et Pr Marcello Nicoletti
Editions Amyris.
Prix : 98 €.

Ce livre est une somme, pas grand public mais très précise et très complète.

PS : merci à Herbalgem, laboratoire spécialisé en gemmothérapie, qui était à l'origine de ce voyage très enrichissant.

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