Dépistage du cancer de la prostate

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Si le dépistage de masse (tous les hommes à l’échelle de la population française de plus de 50 ans sont examinés) n’est pas recommandé en matière de dépistage du cancer de la prostate, du fait de la relative lenteur d’évolution de ce cancer (certains cancers n’évoluent pas), en revanche, un dépistage ciblé sur les hommes à risques (notamment des antécédents familiaux de cancer de la prostate) est conseillé.

Pour le médecin généraliste, le toucher rectal (TR) est l’examen de référence en matière de dépistage du cancer de la prostate. Il permet de détecter (à moindre frais et sans effets secondaires) un cancer de façon précoce, donc bien avant les premiers symptômes, à condition bien entendu que le médecin effectuant le geste soit « aguerri ».

On recommande cet examen chaque année dès 50 ans. Un cancer prostatique se traduit par une prostate asymétrique, avec des contours irréguliers (présence de nodules), plutôt dure à la palpation, qui contraste avec la prostate normale, plutôt molle. Pour autant, il est possible de passer « à côté » d’un cancer prostatique par le TR. En d’autres termes, certains cancers ne sont pas détectables par le TR qui apparaît alors comme normal.

Le psa, pour le débrouillage

Doser l’antigène spécifique de la prostate (ou PSA pour les anglo-saxons), à l’aide d’une prise de sang, est un examen de débrouillage indispensable dans le diagnostic de cancer prostatique qui peut aussi permettre de suivre l’évolution du cancer. Comme son nom l’indique, cette protéine est spécifique de la prostate (on ne la trouve nulle part ailleurs) et notamment du cancer de la prostate. Une quantité supérieure à 4 nanogrammes/ ml (4 ng/ml) dans le sang est considérée comme élevée. Mais tout dépend de l’âge de la personne et de la taille de sa prostate. En d’autres termes, tout résultat élevé n’est pas synonyme de cancer, car le PSA peut augmenter dans certaines conditions, comme en cas de : adénome de la prostate, TR, prostatite aiguë (lésion inflammatoire ou infection de la prostate), massage de la prostate, échographie transrectale, cystoscopie ou biopsie. Pour autant, au-delà de 4 ng/ml, un cancer de la prostate est confirmé 3 fois sur 10 par une biopsie prostatique. Mais une fois sur 10, le dosage du PSA est normal alors qu’il existe pourtant un cancer prostatique. En d’autres termes, et tout comme pour le TR, le dosage du PSA connaît des « faux négatifs ».

La biopsie, pour la confirmation

En cas de PSA élevé et/ou lorsque le TR s’avère anormal, des biopsies prostatiques sont indiquées. Pratiquées sous échographie, elles vont permettre de confirmer l’existence du cancer en retrouvant des cellules cancéreuses. Les biopsies sont réalisées par l’intermédiaire d’une aiguille introduite dans la prostate en passant par le rectum (voie transrectale) sous anesthésie locale le plus souvent. 10 à 12 prélèvements sont nécessaires, afin de ne pas passer à côté du foyer cancéreux. Elles sont donc effectuées en différentes zones de la prostate. Mais attention, une biopsie normale n’élimine pas encore formellement l’existence d’un cancer prostatique lorsque le dosage du PSA couplé au TR sont très suspects. De nouvelles biopsies doivent être pratiquées. Les complications de la biopsie sont rares : prostatite, septicémie et rétention urinaire.

Le dépistage en pratique

C’est le TR, certes désagréable, qui demeure l’examen de base du dépistage du cancer de la prostate, car facilement réalisable. On y associe ensuite le dosage du PSA. L’association des deux est performante. En clair, on considère qu’il n’y a pas de cancer prostatique lorsque ces deux examens s’avèrent normaux. Leur répétition ultérieure dépend de l’âge du patient et de ses facteurs de risque personnels (antécédents familiaux, exposition particulière…).

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