Des hallucinations visuelles ?

Et s'il s'agissait du syndrome d'Alice au pays des merveilles ?
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Comme son nom l’indique, le syndrome d’Alice au Pays des merveilles fait allusion au conte de Lewis Carroll, dans lequel la jeune héroïne est plongée dans un monde irréel. Dans cette pathologie, le malade souffre d’hallucinations visuelles multiples et d’une distorsion de la réalité.

Le corps ou les membres qui s’allongent ou qui se tordent comme vus à travers un miroir déformant, l’impression d’être tout petit ou au contraire trop grand par rapport à l’environnement, la perception de voix intérieures, l’impression que les objets s’animent ou encore une modification des proportions de l’espace ou du temps, qui s’accélère ou qui ralentit… ces symptômes, parmi d’autres, traduisent l’existence d’un syndrome d’Alice au Pays des merveilles*, connu aussi sous l’appellation de « syndrome de Todd », du nom du médecin anglais qui en fit la première description dans les années 1950. Il fait partie de la grande famille des troubles du schéma corporel dans laquelle on retrouve également le syndrome du membre fantôme (douleurs après amputation).

Bénin, mais…

En soi, ce syndrome n’est pas dangereux. Pour autant, lors d’une crise, les hallucinations visuelles peuvent avoir des conséquences importantes et provoquer la panique, en particulier chez les enfants qui ne comprennent pas ce qui leur arrive. Parfois, c’est la cause du trouble qui peut être grave.

Plusieurs crises par jour

*

La fréquence exacte des crises est difficile à évaluer. Selon une étude parue en mai 2019, 180 cas dans le monde s’avèrent particulièrement intenses. Mais la forme atténuée de la maladie, aux symptômes beaucoup moins spectaculaires donc, paraît beaucoup plus répandue et pourrait affecter près de 30 % de la population générale à un moment ou à un autre de la vie ! Plus fréquent chez les enfants (entre 4 et 16 ans), ce syndrome peut affecter également les adultes. Une crise dure en général quelques minutes (3 en moyenne). Mais elle peut se répéter plusieurs fois par jour, d’où une angoisse d’attente pour les patients qui en souffrent. Enfin, certaines publications font état de cas familiaux.

De la migraine…

Il ne s’agit pas d’une maladie psychiatrique à part entière, plutôt d’un symptôme, ou d’un ensemble de symptômes, lié le plus souvent à l’existence d’une migraine qui va altérer la perception de la réalité. La crise de migraine s’accompagne également de phénomènes d’aura, autrement dit la perception de halos lumineux et de scintillements.

… au stress

Mais on peut souffrir aussi de cette pathologie sans avoir de migraine. Elle peut être liée à l’existence d’un stress ou d’un syndrome post-traumatique, ou apparaître au cours d’une dépression. Enfin, certaines psychoses peuvent également comporter des éléments hallucinatoires.

Origine virale parfois

Le syndrome peut également survenir au décours d’une tumeur cérébrale (cavernome, glioblastome…), d’une épilepsie, d’une intervention chirurgicale cérébrale et surtout d’une infection au virus Epstein-Barr, virus à l’origine de la mononucléose infectieuse. Un cas récent vient d’être décrit chez une personne souffrant d’une maladie de Creutzfeldt-Jakob et un autre, chez une personne touchée par le virus Zika.

Diagnostic

La crise peut donc survenir au cours d’une infection virale à Epstein-Barr (dépistage par un MNI-test) ou d’une crise de migraine. Le diagnostic n’est pas toujours évident, surtout lors des crises atténuées, et ce d’autant que le scanner cérébral ou l’IRM se révèlent normaux.

Pas de traitement

À ce jour, il n’existe pas de traitement.

*« Alice in Wonderland Syndrome » ou AIWS pour les Anglo-saxons.

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