Désirs d'ivresses

À l’heure où la polémique sur la législation des drogues dites douces poursuit son chemin sans résolutions apparentes et à la veille des fêtes copieusement arrosées, trempons nos lèvres dans la mare aux controverses. Est-ce légal, convivial, festif ou meurtrier ? Qu’en est-il vraiment pour notre santé ?

Le risque dépend de l’usage que l’on en fait et donc de la motivation. Les raisons d’un engagement vers les substances psycho-actives tels les alcools, le tabac, les médicaments, le cannabis et autres, sont liées à l’histoire de vie de chaque individu et à son projet plus ou moins favorablement accompli.

LES SUBSTANCES PSYCHO-ACTIVES
Ce terme indique leur pouvoir d’action sur le cerveau par la capacité à modifier l’activité mentale au niveau des interprétations et des perceptions liées aux sensations.

QUELLES SONT CES SUBSTANCES ?
L’alcool, le tabac, le cannabis, la cocaïne, l’ecstasy, l’héroïne, mais également, les anxiolytiques, les antidépresseurs et tous les hypnotiques prescrits abondamment pour traiter les états anxieux, les troubles du sommeil, la dépression.

LES RISQUES POUR LA SANTÉ PHYSIQUE ET MENTALE
Ils tiennent à la dangerosité spécifique du produit, mais en fait, ils se situent tous dans la durée.
La consommation des toxiques, même mineurs, promet une détérioration de l’état physique par un affaiblissement du terrain immunitaire avec son cortège de complications et l’apparition de certaines maladies directement liées aux organes lésés. Foie, pancréas, estomac pour l’alcoolisme. Cœur, poumon, organes génitaux pour le tabagisme. Système nerveux pour le cannabis et la cocaïne.

INSTALLATION DE LA DÉPENDANCE
Généralement sournoise et progressive, la dépendance se manifeste sous forme d’envie irrépressible qui, non satisfaite, engendre des souffrances psychophysiques.
Physiquement, l’organisme traduit son état de manque par des troubles du comportement tels que des douleurs, tremblements, parfois des convulsions, conjoints à un état fébrile, anxieux, irascible.
Psychiquement, les sensations de malaise et de mal-être d’intensités variables mènent souvent à la dépression.

LORSQUE LE BIEN DEVIENT DU MAL
Historiquement, le mot drogue désignait un médicament, une préparation destinée à soulager, voire à guérir une maladie. À présent, il désigne les substances dangereuses pour la santé.

RIEN QU'UN PETIT JOINT
Parce que les feuilles et l’ensemble de la plante sont séchées et généralement mélangées à du tabac roulé en fines cigarettes, le joint ou le pétard se fume. Il s’ensuit un sentiment d’apaisement euphorique produisant une envie de rire ou de dormir. Alors que les débuts peuvent s’en tenir là, il en va autrement avec l’accoutumance.
Physiquement, apparaît la manifestation de symptômes de “surcharge” avec des sueurs diffuses, des palpitations, des nausées, un assèchement des muqueuses et une dilatation de la pression sanguine.
Psychiquement, la concentration diminue et la mémoire s’estompe.
Le petit joint dont on dit fréquemment qu’il n’est rien qu’un passetemps, une aide à la détente en période de stress finit par jouer un très grand rôle dans la régulation des émotions qu’il transforme en “psychose cannabique”.

Il s’agit de la manifestation d’états pathologiques psychiques sélectionnés en trois niveaux.
- Le syndrome confusionnel aigu : altérations sensorielles, sensitivité et projectivité pouvant aller jusqu’à des idées délirantes, incontinence émotionnelle et affective, sentiment de persécution, agressivité.
- Le syndrome schizophréniforme : idées prononcées de persécution, hostilité envers l’entourage, attitude défensive permanente.
- Le trouble psychotique chronique : paranoïa, mégalomanie, idées délirantes de persécution ou de grandeur. Troubles du comportement.

Les troubles graves sont la conséquence d’une consommation longue durée. Pris en quantité épisodique et modéré, le cannabis agira comme un facteur favorisant et accélérant des troubles pré-existants telle la maladie bipolaire, voire la schizophrénie.
Quoi qu’il en soit, cette substance n’est pas anodine comme bien d’autres voudraient le laisser penser. Agissant sur l’humeur, sa toxicité mettra le temps qu’il faut pour appauvrir la puissance cérébrale, détraquer le système nerveux, amoindrir l’énergie vitale jusqu’à pourrir la vie.
Alors, encore un p’tit joint ?

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