La cuisine anti douleurs

Quand on a mal quelque part, tous les moyens sont bons pour calmer sa douleur. Et si ces moyens sont vraiment bons, à tous points de vue, c’est encore mieux.

Et que nous propose ici Anne Dufour ? Des poissons gras pleins d’oméga 3, des épices, des fruits et des légumes regorgeant d’antioxydants, peu de viandes et pas de produits laitiers, de maïs ni de blé, une belle méfiance vis-à-vis des plats préparés par l’industrie au profit de produits plus nature, du cru et de la vapeur plutôt que de violentes grillades… En quelque sorte, un beau résumé du régime Seignalet, pour lequel on signe volontiers du couteau et de la fourchette !

La rentrée est passée, une nouvelle routine s’est installée, et avec les jours qui commencent à rafraîchir et raccourcir, la nostalgie de l’été peut engendrer une légère morosité et réveiller les petites douleurs.
Réagissons ! Direction : le marché ! Les beaux fruits d’automne nous y attendent encore, avec les innombrables variétés de pommes toutes plus bienfaisantes les unes que les autres, les poires juteuses, les prunes et les mirabelles si douces. On profite vite des derniers cassis presque aussi noirs que les raisins, des noix et des noisettes toutes fraîches. On trouve aussi à profusion du cresson et de l’oseille, du céleri et encore du persil, les dernières tomates et poivrons, aux côtés des premiers potirons et des betteraves, des navets et des poireaux primeurs, des fenouils et des oignons. On complète son panier avec du gingembre et de beaux poissons bien gras, et avant le retour à la maison, petit détour par l’épicerie pour faire le plein de curcuma et de piment, de riz complet et de thé vert, sans oublier les bouteilles d’eau (St-Yorre, Salvetat… au choix !). Il ne reste plus ensuite qu’à passer en cuisine !

QUELQUES COURSES AVEC VOUS, LES CONSEILS D'ANNE DUFOUR
CASSIS
Elle est peut-être petite, mais cette baie aux reflets violets est une mine de bienfaits. Elle est en effet gonflée de minéraux et de vitamines, surtout C (un taux record) et d’antioxydants sous forme de polyphénols, dont on reconnaît la contribution préventive face à de nombreuses maladies. On trouve le cassis frais et agréablement acidulé à la fin de l’été, à profusion dans les jardins et sur les marchés en petites barquettes, toujours un peu chères. La solution du coulis surgelé peut, pour cette raison, représenter une bonne alternative, disponible de plus toute l’année. Frais, le cassis se conserve 2 à 3 jours dans le bas du réfrigérateur.

HUILE DE COLZA
Toutes les huiles contiennent 100 % de matières grasses… mais la composition de leurs acides gras peut s’avérer bien différente, modulant l’intérêt qu’on peut leur porter. L’huile de colza se révèle ainsi fort riche en oméga 3, ce qui en fait un atout précieux pour la santé cardio-vasculaire comme dans la lutte contre tous les processus inflammatoires. Pour profiter de tous ses atouts, on la choisit vierge et pressée à froid, non raffinée, de qualité biologique (pour éviter pesticides et OGM), et de préférence présentée dans une bouteille en verre opaque, pour la préserver de l’oxydation due à la lumière. À la maison, on la garde au frais, et en cuisine, on l’utilise principalement pour les assaisonnements crus, la chaleur altérant ses acides gras.

THON
Le thon, c’est bon… mais pas forcément tout le temps, ni trop souvent. Certes, il fait partie des poissons gras et sa chair, délicieuse et tendre en sushi cru, ou ferme et savoureuse en steak cuit, contient de précieux oméga 3. Mais elle stocke aussi volontiers des taux parfois très élevés de polluants, pesticides et métaux lourds (particulièrement le mercure, dont les effets toxiques ne sont plus à démontrer) que le poisson avale au gré de ses voyages dans nos mers pas toujours très propres. Ses méthodes de pêche agressives à l’aide de filets dérivants ne sont pas non plus sans conséquence sur l’environnement et l’espèce ne s’est pas encore beaucoup développée dans les aquacultures bio. C’est ainsi que le thon ne devrait plus paraître sur nos tables qu’à titre de gourmandise exceptionnelle. Dans ce cas, il faut le choisir impérativement très frais, de préférence pêché à la canne (une méthode plus respectueuse des milieux et des espèces) et le consommer très rapidement après l’achat.

UNE JOURNÉE DE MENUS
AU RÉVEIL
Un grand verre d’eau, pour noyer nos douleurs dans le magnésium et les bicarbonates. Le bon réflexe du verre au réveil semble donc plus que jamais à conserver… ou, si ce n’est déjà fait, à instaurer dans le rituel quotidien.

AU PETIT DÉJEUNER
Il est copieux et équilibré, ne se saute jamais et se prend dans la sérénité (quitte à se lever un quart d’heure plus tôt chaque matin). C’est la première occasion de la journée d’apporter à l’organisme de l’énergie et aussi de quoi mettre ses douleurs en sourdine…
- Des céréales aux fruits. Les céréales sont complètes et, qu’il s’agisse de mueslis, de crackers ou de pain, sont à base de sarrasin, de quinoa, de riz ou de soja. Pour éviter le déséquilibre acido-basique, elles s’accompagnent systématiquement de fruits.
- Café ou thé à volonté : ils apportent tous deux leur caféine anti-douleur dont l’action minceur est également reconnue.

EN-CAS DU MATIN
On peut glisser dans les poches avant de partir à l’école (ou dans les sacs à mains en partance pour le bureau ou en balade) quelques cerneaux de noix et une pomme. Avec la bouteille d’eau de rigueur.

AU DÉJEUNER
Il est léger, mais complet et toujours équilibré pour ne pas souffrir de baisse d’énergie… ni, autant que faire se peut, de quoi que ce soit d’autre.
- Crudités en entrée. Ces légumes crus apportent, comme nul autre aliment, vitamines et minéraux, antioxydants protecteurs et anti-douleurs, et fibres qui calent, idéales en début de repas pour modérer l’appétit et garder la ligne.

LA VINAIGRETTE
Cette sauce accompagne l’entrée quotidienne, il est indispensable qu’elle soit bien préparée, pour arriver dans l’assiette sous ses meilleurs aspects santé.
La base (qui assure un parfait équilibre dans les acides gras bénéfiques) :
- 1 dose de vinaigre ou de jus de citron,
- 1 dose d’huile d’olive,
- 2 doses d’huile de colza (ou 1 dose d’huile de colza et 1 dose d’huile de noix),
- sel complet et poivre.
- Éventuellement : 1 c. à c. de moutarde.
Les indispensables variantes :
1. les condiments : ail, oignon, échalote…
2. les herbes fraîches : persil, basilic, estragon, ciboulette, plumet de fenouil, origan…
3. les épices : curcuma, piment, gingembre, muscade…

- Un plat protéiné bien équilibré. Des protéines d’origine végétale, céréales ou tofu. Les protéines d’origine animale viendront de préférence de poissons gras ou de viandes blanches maigres. On les préfèrera alors crues ou cuites doucement à la vapeur ou au wok. Et toutes seront obligatoirement accompagnées de leur belle portion de légumes verts, pour équilibrer l’apport calorique comme acido-basique.
Idées recettes : Thon cru des îles - Sot-l’y-laisse au wok
-
Thé ou fruit.

AU GOÛTER
Le fruit frais
tient toujours la vedette, comme la poignée de cerneaux de noix, mais pour les pauses plus élaborées ou les jours de fête, on peut aussi prévoir un vrai "dessert", à base des petites gâteries les plus protectrices, comme les fruits, et particulièrement les plus rouges d’entre eux.
Idée recette : Île flottante sur mer rouge

AU DÎNER
Il est léger, lui aussi, et se prend assez tôt pour préserver la qualité d’un bon sommeil. Il est constitué, comme d’habitude, d’apports principalement végétaux.
- Potage de légumes ou salade. Les légumes, cuits ou crus, ont toujours la primeur pour commencer le repas, du midi comme du soir.
- Le plat du soir. Il peut être unique, ou léger après une entrée de légumes. Il est de préférence 100 % végétal lui aussi, inclut quelques céréales saupoudrées des oléagineux de saison (noix, noisettes…) ou du tofu et encore d’autres légumes, surtout pas trop de sources de gras…
Idée recette : Oignons farcis
- Une tisane… comme toujours !

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