Les fractures de côtes

Quand s'inquiéter ?
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Chute du haut d'un tabouret, éternuement violent, lésion par la ceinture de sécurité lors d'un accident de voiture… toutes ces situations peuvent se solder par une ou plusieurs fractures de côtes. Bénignes le plus souvent, elles peuvent s'avérer dangereuses dans certaines circonstances.

Du fait de leur nombre, les risques de se fracturer une côte sont assez importants au cours de la vie, d’autant que les côtes sont très exposées aux chocs directs, qu’il s’agisse des accidents de la route (lésion par la ceinture de sécurité, à l’instar des fractures du sternum), des chutes domestiques ou des accidents de sports. Lorsque les côtes sont fragilisées par une ostéoporose ou une déminéralisation osseuse, elles sont aussi exposées aux fractures par traumatismes indirects lors de la toux, de l’éternuement ou des contractions violentes des muscles intercostaux. Dans la grande majorité des cas, toutefois, la fracture costale est isolée. Mais, lors des traumatismes violents, les fractures peuvent être multiples et concerner simultanément les deux grils.

24 CÔTES SUR LE GRIL

Le thorax comporte 24 côtes réparties en 12 côtes de chaque côté de la colonne vertébrale. Les médecins parlent de « gril » costal, gauche et droit. Les côtes s’attachent en arrière sur les vertèbres dorsales et en avant, sur le sternum (pour les dix premières). Leur rôle est de protéger les poumons droit et gauche. Mais pas seulement. Car, lors de l’inspiration, les côtes permettent aux poumons de se distendre grâce aux plèvres, organes constitués de deux feuillets entre lesquels il n’y a aucun espace et pas d’air. À l’inspiration, les côtes s’horizontalisent et entraînent avec elles les plèvres, intimement reliées aux poumons. Résultat, les poumons se distendent et de l’air peut y entrer.

DES DOULEURS LE PLUS SOUVENT

La douleur de fracture de côte, même isolée, est toujours importante et rend les mouvements respiratoires difficiles. A fortiori, en cas de toux ou d’éternuement. Vous l’aurez compris, mieux vaut ne pas se fracturer une côte lors d’une bronchite ! Mais, pour autant, l’intensité de la douleur n’est pas proportionnelle à la gravité de la fracture ou au nombre de côtes touchées.

VOLET COSTAL

On parle de volet costal lorsqu’au moins 3 côtes sont fracturées à deux endroits différents sur leur trajet. Le volet costal s’apparente à une fenêtre sur la paroi costale qui oscille en sens contraire de la respiration. En effet, rompues en deux endroits, les côtes ne sont plus maintenues par le sternum ou par les vertèbres dorsales.

COMPLICATIONS

Lorsque le traumatisme est violent, comme lors d’un accident de voiture, l’enfoncement de la côte vers le poumon peut s’accompagner d’un pneumothorax, autrement dit d’une entrée d’air dans la plèvre, ou d’une contusion du poumon sous-jacent, c’est-à-dire une lésion du tissu pulmonaire. Ces lésions entraînent une difficulté respiratoire qui s’ajoute à celle liée à la douleur de fracture costale. Une conséquence s’impose : une fracture costale chez un patient déjà concerné par une insuffisance respiratoire, ou fragile, réclame une surveillance attentive, voire une hospitalisation, surtout s’il existe un pneumothorax ou une contusion pulmonaire sous-jacente.

RADIOGRAPHIE

La radiographie du gril costal est l’examen roi pour le diagnostic. Mais les fractures costales ne sont pas toujours faciles à mettre en évidence du fait de leur forme légèrement spiralée et de leur enroulement. Plusieurs clichés sont donc souvent nécessaires pour montrer le trait de fracture en regard de la zone douloureuse. Il ne reste plus ensuite qu’à numéroter la ou les côtes fracturées. La radiographie permet également de repérer un pneumothorax (une « lame » d’air apparaît en sombre à la radiographie, entre les côtes et le poumon) ou une lésion pulmonaire (opacité blanchâtre en regard de la zone fracturée).

REPOS ET ANTALGIQUES

Les côtes ne se plâtrent pas et ne s’opèrent pas, en dehors des graves lésions du gril costal avec fractures ouvertes. Le traitement dépend du nombre de côtes touchées, de l’importance du ou des déplacements, de l’existence d’un volet costal (voir encadré), d’une contusion pulmonaire ou d’un pneumothorax qui réclament chacun des traitements spécifiques et une hospitalisation. En cas de fracture isolée, ou de fractures multiples sans critère de gravité (nombre de fracture limité, pas d’atteinte de la plèvre, du poumon, pas de déplacement des fractures, pas de volet costal), le repos et la prise d’antalgiques (type paracétamol) sont suffisants. Pour autant, les douleurs peuvent rester vives pendant environ 2 semaines et il faut environ 4 semaines pour la formation d’un cal osseux au niveau du foyer de fracture.

BANDAGE ET ANESTHÉSIE

Lorsque les douleurs sont particulièrement importantes, les médecins peuvent utiliser un bandage circulaire posé tout autour du thorax (bandes élastiques, collantes, semi-adhésives). Destiné à limiter les mouvements respiratoires douloureux, ce bandage n’est pas indiqué chez le malade insuffisant respiratoire (risque d’aggravation de l’insuffisance respiratoire du fait de la restriction de l’amplitude respiratoire) et s’avère parfois mal toléré lorsqu’il prend appui sur la fracture elle-même. Enfin, lorsque les douleurs sont très mal tolérées, une anesthésie du nerf intercostal (« bloc intercostal ») par injection d’un produit anesthésique peut être nécessaire.

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