Les jardins de Valmer

Entre collection et équilibre, un pari réussi!
Rubrique

Les jardins du Château de Valmer se trouvent en Touraine, au cœur du terroir du Vouvray, à Chançay.

Notre visite des jardins du château de Valmer s’achève. Il est difficile de quitter ce lieu… On emprunte l’allée qui mène à la sortie, on se retourne, on s’arrête… Un dernier coup d’oeil sur l’ensemble et on part en gardant précieusement en mémoire de multiples sensations et un sentiment de bonheur et d’harmonie…

UNE HISTOIRE ET DES PROJETS
Si la Renaissance est passée par là et a laissé un très bel ensemble de jardins en terrasse, la beauté actuelle, le charme et l’atmosphère du lieu doivent beaucoup à la passion et à la volonté des propriétaires Monsieur et Madame de Saint Venant. Le travail considérable qui a été fait et qui continue d’être conduit a permis de retrouver et de réhabiliter les éléments architecturaux des jardins d’origine, mais aussi des espèces et variétés anciennes.
Pour être complète, la restauration des jardins d’un château doit s’intéresser à celle du potager ; autrefois, cet élément du jardin était important ; en effet, il fallait bien nourrir les nombreuses personnes qui vivaient sur place. À Valmer, on est bien au-delà d’une simple restauration ou réhabilitation du potager. Le professionnalisme, la curiosité et la ténacité du tandem constitué de Madame de Saint Venant (paysagiste et botaniste) et de Sébastien Verdière a donné naissance à un potager extraordinaire, un potager conservatoire ; et les projets s’étendent aussi au parc, avec la mise en place depuis peu d’un arboretum rassemblant des arbres et arbustes rares.

LE POTAGER DE VALMER
Le potager couvre un hectare ; la surface est divisée en 16 carrés qui, eux-mêmes, sont divisés en planches de culture de 2 mètres de large maximum ; les planches accueillent des plantes diverses qui sont associées en fonction de leur date de mise en place pour simplifier les choses. Le tout abrite environ 3 000 plantes différentes chaque année ; ce potager est particulièrement intéressant, non pas uniquement par son aspect conservatoire et ses légumes extraordinaires, mais aussi par la façon dont il est conduit.

Une démonstration des bienfaits de la biodiversité au jardin
Ce qui frappe en premier lieu, c’est l’aspect «fouillis» du jardin. Il y a de tout, partout: les fleurs avoisinent les légumes, les concombres montent à l’assaut du sorgho, quelques feuilles de houblon se glissent sous un imposant plant de poires de terre… bref, c’est le bazar! Mais c’est un désordre savant qui fonctionne rudement bien car il faut chercher attentivement pour trouver une plante malade ou défigurée par une attaque de parasites ; je n’ai pas trouvé.
La solution, c’est la biodiversité qui la fournit ; pas de surface importante occupée par une même plante : au maximum, une plantation fait 2 mètres de large et on ne voit pas plus d’une planche de la même espèce par carré. À cela, on ajoute la pratique de la rotation des cultures et le tour est joué. Avec la diversité végétale, on évite les effets de pullulement des parasites et on favorise la diversité des insectes et autres auxiliaires ; chacun a sa place, mange et est mangé dans un fonctionnement équilibré d’écosystème.

LA BOULIMIE DU COLLECTIONNEUR
Le rôle de conservatoire d’espèces et de variétés anciennes ou rares est important sur le plan scientifique. Cette opération de sauvegarde du patrimoine génétique peut permettre de relancer et de diversifier la culture légumière, de créer de nouvelles variétés, de repérer des principes actifs, des molécules utilisables dans différents domaines ou bien encore de faire progresser la botanique en nous faisant mieux comprendre les filiations entre les espèces, la diversification, l’adaptation des espèces.

À Valmer aujourd’hui, ce sont plus de 3 000 plantes qui sont conservées et mises en culture pour le plaisir des sens et pour obtenir des graines que l’on garde précieusement, que l’on échange avec d’autres collectionneurs ou que l’on donne (dans la mesure du possible) à des amateurs curieux. La liste est longue et pleine de poésie. Rien que des noms comme «Sucrin de Tours» (melon), «Nombril de bonne soeur» (haricot), «Grosse brune paresseuse», «Blonde de Berlin», «Délice du jardinier» (tomate) ou «Quatre au mètre» (haricot), apportent un avant-goût du plaisir offert au visiteur qui peut goûter! Toujours l’envie de partager, de faire connaître!

Cette logique du partage, on la retrouve dans l’organisation de l’accueil: point de fioritures, mais la simplicité des jardiniers que l’on peut voir travailler en semaine au jardin. Ajoutez à cela les diverses manifestations, comme le célèbre vide-jardin où l’on observe, apprend, rencontre et rêve, et vous ferez sans doute avec plaisir plusieurs visites aux jardins du château de Valmer.

POUR EN SAVOIR PLUS
Jardins du château de Valmer

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