Le monoxyde de carbone...

... tueur silencieux
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Bouches d’aération obstruées, poêle à bois mal entretenu, chauffe-eau défectueux… autant de causes d’émission du monoxyde de carbone, un gaz responsable d’une centaine de décès évitables chaque hiver.

Chaque année, on dénom­bre environ 1300 épisodes d’intoxications au CO (mo­noxyde de carbone), avec une cen­taine de décès annuels, qui pourraient être évités si les précautions étaient prises. En effet, cette intoxication n’est pas une fatalité mais résulte toujours d’erreurs ou de négligence (voir encadré).

Le CO, de A à Z

Invisible, inodore et incolore, autrement dit indétectable à l’œil nu, le CO est émis lors de la combustion de gaz de ville, mais aussi de gaz naturel, de butane, de propane, de pétrole, de fuel ou d’essence, de bois ou de charbon. Tous les chauffages, producteurs d’eau chau­de et autres appareils utilisant de tels combustibles peuvent être des émetteurs de CO. Il en est de même des fumées d’incendie, des gaz d’échappement de voiture et même de la fumée de cigarette ! La dangerosité du CO est liée à sa haute capacité à se fixer à l’hémoglobine des globules rouges chargée de transporter l’oxygène. Pire, il est 230 fois plus avide d’oxygène, de sorte qu’il va chasser l’oxygène de l’hémoglobine, d’où un risque d’asphyxie même avec de petites doses.

Malaise et nausées

Le monoxyde de carbone est un gaz sournois et paradoxal car il provoque des asphyxies mortelles en l’absence de symptômes respiratoires. En effet, l’intoxication se manifeste dans un premier temps par un malaise aux conséquences gravissimes puisqu’il va prolonger l’exposition au CO, ou par des nausées et des vomissements, des vertiges, des maux de tête, des bourdonnements d’oreille ou une fatigue intense et brutale. Dans le cas d’émission majeure de CO, le coma peut survenir en quelques minutes. D’où l’intérêt de réagir vite dès lors qu’apparaissent les premiers symptômes : sortir de la pièce, ouvrir les fenêtres puis éteindre l’installation suspecte. Pour les secours, attention à ne pas respirer dans la pièce au risque d’être intoxiqué à son tour. Puis, il faut composer le 15 ou 18 pour un transfert rapide vers l’hôpital.

Caisson hyperbare

Le diagnostic n’est pas toujours aisé devant les symptômes. Il s’agit pourtant d’une urgence vitale, notamment lorsqu’il existe une perte de connaissance initiale. D’où l’intérêt du dosage sanguin du monoxyde. Seule la mise du patient dans un caisson hyperbare délivrant de l’oxygène sous pression peut permettre de chasser le CO hors des globules rouges et sauver la victime.

Prévention

1. Avant l’hiver, faites vérifier l’état de vos installations par les spécialistes. Le nettoyage annuel des conduites d’évacuation des fumées (cheminées, appareils de chauffage…) et l’entretien de la chaudière sont indispensables.

2. Ne bouchez jamais les aérations et n’hésitez pas au contraire à ventiler vos locaux au moins 10 minutes par jour, même quand il fait froid.

3. N’utilisez pas un chauffage à dégagement de fumées (groupe électrogène par exemple) dans un local confiné ou sans fenêtre, ou encore lorsque la salle de bains est saturée en vapeur d’eau.

4. Attention au mode ralenti pour les appareils à charbon.

5. Ne laissez jamais un moteur de voiture en marche dans un garage fermé.

6. Pour vous chauffer, n’utilisez jamais de brasero ou de barbecue, tous destinés à un autre usage en extérieur.

7. N’hésitez pas à équiper votre lieu d’habitation d’un détecteur de CO

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