L’entorse interne du pouce..

... un accident fréquent en ski
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Une entorse du pouce est toujours possible lors d’une banale chute sur la main. En ski, elle correspond le plus souvent au syndrome dit « de la dragonne », une entorse négligée aux séquelles importantes.

L’entorse interne du pouce est une lésion typique dans les chutes à ski, au point que les médecins des stations de sports d’hiver la surnomment « syndrome de la dragonne », en référence à cette lanière en cuir fixée sur le bâton de ski. En effet, lors d’une chute dans la neige ou d’un blocage du bâton, le pouce est tordu vers l’arrière, étirant le ligament latéral interne, l’un des plus importants en matière de stabilité du pouce. Même si c’est au ski qu’on se fait généralement cette entorse, toute chute main à plat ou tout sport emportant le pouce vers l’arrière ou l’extérieur expose à cette pathologie (hand-ball, volley-ball, chute de vélo…).

Le pouce, une colonne fragile

Constitué de son métacarpe qui se trouve lui-même au contact du scaphoïde et surmonté par deux phalanges (au lieu de trois pour les autres doigts), le pouce est fragile du fait de la multiplicité des mouvements qui lui sont demandés, nécessitant donc une articulation particulièrement mobile, vulnérable dès lors qu’un accident survient. C’est le cas pour le ligament latéral interne, un double faisceau de fibres tendu sur le côté interne du pouce qui stabilise l’ensemble constitué par la première phalange et le métacarpe. Nous avons donc affaire ici à une entorse « métacarpo-phalangienne ».

De l'étirement jusqu'à la rupture

Selon l’intensité du choc, le ligament va d’abord se mettre en tension, puis s’étirer, et se rompre parfois, provoquant au mieux une simple douleur à la base du pouce, côté intérieur, au pire l’instabilité chronique du doigt, le tout s’accompagnant d’un déboîtement dou­loureux, d’un hématome, d’un œdème et parfois d’un craquement. C’est alors la rupture…

Instabilité articulaire

Contrairement à la grande majorité des ruptures ligamentaires qui cicatrisent spontanément, celle de ce ligament n’est pas possible car l’aponévrose qui recouvre le muscle adducteur du pouce (fine enveloppe) s’interpose entre le métacarpe et la première phalange. On peut suspecter une rupture du ligament lors du test dit « de la bouteille » : serrer une bouteille ou tout autre objet sphérique devient impossible du fait de l’instabilité articulaire.

Diagnostic clinique

La radiographie ne sert qu’à éliminer une fracture ou un arrachement osseux. La gravité de l’entorse repose essentiellement sur l’examen clinique.

Traitement

Sans surprise, le traitement dépend de la gravité de l’entorse :

Bénigne : la simple immobilisation du pouce par une contention adhésive posée pendant une quinzaine de jours est suffisante.
Grave : l’intervention chirurgicale est indispensable dans les 10 jours. Après l’intervention, la pose d’une immobilisation plâtrée ou d’une résine prenant tout le pouce est nécessaire.

Dans les deux cas, la kinésithérapie est recommandée après l’immobilisation.

Notion d'entorse

Comme pour la cheville, le terme d’entorse du pouce définit uniquement un mouvement articulaire d’une amplitude excessive, avec déboîtement articulaire parfois, sans préjuger de l’existence d’une lésion anatomique. L’entorse n’est donc pas synonyme de gravité. On peut souffrir d’une entorse du pouce bénigne, avec un simple allongement ligamentaire.

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