La bustronomie...

...ou la belle histoire du Bus 26 !
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C’est en Auvergne que j’ai rencontré Charles et Mélina, les heureux propriétaires du Bus 26, un bus à étage qu’ils ont transformé en restaurant gastronomique.
Un vrai succès ! Il fallait y croire et, surtout, oser. Ils l’ont fait…

Pour un défi, c’en est un et pas des moindres : trouver l’argent pour concrétiser leur rêve leur a pris quelques années. Mais « le jeu en valait la chandelle » : aujourd’hui, le bus gastronomique affiche complet plusieurs mois à l’avance !  
« Nous sommes tous les deux issus de la restauration, raconte Charles Moncouyoux. Cela fait 15 ans que nous exerçons ce métier. Nous nous sommes rencontrés chez Régis et Jacques Marcon, chefs étoilés à Saint-Bonnet-le-Froid, en Haute-Loire. Mélina était en salle et moi en cuisine. J’ai passé le concours du Bocuse d’Or avec Serge Vieira, restaurateur à Chaudes-Aigues, dans le Cantal. Puis, pendant 7 ans, j’ai appris le métier en étant second en cuisine, alors que Mélina était maître d’hôtel en salle… Originaires d’Auvergne, on cherchait à s’installer dans le Puy-de-Dôme. Beaucoup de gens dans les communes nous demandaient de venir nous poser chez eux ! Nous avons eu énormément de propositions – entre 40 et 50 demandes ! » Et finalement ils ne se sont pas fixés, puisqu’ils voyagent sans cesse…

Au détour d’un repas sur l’eau

C’est à Paris, au cours d’un dîner sur une péniche, que le couple a eu l’idée géniale de détourner ce projet (manger sur l’eau), irréalisable sur les eaux tumultueuses de la Loire, mais tout à fait faisable en mettant… un bus-restaurant sur les routes ! Charles a d’abord proposé à son épouse d’aménager un food truck*, comme on en voit de plus en plus, mais « elle n’a pas été conquise. Elle a trouvé l’idée du bus bien meilleure et c’est parti comme ça ».

Le coup de pouce du financement participatif

Trouver les 490 000 € nécessaires au projet ne fut pas une mince affaire, on s’en doute. Achat du bus, aménagement, mise aux normes : tout coûtait cher. Mais Charles et Mélina y croyaient et ont foncé.
Au début, bien sûr, les banquiers leur riaient gentiment au nez. Prêter une somme pareille ? Vous n’y pensez pas ! Alors, grâce à un crowdfunding (financement participatif) suggéré par les chefs Régis Marcon et Philippe Brun qui les ont encouragés et soutenus, ils ont commencé en récoltant – à leur grande surprise – presque 10 000 € ! Le projet plaisait, à n’en pas douter.
Et voilà les banquiers séduits ! Le Conseil général du Puy-de-Dôme a également apporté sa pierre au projet en prenant en charge 17 000 €...

Le moment de vérité

Est enfin arrivé le moment tant espéré, un beau jour de juillet 2014, dans la petite cité thermale de Châtel-Guyon : l’inauguration. « Au bout de deux semaines, on affichait complet midi et soir, tous les jours », s’étonne encore Charles Moncouyoux. Ce qui l’a rassuré, bien sûr, car, à l’évidence, ces deux-là n’avaient pas droit à l’erreur… « On était attendus, et nous sommes au rendez-vous ! Nous avons de la chance. »
De la chance ? Oui, mais du travail aussi. Le couple se lève aux aurores pour emmener le bus sur le lieu choisi, la place d’un village où ils accueilleront leurs hôtes chaque jour, pendant environ 3 semaines.

Une entreprise locavore

Ouvert de mi-mars à mi-décembre, le planning du Bus 26 est établi un an à l’avance. Ainsi, les clients savent où le trouver. Et, durant les 3 mois de fermeture, le restaurant ambulant repart se faire une beauté en atelier. Changement de mobilier, de vaisselle : l’innovation fait partie du succès. Le couple profite de cette pause hivernale pour aller rencontrer les acteurs locaux, producteurs et artisans qui leur fourniront de quoi mijoter leurs bons petits plats lors de leur prochaine escale.

Des clients conquis

Le succès est au rendez-vous, pas de doute. L’idée plaît et les gens viennent de loin pour savourer la bonne cuisine dans la salle panoramique du bus itinérant. « Nous avons eu des clients arrivés de Paris en train et taxi et repartis par le même chemin une fois leur déjeuner terminé ! » se souvient Charles Moncouyoux. 
La cuisine proposée est 100 % faite maison, avec des produits frais, achetés aux producteurs du coin puis mijotés –  une cuisine bustronomique, comme aime le dire son heureux propriétaire.

Et c’est une cuisine qui remporte du succès. Si vous voulez la déguster, il va falloir être patient, très patient : les réservations sont prises 6 mois à l’avance.
Pari réussi !

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