La création au service de la pédagogie de la petite enfance

Pour inciter l'enfant à se confronter aux différences

En emblème, une girafe. Cet animal qui organise des crèches dans la nature est aussi le symbole de la communication non violente dans le monde. Depuis 2014, l’Association Agir pour la petite enfance dont la marraine est Virginie Ledoyen organise chaque année la Semaine nationale de la petite enfance pour réunir les bébés de 0 à 3 ans, leurs parents et les professionnels autour d’un thème et d’ateliers pédagogiques.
En 2019, la semaine se déroulera du 18 au 24 mars sur le thème « Pareil, pas pareil ». 

Les ateliers sont organisés à l'initiative des lieux d'accueil collectifs et individuels, et des communes. Les professionnels de la petite enfance, mais aussi les maires intéressés, peuvent s'inscrire et faire ainsi partie de la communauté des organisateurs de la semaine nationale. Les inscriptions sont gratuites et ouvertes jusqu’à fin novembre 2018.

Thomas Ulmann, directeur artistique et cofondateur de l’association, nous présente le projet.

Comment est née l’association ?

Je suis graphiste de profession. J’ai été directeur artistique dans diverses agences avant de monter la mienne, mais je n’étais pas heureux dans ce milieu.
J’ai finalement quitté Paris, pour m’installer en freelance à la campagne, ce qui m’a permis de mieux sélectionner les projets qui m’intéressaient. J’ai ainsi travaillé pour la société Crèche attitude, avec mon oncle Gilles Colomb, lui aussi un ancien directeur d’agence.
À cette occasion, nous avons pris conscience de l’importance de la pédagogie sur les 0 à 3 ans et du manque d’information, au regard de l’éducation que nous avions donnée à nos propres enfants.

Le débat en France se focalise surtout sur le manque de place en crèches et très peu sur le contenu des pédagogies en dehors de quelques milieux favorisés. Nous nous sommes rapprochés de pédagogues, en épluchant la documentation sur les différentes pratiques en France et dans le monde, ainsi que les études OCDE qui démontrent l’impact du développement jusqu’à 6 ans sur la vie d’un être humain.

Il ne s’agit pas de prôner telle ou telle pédagogie, mais de prendre conscience que la mise en place de dispositifs autour de l’enfant et de sa vie sociale favorise son développement et engage son avenir avec, très concrètement, selon les études, la chute des risques sociaux et l’augmentation de la réussite scolaire et professionnelle. C’est insensé de ne pas en parler davantage ! L’idée était de créer un rendez-vous, une semaine, qui est devenue ensuite « semaine nationale », où le trio enfants, parents, professionnels puisse se rencontrer, en proposant des ateliers de jeux et de découvertes.

Comment se déroule la Grande semaine de la petite enfance ?

Notre but est avant tout de favoriser l’éveil des bébés, en soutenant les parents et en valorisant le travail des professionnels. Tous les ans, le comité d’experts « le comité des Pas-sages » choisit un thème à partir duquel nous élaborons un kit d’éveil composé de différents ateliers pédagogiques. Tout est gratuit.
Ces ateliers sont imaginés lors de « couveuses », des réunions qui rassemblent des gens d’horizons différents : pédagogues et artistes. L’objectif est de créer des ateliers et des installations accessibles à tous les enfants, comme les enfants porteurs de handicap ou autistes, aux tout-petits comme aux plus grands, adaptables au sein de structures de gardes collectives ou individuelles. Ces ateliers sont détaillés et structurés avec une description précise du matériel utilisé.

Chacun est libre de s’emparer de nos propositions pédagogiques et nous ne prêchons pour aucune chapelle. En revanche, nous avons à cœur de soigner la présentation des ateliers, pour les rendre à la fois ludiques et attrayants. Le recyclage est au cœur de nos propositions pour permettre à tous de participer.

Les professionnels exerçant au sein de structures d’accueil collectif ou individuel, privé ou public, ou encore au sein de services de garde dans les hôpitaux pour les enfants malades par exemple, tous peuvent s’inscrire sur notre site, et reçoivent en échange des kits, c’est-à-dire une boîte physique avec les fiches descriptives pour installer les ateliers et du matériel pour échanger et s’organiser au mieux avec les parents durant cette semaine.

La prochaine aura lieu du 18 au 24 mars 2019. L’idéal, c’est que chaque parent puisse au moins s’inscrire à un atelier. Tous ces éléments sont également disponibles en téléchargement gratuit sur notre site www.rdvpetiteenfance.fr ainsi que les propositions pédagogiques des cinq premières éditions.

« Pareil, pas pareil », Comment le thème a t-il été choisi ?

Nous cherchons toujours un thème qui amène une réflexion en écho à des problèmes de société. Il s’agit de creuser autour d’un concept. Cette année, en mars 2018, c'était « Tout bouge ! ». En 2019, ce sera « Pareil, pas pareil », l’idée n’est pas d’enfoncer des portes ouvertes et de dire aux bébés qu’il faut accepter l’autre ou que le racisme c’est mal. Les ateliers permettront surtout d’inciter l’enfant à se confronter aux différences, par exemple en leur montrant l’eau dans tous ses états, en leur présentant différents types de ballons, ou encore en leur proposant de jouer avec de la peinture sur le mélange des couleurs, comme dans le livre de Leo Lioni Petit-Bleu et Petit-Jaune.

Le plus important est de laisser l’enfant découvrir et explorer par lui-même au sein du dispositif, sans intervenir. Les adultes, parents ou professionnels, disposent à l’écart d’une fiche d’observation. En soignant la présentation du dispositif, l’enfant se sent invité. À deux mois un bébé s’exprime déjà, d’un regard, d’une attitude, c’est ce qu’on appelle les « cent langages de l’enfant ». Tous les questionnements qu’on observe chez l’enfant nous apprennent beaucoup aussi sur nous-mêmes.

De 0 à 3 ans, la prévention des inégalités

Selon la psychologie moderne, tout se joue avant 6 ans et beaucoup avant 4 ans.
Le caractère péremptoire de cette affirmation a de quoi terroriser tous les parents inquiets de mal faire. L’idée n’est pas de culpabiliser, mais de faire prendre conscience de l’importance cruciale des cinq premières années de vie pour un être humain. Bien sûr, les enfants ont toujours la possibilité de développer plus tard apprentissages et compétences ; mais ce sera toujours plus difficile et laborieux.
Lorsque l’enfant atteint son sixième anniversaire, les structures essentielles de sa personnalité sont formées et détermineront en grande partie sa vie d’adulte.

À 4 ans, l’enfant a acquis 50 % de son développement intellectuel, c’est-à-dire la capacité à traiter mentalement les informations et contrôler ses actions et ses pensées dans un but précis. Dans cette période, grâce à la multiplication des circuits de neurones dans le cortex préfrontal, l’enfant apprend à marcher, à parler, mais aussi à anticiper, à résoudre les problèmes, à se conformer aux règles, à réfléchir, à agir en société et à prendre des décisions. Il prend conscience de lui-même et de ses émotions.

Contrairement à l’idée d’un caractère inné, fixé par l’hérédité, le type de stimulation intellectuelle qu’un enfant reçoit dans les premières années de sa vie détermine en grande partie son intelligence future.
Voilà pourquoi il est impératif et indispensable de lutter contre les inégalités dès la petite enfance, avant même l’école maternelle.
Les enfants de milieu favorisé sont généralement pris en charge très jeunes, à la différence des autres. C’est pourquoi le rapport Regards sur l’éducation publié par l’OCDE pour 2018, rappelle encore l’importance de financer une politique de soutien dès la petite enfance pour lutter contre les inégalités au plus tôt.

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