La péritonite : une urgence abdominale

Rubrique

La péritonite est une urgence abdominale absolue, heureusement rare. Pratiquement toutes les pathologies abdominales peuvent se compliquer d'une péritonite, et d'abord la perforation d'un ulcère à l'estomac ou une appendicite négligée.

Pour bien comprendre le mécanisme de la péritonite, encore faut-il savoir ce qu'est le péritoine. Il ne s'agit pas d'un organe à proprement parler mais d'une membrane fibreuse qui entoure les intestins et la plupart des autres organes abdominaux. Cette membrane peut s'inflammer et s'infecter. C'est la péritonite. Les germes se multiplient alors dans cette cavité naturelle et peuvent migrer vers tous les organes intra-abdominaux.

Estomac et appendice d'abord

Tout ce qui peut s'infecter peut s'accompagner d'une péritonite. Les cholécystites aiguës rompues (infection de la vésicule biliaire), les abcès, les salpingites (infection des trompes utérines), les ponctions intra-abdominales d'ascite, les infections post-opératoires et la rupture de sutures chirurgicales sont donc de nature à contaminer le péritoine. La cause la plus fréquente demeure toutefois l'appendicite évoluée. L'appendice, infecté, s'ouvre dans le péritoine, sous l'effet de la tension provoquée par l'accumulation de pus. Les germes n'ont plus qu'à se multiplier dans la cavité abdominale. Autre cause de péritonite, devenue rare toutefois depuis l'avènement des traitements, la perforation d'un ulcère gastrique. Elle concerne surtout les hommes âgés de 20 à 50 ans. Moins fréquente, la perforation d'un cancer de l'estomac. Plus graves mais heureusement rares, les diverticules coliques et les sigmoïdites peuvent également se rompre et libérer dans le péritoine des matières fécales, riches en bactéries particulièrement agressives. L'ablation de polypes, un lavement baryté ou encore une banale coloscopie peuvent en faire de même. Pensez-y devant des douleurs abdominales dans les heures qui suivent de tels examens ou interventions.

"Ventre de bois"

Difficile pour un médecin de passer à côté d'une péritonite, tant les signes sont évocateurs. En premier lieu, le fameux "ventre de bois" qui désigne une contracture extrême des muscles abdominaux. En clair, le ventre apparaît dur comme du bois ! Et la douleur, apparaissant brutalement en "coup de poignard", devient permanente et très violente.
La température est présente, mais pas toujours, ce qui peut faire douter un temps de l'existence d'une infection. La constipation (ou une diarrhée trompeuse) et l'arrêt de production de gaz permettent de distinguer ce syndrome d'une banale gastro-entérite. Des vomissements de couleur noirâtre attestent quant à eux d'une occlusion intestinale (Belle Santé n° 48), l'une des complications de la péritonite. Mieux vaut ne pas les confondre avec une gastro-entérite ! Enfin, cette infection du péritoine s'accompagne d'une altération de l'état général et d'un faciès évocateur d'une souffrance intense.

Plastron

Dans certains cas, rares, la péritonite ne se diffuse pas à tout l'abdomen et reste localisée à une petite zone. Elle se confine. C'est le péritoine qui, s'agglutinant autour de la zone d'infection, forme une sorte de barrière protectrice. Les douleurs sont donc localisées et la palpation donne l'impression d'un empâtement sous la peau, le "plastron". Le traitement demeure le même.

Quels dangers ?

L'un des dangers de la péritonite, le plus immédiat, est l'apparition d'un choc d'origine septique (infectieux). Autrement dit, d'une baisse brutale de la tension artérielle avec le risque d'arrêt cardiaque par "désamorçage" du coeur (le coeur, moins approvisionné en sang du fait de la baisse de tension, s'arrête de façon réflexe). Ce choc est déclenché par les toxines libérées par les bactéries libérées dans le péritoine.

Intervention chirurgicale

L'hospitalisation en urgence est capitale, afin de parer à un éventuel choc septique. Raison pour laquelle on place le malade en réanimation où il sera mieux surveillé et réhydraté. L'intervention chirurgicale permet d'identifier le "responsable" (et donc de le traiter), mais aussi de nettoyer le pus qui encombre la cavité péritonéale. Comme pour toute infection grave, la prescription d'antibiotiques (deux familles d'antibiotiques en général) est impérative. Le temps d'hospitalisation est d'au moins une huitaine de jours. Tout dépend en réalité de l'état du malade.

Vous l'aurez compris, la péritonite demeure un phénomène grave s'il n'est pas pris à temps. D'où l'intérêt de ne pas trop tarder à consulter devant des douleurs abdominales inhabituelles qui résistent aux traitements antalgiques.

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