La vérité sur les parabènes

Ils n’en finissent plus de défrayer la chronique, d’être soupçonnés de tous les maux et tous les effets nocifs possibles… Le 3 mai dernier, l’Assemblée Nationale votait, en première lecture, une loi visant à leur interdiction totale. Mais que sont vraiment ces parabènes si décriés ? Quels risques réels sont associés à leur utilisation ? Et quel est leur avenir ?

UN PARBÈNE, DES PARABÈNES…
Avant tout, il faut souligner qu’il n’y a pas UN parabène, mais bien DES parabènes, qui peuvent être utilisés seuls ou en mélange, pour potentialiser leur action et accroître leur efficacité.
La cosmétique utilise principalement six d’entre eux. Les voici, classés suivant la longueur croissante de leur chaîne alkyle :

  • Methylparaben,
  • Ethylparaben,
  • Propylparaben,
  • Isopropylparaben,
  • Butylparaben,
  • Isobutylparaben.

Du fait de leur large spectre d’activité sur les bactéries, moisissures, levures et champignons, ainsi que de leur complémentarité quand ils agissent en synergie (en cas de mélange de plusieurs d’entre eux), ils ont fait figure de must incontournable durant de nombreuses années.
> Responsables de réactions allergiques
Tous les parabènes font partie des batteries de tests européens d’allergènes. Ils peuvent être responsables de dermatites de contact, évoluant principalement sous forme chronique.
> Suspectés d’être cancérogènes
> Possibles perturbateurs endocriniens

Il apparaît aujourd’hui que le principal potentiel toxique des parabènes vient de leur capacité à perturber le système endocrinien (qui régulent nos hormones), notamment pour ceux dont la chaîne alkyle est la plus longue.
On le rappelle : les parabènes ont une activité endocrinienne et une toxicité qui vont de pair avec la longueur de leur chaîne alkyle.

LE DOSSIER DE LA DÉFENSE
Face à ces accusations, les défenseurs des parabènes (fabricants de cosmétiques et formulateurs principalement) avancent aussi leurs arguments.
> Un dossier d’accusation vide
Études contre études, la défense plaide la sécurité d’emploi de ces conservateurs.
Le toxicologue Philippe Masson résume bien cette position. Pour lui, « les parabènes ne sont ni irritants ni allergisants lorsqu’ils sont au contact de peaux saines. Des cas d’allergies ont été rapportés seulement dans le cas d’application sur des peaux lésées.
> Efficaces et bien connus
De l’avis de nombreux formulateurs, les parabènes restent irremplaçables à plusieurs titres. D’abord, parce qu’on ne connaît pas conservateur plus efficace. (…) Ils sont de plus faciles à mettre en oeuvre, peu onéreux, et ont l’énorme et assez rare avantage pour des conservateurs de pas abîmer les textures, permettant des galéniques agréables à l’utilisation… comme les consommateurs les demandent.

LA RÉGLEMENTATION
À ce jour, tous les parabènes sont autorisés en utilisation cosmétique, pour toutes les catégories de produits.
En cas de mélange de plusieurs d’entre eux, la concentration maximale totale autorisée est fixée à 0,8 %.
Ils devraient cependant être prochainement soumis à davantage de restrictions, notamment en termes de concentrations maximales autorisées qui sont appelées à être considérablement revues à la baisse, suite à un avis du CSSC en date de décembre 2010.

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