La vraie médecine vue par…

… un vrai médecin-écrivain
Rubrique

Le soignant, c’est celui à qui le patient prend la main »

CE N'EST PAS UNE CRITIQUE DE LIVRE, NI UNE FICHE DE LECTURE
C’est un cri d’émotions, un cri si fort, si puissant que tout le monde doit l’entendre : j’ai trouvé un trésor !!!
Il s’agit d’un livre qui vit en moi depuis que j’en ai tourné la dernière page : Le Chœur des femmes de Martin Winckler. C’est un roman de formation, d’expérience, de témoignages, de philosophie aussi. C’est un roman de critiques et de propositions, porté par une écriture qui danse avec l’oralité. Il met au jour les souffrances des patients méprisés par le corps médical. Il dénonce tout ce qui empêche les médecins de faire au mieux leur métier. Chacun des chapitres est une découverte. Ils donnent à entendre, de la voix de nombreux patients, de médecins, comme dans une chorale, la réalité complexe du monde médical. Le livre traite ainsi des relations entre médecins, par exemple. Il dénonce certaines pratiques médicales, la façon dont on nous soigne. Il s’intéresse particulièrement à la santé des femmes, et met aussi en avant des sujets plus « pointus », comme la question méconnue de l’intersexualité. Il montre comment des enfants sont mutilés, massacrés avec la complicité de leurs parents, des médecins et de l’industrie pharmaceutique.
À travers l’histoire d’une jeune médecin déjà modelé par la faculté, nous déambulons dans les couloirs sombres de l’institution médicale, éclairés par endroits avec de petites bougies qui nous en livrent les secrets : les rapports de pouvoir, la concurrence, la logique du marché, mais aussi l’existence de soignants. Des vrais.

WINCKLER : SOIGNANT, ÉCRIVAIN ET HUMAIN
Je n’ai pas été étonnée d’apprendre que­ ce livre avait été écrit par un médecin fervent défenseur d’une autre médecine où le respect de l’individu est une vertu principale. Marc Zaffran, né en 1955 à Alger, est un médecin français, connu sous le pseudonyme de Martin Winckler, romancier et essayiste. Installé au Québec, il tient un site Internet sur lequel il diffuse des informations médicales, n’hésitant pas à remettre en cause la culture dominante du corps médical, le rapport de supériorité condescendante, voire méprisante et inhumaine souvent entretenu à l’égard des patients. La violence de ce rapport de pouvoir a tendance à être plus grande encore quand il s’agit des patientes. Le Chœur des femmes montre à quel point, en matière de contraception et d’avortement, le comportement des médecins reste dicté par des réflexes moralisateurs, voire répressifs.

Il me semblerait très utile que tout le monde, médecins et patient.es, lisent ce livre. Parce qu’il déconstruit, avec la grande force de l’humour, la barrière a priori infranchissable entre médecin et patient.
« La seule différence entre Dieu et un médecin, c’est que Dieu ne se prend pas pour un médecin. » dit M. Winckler, et Karma, son personnage attachant, ajoute : « Le soignant, c’est celui à qui le patient prend la main. »
C’est rassurant de savoir qu’il y a des personnes comme Martin Winckler. Oui, je n’ai pas dit des médecins mais des personnes. Parce que, dans tous les métiers, dans toutes les relations sociales, nous avons besoin de personnes tournées vers les autres, qui prennent soin des autres. Mais dans le domaine des soins, cela semble plus indispensable encore.
Le Chœur des femmes donne de l’espoir, pas seulement dans le domaine de la santé, mais pour l’avenir de l’humanité.

Martin Winckler, Le Chœur des femmes, Paris, Gallimard, 2009

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