Le rapport Campbell

Et si une seule et unique manière de se nourrir permettait de prévenir et même de guérir la plupart des maladies de civilisation ? Ce n’est pas une utopie, mais bien une réalité ! C’est ce qu’a mis en évidence Colin Campbell à l’issue de 40 années de recherches sur l’alimentation et la santé.

L’ÉTUDE ÉPIDÉMIOLOGIQUE LA PLUS COMPLÈTE SUR LE LIEN ENTRE LA SANTÉ ET L'ALIMENTATION
Quand j’ai commencé la lecture du Rapport Campbell (The China Study en anglais), je m’attendais à un livre de plus sur le lien entre l’alimentation et la santé, mais j’avais tort ! Dès les premières pages, les recherches et les découvertes exposées par Colin Campbell m’ont passionnée et j’ai dévoré son livre (une brique de 500 pages) comme un roman.
Il faut dire que les études qu’il a conduites font preuve de beaucoup de sérieux et de rigueur scientifique. Mais, surtout, Colin Campbell est un des rares scientifiques à s’être penché sur les aliments dans leur intégralité et non sur des molécules isolées comme le font la plupart des chercheurs. Selon lui, dans le cadre d’études sur l’alimentation et la santé, c’est une erreur de chercher la réponse dans l’analyse d’un composé pris isolément. C’est ce qu’il appelle « le réductionnisme scientifique ». Un aliment est en effet bien plus que la somme de ses parties et c’est ce qui rend ce type d’étude tellement complexe.

UN PARCOURS HORS DU COMMUN
Colin Campbell est professeur au département de biochimie nutritionnelle à l’Université Cornell aux États-Unis. Né en 1934, il a été élevé dans une ferme laitière. À l’époque, le lait, la viande et les protéines animales étaient glorifiés et considérés comme la base d’une alimentation saine. Pendant toute son enfance, les petits déjeuners étaient composés d’œufs, de bacon, de saucisses, de pommes de terre au jambon et d’un grand verre de lait.

À l’issue de ses études, titulaire d’un Doctorat à l’université Cornell, il joue un rôle dans la découverte de la dioxine et de l’aflatoxine, deux substances chimiques hautement toxiques et cancérigènes. Il participe ensuite à la coordination d’un projet visant à réduire la malnutrition aux Philippines en fournissant aux enfants le plus de protéines possible. Le but était de promouvoir la consommation de cacahuètes, une protéine bon marché et capable de pousser partout.
Campbell et ses collègues se heurtèrent alors à un gros problème : les enfants philippins souffraient d’un taux anormalement élevé de cancers du foie causés par l’aflatoxine. Et, parmi les produits les plus contaminés par cette substance, figuraient justement les cacahuètes. Colin Campbell fit alors une surprenante découverte qui bouleversa à tout jamais ses certitudes en matière de nutrition. À consommation égale d’aflatoxine, les enfants philippins principalement touchés par le cancer du foie étaient ceux provenant des familles les plus aisées et consommant le plus de viande.

Stupéfait par cette découverte, Colin Campbell mit alors sur pied un programme de laboratoire pour comprendre quel rôle les protéines animales pouvaient jouer dans le développement du cancer.
Son équipe injecta à deux groupes de souris de fortes doses d’aflatoxine cancérigène, puis les nourrit avec 20 % de protéines animales (caséine) pour le premier groupe et 5 % de protéines animales pour le second groupe. Les résultats de cette expérience surpassèrent l’imagination.
À la centième semaine, dans le groupe à 20 % de protéines animales, toutes les souris développèrent un cancer du foie et en moururent, alors qu’à l’issue de l’expérience, toutes les souris du groupe à 5 % de protéines étaient non seulement encore en vie, mais en pleine forme. Mais le plus fascinant était qu’en modifiant successivement la quantité de protéines animales du régime des souris, on pouvait stopper le développement du cancer ou à l’inverse le stimuler, et ce à n’importe quel stade de la maladie, initiation, promotion et progression…
Ces expériences furent réalisées avec différentes sortes de protéines animales et divers types de cancers avec des résultats identiques. À l’inverse, les protéines végétales ne favorisaient pas le développement des cellules cancéreuses. Le régime de la plupart des Occidentaux étant basé sur les protéines animales, cette expérience donne à réfléchir…

On peut cependant regretter que ces expériences en laboratoire aient été faites sur des protéines prises isolément et non sur l’aliment entier (viande, lait, poisson…).  En effet, peut-on être certain que la protéine prise isolément agit de la même manière que l’aliment entier ? Et l’organisme réagit-il de manière identique face à une protéine animale bio et non bio ?

L'ÉTUDE EN CHINE
En 1983, le Dr Campbell décida d’approfondir ce lien entre la santé et l’alimentation en situation réelle chez l’être humain. Il entreprit une gigantesque étude épidémiologique en Chine, sur 20 ans, menée conjointement avec l’université Cornell, l’université d’Oxford et l’Académie chinoise de médecine préventive.
Il était convaincu que la plupart des études épidémiologiques précédemment effectuées sur le sujet étaient faussées par le fait qu’elles comparaient des groupes avec des habitudes alimentaires très similaires, typiquement occidentales, et basées sur les protéines animales. Elles ne permettaient donc pas de mettre réellement en évidence une alimentation qui favorise la santé.

L’étude en Chine est en cela très différente, car elle compare l’alimentation et les maladies dans plusieurs zones rurales et semi-rurales de la Chine (65 comtés de 24 provinces) présentant des caractéristiques variées.
L’alimentation en Chine est très différente de l’alimentation occidentale. Les Chinois consomment plus de calories, mais beaucoup moins de protéines animales, moins de protéines en général, moins de gras, plus de végétaux et de fibres, et plus de fer. Les maladies de civilisation sont en outre très nettement moins fréquentes en Chine qu’aux États-Unis ou en Europe.

Dans toutes les zones étudiées, les habitants se nourrissaient de produits locaux et complets, mais ils consommaient plus ou moins de végétaux et de protéines animales selon les régions.
Si le cancer pris dans son ensemble était en Chine beaucoup moins répandu qu’aux États-Unis, il y avait des variations énormes d’un comté à un autre (de 1 à 100), contrairement aux États-Unis où les variations d’une région à une autre étaient relativement faibles.

COMMENT EXPLIQUER CES VARIATIONS ?
Après examen de toutes les données recueillies pendant cette étude (questionnaires, examens de sang, d’urine, analyse des échantillons de nourriture, etc.), Colin Campbell et son équipe ont mis en évidence plusieurs corrélations qui confortaient la tendance générale de ses expériences sur les souris :
> Plus la consommation de protéines animales est élevée, plus le cholestérol, le cancer et les maladies chroniques augmentent.
> Malgré leur consommation élevée de fibres et leur consommation réduite de protéines animales, les Chinois ont un taux de fer dans le sang plus élevé que les Américains.
> La consommation de gras animal est mise en corrélation avec le cancer du sein.
> Plus la consommation de fruits et légumes antioxydants est élevée, plus le risque de cancer et d’autres maladies chroniques diminue.
> Les Chinois qui consommaient le plus de protéines végétales avaient un poids et une taille supérieurs. Les protéines végétales sont donc efficaces pour assurer une croissance harmonieuse.
> La consommation d’hydrates de carbone non raffinés (légumes et céréales complètes) est liée à un risque moindre de maladies et d’obésité.

Après cette étude, Colin Campbell s’est converti sans hésitation (lui et sa famille) à une alimentation végétale et il a consacré sa vie à étudier les bienfaits que pouvait apporter ce type d’alimentation dans le traitement de diverses maladies de civilisation : maladies cardiaques, obésité, diabète, cancers, maladies auto-immunes, ostéoporose, calculs rénaux, dégénérescence maculaire et cataracte, maladie d’Alzheimer…
Les résultats de ses observations furent à la hauteur de ses espoirs. Non seulement une alimentation végétale, naturelle et complète prévient les maladies, mais elle inverse également la maladie déjà déclarée. Les aliments peuvent stopper ou, au contraire, stimuler le développement d’un cancer, mais ils peuvent aussi inverser les troubles cardiaques ou le diabète, et freiner le développement d’une maladie auto-immune.

À lire :
Le rapport Campbell, de T. Colin Campbell et Ph. D. Thomas M. Campbell aux éditions Ariane, 488 pages. 20,60 €

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