Le somnambulisme...

... une histoire à dormir debout
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Un enfant qui déambule plusieurs minutes dans sa chambre en pleine nuit… il n’en faut pas beaucoup plus pour évoquer le somnambulisme, une pathologie étrange et très fréquente qui ne concerne pas que les enfants.

Le somnambulisme* se prête aux anecdotes croustillantes pendant les repas de famille : les enfants qui s’habillent en pleine nuit pour aller à l’école, ceux qui ouvrent des armoires, sans parler des déambulations nocturnes des adultes ou de la somniloquie (parler pendant son sommeil). Le somnambulisme fait partie des parasomnies, une famille de troubles du sommeil hétéroclites caractérisée par des manifestations anormales pendant le sommeil, comme le bruxisme (grincer des dents), les cauchemars ou encore les terreurs nocturnes.

Les yeux grands ouverts

La définition pratique de cette pathologie du sommeil est encore assez floue. Le somnambule s’assied dans son lit, ou se lève pendant son sommeil et marche, mais de façon inconsciente, tout en paraissant éveillé (yeux grands ouverts) et indifférent à ce qui l’entoure. Le somnambulisme ne se cantonne pas à la marche ou à la position assise dans le lit, mais englobe également des tâches assez complexes comme conduire sa voiture ou faire la cuisine. Il revêt souvent un aspect inquiétant pour les familles et ce, d’autant qu’il peut se produire plusieurs fois par semaine. Et certains épisodes se prolongent parfois pendant plusieurs minutes, jusqu’à une demi-heure même.

Enfants surtout

Si les enfants, le plus souvent des garçons de 7 à 12 ans, constituent le « gros des troupes » (jusqu’à 20 % d’entre eux selon certaines études !), les plus âgés ne sont pas épargnés : 2 à 3 % des adultes seraient somnambules, et la plupart concernés depuis l’enfance. Dans leur cas, le somnambulisme aurait pour évènement déclencheur une tension émotionnelle ou des terreurs nocturnes.

Quand la génétique s'en mêle

Si la cause exacte du somnambulisme n’est pas connue, on suspecte toutefois une prédisposition génétique dans 60 à 80 % des cas, dans la mesure où il existe des familles de somnambules. Et d’après une étude sérieuse, un gène particulier dédié à l’immunité (HLA DQB105) serait présent chez 50 % des somnambules.

Du sommeil normal…

Difficile de parler du somnambulisme sans aborder l’architecture du sommeil. Schématiquement, le sommeil normal est constitué de l’enchaînement de 5 cycles (3 pour les petits dormeurs, 6 pour les gros dormeurs) d’une durée de 90 minutes chacun. Chaque cycle est constitué d’une phase de sommeil lent en première partie et d’une phase de sommeil paradoxal en seconde partie. Chacun est relié au suivant par des périodes de micro-éveils de quelques secondes. Le sommeil est précédé d’une période d’endormissement de 15 à 20 minutes.

… à celui du somnambule

Le somnambulisme est une particularité du sommeil lent, lorsqu’il devient vraiment profond. Il survient au cours des premiers cycles de la nuit, soit 1 à 3 heures après l’endormissement. Un électroencéphalogramme pratiqué lors d’un épisode peut retrouver des anomalies caractéristiques (ondes courtes). Certains spécialistes estiment que le somnambulisme serait lié à une mauvaise coordination des systèmes de veille et de sommeil.

Risque de chute surtout

Derrière cette pathologie du sommeil se cachent des risques de blessures et d’accidents, notamment des chutes (escaliers !), des chocs contre des meubles et parfois même des défenestrations et autres chutes de lieux élevés. Certaines observations, très rares heureusement, font état d’agressions sexuelles et même d’homicides !

Le reconduire dans son lit

Contrairement à une idée reçue encore trop largement répandue, un somnambule ne craint pas la mort par arrêt cardiaque lorsqu’il est réveillé, mais simplement une incompréhension ou un court accès de confusion. Mais dans certains cas, la peur peut conduire à des gestes de défense. En cas de somnambulisme, il vaut donc mieux reconduire le somnambule dans sa chambre, doucement et de façon bienveillante, le rassurer en cas d’angoisse ou de questionnement, et l’inviter à se recoucher. Il peut tout à fait oublier sa déambulation s’il ne se réveille pas pendant l’épisode. Le somnambulisme peut s’accompagner d’une somnolence pendant la journée.

Prévention

Généralement, le somnambulis­me disparaît avec la puberté. Du fait des risques de blessures par chutes ou par heurts divers, la prévention est essentielle concernant les enfants notamment. Elle consiste à fermer les escaliers, portes, et fenêtres et à écarter ou sécuriser tout ce qui pourrait blesser l’enfant (meubles, mise hors de portée des objets dangereux, etc.). Chez l’enfant, le réveil programmé quelques minutes avant l’heure supposée de l’épisode somnambulique peut contribuer à faire disparaître les accès. Chez l’adulte somnambule, la dimension anxieuse, assez fréquente, doit être prise en compte dans l’accompagnement du patient. Enfin, on doit également adopter une bonne hygiène de vie avec le respect du rythme de sommeil et la suppression de l’alcool. L’approche des troubles du sommeil par l’hypnose est une voie à explorer. Ce n’est que lorsque le trouble est permanent, ou dangereux pour la personne, qu’on peut éventuellement envisager un traitement médicamenteux.

Facteurs de risque

Plusieurs circonstances exposent aux épisodes somnambuliques :
Épilepsie
Sport intense dans la journée
Manque de sommeil
Stress
Émotions fortes
Énurésie (pipi au lit), très fréquente
Anxiété
Maux de tête et céphalées
Consommation d’alcool excessive
Certains traitements médicamenteux (psychotropes).

* En se référant au latin, on constate que somnambuler signifie littéralement se promener (ambulare) pendant le sommeil (somnus).

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