Le Syndrome de Lasthénie de Ferjol

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L’anémie est un problème fréquent chez les femmes. Dans de rares cas, elle est le fait d’un acte volontaire destiné à appauvrir son sang en globules rouges. C’est le syndrome de Lasthénie de Ferjol.

QUAND L’ANÉMIE EST VOLONTAIRE...
Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), 5 à 20 % de la population féminine française serait concernée par une anémie. C’est donc un problème courant en médecine générale. De découverte fortuite parfois, et constatée sur un bilan sanguin prescrit pour un autre problème, l’anémie est le plus souvent suspectée, bien avant les examens biologiques, sur la constatation d’un ensemble de symptômes évocateurs, comme une pâleur, une fatigue, un essoufflement, des vertiges ou une tachycardie (accélération du rythme cardiaque).

SAIGNÉES
Dans le syndrome de Lasthénie de Ferjol (SLF), ce sont ces symptômes qui vont motiver la consultation de la patiente auprès du médecin traitant. Sans surprise, un premier bilan retrouve l’existence d’une baisse de la quantité d’hémoglobine. Problème, cette anémie est volontaire et obtenue par des spoliations sanguines subreptices, autrement dit par des saignées cachées. Cette anémie inhabituelle et inexplicable entraîne une débauche d’examens complémentaires et la perplexité du médecin généraliste qui se résout bien souvent à l’hospitalisation pour y voir plus clair.

HÉROÏNE DE ROMAN
Décrit en 1967 par le Pr Jean Bernard, hématologue et l’un des plus grands médecins français, membre notamment de l’académie française et président de l’académie des sciences, le SLF demeure encore largement méconnu par la communauté médicale et reste donc probablement sous-diagnostiqué. Ce syndrome tire son nom de l’héroïne du roman de Barbey d’Aurevilly, « Une histoire sans nom ». Roman dans lequel la jeune Lasthénie de Ferjol, âgée de 17 ans (rien à voir donc avec l’asthénie, l’appellation médicale de la fatigue), se perce le cœur à l’aide d’aiguilles, jusqu’à en mourir par épuisement lié à l’anémie. Intrigué par le destin de cette héroïne, Jean Bernard fit le lien avec de nombreux dossiers de patientes dont l’anémie était restée sans explication.

HÉMOGLOBINE
Rappelons que l’anémie correspond à une baisse de la quantité d’hémoglobine sanguine, inférieure à 12 g/100 ml chez la femme et 13 chez l’homme, des chiffres qui peuvent varier d’un laboratoire à l’autre, selon la technique de dosage utilisée. L’hémoglobine est ce pigment de couleur rouge qui apporte l’oxygène dans les différents tissus de l’organisme. Par raccourci, on parle souvent d’anémie lorsqu’on constate un manque de globules rouges.

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