Les implants dentaires

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Chaque année, on en pose 120 000 en France. Ce chiffre grimpe même à 420 000 en Allemagne, où la technique est remboursée. De quoi s’agit-il ? Des implants dentaires.

Pour en savoir un peu plus sur ces racines artificielles que l’on visse directement dans l’os de la mâchoire, nous avons interrogé Estelle Vereeck, auteure du Pratikadent, dictionnaire holistique des soins dentaires et de la biocompatibilité des matériaux.

Qu’est-ce qu’un implant et dans quelles situations a-t-on intérêt à faire appel à cette technique ?
C’est une fausse racine implantée à la place d’une dent absente (disparue ou manquante) et destinée à supporter un élément prothétique. Il serait plus juste de parler d’implant partiel puisqu’une partie seulement du dispositif est enfouie, l’autre partie émerge hors de la gencive pour supporter la couronne ou la prothèse. L’implant évite de dévitaliser et donc de mutiler les dents voisines comme c’est le cas avec un bridge. L’indication de choix est le remplacement d’une dent manquante isolée, perdue accidentellement ou ne s’étant pas formée (agénésie). On y recourt également lorsque l’on veut stabiliser une prothèse complète du bas.

Quelles sont les contre-indications à la pose d’implants ?
Localement, le manque d’hygiène contre-indique formellement la pose d’implants.
Au plan général, parmi les nombreuses contre-indications, citons un diabète non équilibré ou un tabagisme important (au-delà de quinze cigarettes par jour le taux d’échec est triplé). Un tabagisme modéré (moins de quinze cigarettes par jour) est une contre-indication relative, de même que l’habitude de grincer des dents, de les serrer.
Mentionnons également les antécédents de déchaussement, si les facteurs de la maladie n’ont pas été traités.

Quels sont les risques de l’opération, tant au niveau du maxillaire supérieur que du maxillaire inférieur ?
Au maxillaire inférieur, le risque majeur est de léser le nerf dentaire, responsable de l’innervation des dents du bas. L’atteinte la plus invalidante est l’anesthésie prolongée, voire définitive, de la lèvre inférieure. Une lésion partielle du nerf se traduit par des fourmillements, des névralgies, parfois une exacerbation de la sensation de contact qui devient douloureuse.
Au maxillaire supérieur, l’implant peut passer à travers l’os et causer l’effraction du sinus maxillaire ou des fosses nasales.

Le titane est le matériau le plus utilisé pour la fabrication des implants. On en vante l’excellente biocompatibilité, mais le Pr  Skejdahl affirme que 4 % des patients testés par le protocole Melisa se révèlent allergiques ou intolérants au titane. Quels peuvent être les signes cliniques d’une allergie ou intolérance au titane ?
Localement, apparaissent des phénomènes inflammatoires (péri-implantite), des douleurs et la mobilité de l’implant conduisant à son rejet.
Sur le plan général, peuvent apparaître de nouvelles allergies (aliments, matériaux, produits divers), mais également des symptômes divers : éruptions cutanées, douleurs musculaires, syndrome de fatigue chronique, voire maladie auto-immune. Ajoutons que la coexistence du titane avec d’autres métaux cause des phénomènes d’électrogalvanisme, qui peuvent perturber le système énergétique.

Que pensez-vous de la vogue du tourisme médical en matière d’implantologie, autrement dit de cette tentation d’aller se faire poser implants et prothèses à l’étranger (Maroc, Tunisie, Roumanie, Hongrie...) à des tarifs défiant toute concurrence ?
Estelle Vereeck : Ce ne sont ni la qualité des équipements ni la compétence des praticiens exerçant dans les structures ultra-équipées spécialisées dans le tourisme dentaire qui posent problème, mais le temps limité imparti aux soins. Il est très risqué d’entreprendre des travaux aussi longs et complexes à l’étranger, sachant qu’en cas de problème (intolérance, douleurs, fracture de la prothèse provisoire), le praticien qui a posé l’implant se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de chez soi.

Le patient a-t-il intérêt à conserver les références des implants posés ?
Estelle Vereeck : Oui, bien évidemment. Le dentiste doit lui remettre une fiche de traçabilité spécifiant le type d’implant posé ainsi que la composition exacte du matériau.

EN SAVOIR PLUS
Sur la question des implants, des greffes osseuses, de la biocompatibilité des matériaux : Pratikadent, d’Estelle Vereeck aux éditions Luigi Castelli.

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