Maladie d’Alzheimer : les corps cétoniques, nouvel espoir thérapeutique ?

Rubrique

Corps cétoniques : la solution du médicament et la solution de l’alicament.

MÉDICAMENT
Puisque l’objectif est de fournir des corps cétoniques en abondance au cerveau malade, la solution la plus simple ne serait-elle pas de lui en apporter directement sous forme d’esters cétoniques (corps cétoniques de synthèse) ?
En 2013, une étude réalisée sur des souris Alzheimer a donné des résultats prometteurs (amélioration des fonctions cognitives et diminution des niveaux de protéines bêta-amyloïde et Tau). Et chez l’Homme ? Au début de cette année, le Dr Mary Newport a publié une étude de cas dans le cadre de laquelle on a administré à un patient diagnostiqué Alzheimer un ester cétonique pendant 20 mois. Le traitement, bien toléré, a conduit à une amélioration de l’humeur et des capacités cognitives chez ce patient atteint d’une forme légère à modérée de la maladie. Très encourageant pour ce qui n’est même pas encore un candidat médicament (les recherches en sont au début).

ALICAMENT
La seconde solution consiste à fournir à l’organisme une « matière première » d’origine alimentaire directement transformable en corps cétoniques, en l’occurrence des triglycérides à chaîne moyenne (TCM).
Plus de 90 % des graisses alimentaires et des graisses de notre organisme sont des triglycérides. Tous ces triglycérides sont composés de différents acides gras que l’on distingue essentiellement en fonction de leur chaîne carbonée et de leur degré d’insaturation :
- Les acides gras à chaîne courte sont surtout issus de la fermentation des fibres dans le côlon.
- Les triglycérides à chaîne longue sont omniprésents dans l’alimentation (graisses animales, beurre, huiles végétales).
- Les triglycérides à chaîne moyenne : l’huile de noix de coco en constitue de très loin la meilleure source, mais on en retrouve aussi à des niveaux moindres dans la graisse du lait entier, ainsi que dans le beurre. Le lait maternel est également bien pourvu en TCM.

Les triglycérides à chaîne moyenne ne sont pas stockés mais directement transformés en corps cétoniques rapidement utilisables par le cerveau. De plus, ils sont très faciles à digérer, au point qu’ils conviennent aux personnes souffrant de mal­absorption des graisses !
L’huile de coco est composée à 70 % d’acides gras à chaîne moyenne, le plus présent étant l’acide laurique. Il représente à lui seul la moitié des acides gras de l’huile de coco ! Loin derrière, on trouve l’acide caprique (10 %) et l’acide caprylique (8 %). Ces trois acides gras possèdent des propriétés antimicrobiennes.

C’EST LA DOSE QUI FAIT LE REMÈDE
Comme les médicaments anti-Alzheimer actuellement à disposition ne brillent pas par leur efficacité, il n’y a vraiment rien à perdre à essayer l’huile de coco, sauf qu’une question éminemment pratique se pose aussitôt : combien doit-on en consommer au quotidien pour espérer un bénéfice thérapeutique durable ?

En 2008, peu de temps avant de commencer à donner de l’huile de coco à son mari, le Dr Newport avait pris connaissance des résultats d’une étude clinique de qualité dont l’objectif était d’évaluer l’efficacité d’un produit hautement concentré en TCM – plus précisément en acide caprylique – chez environ 150 patients atteints d’une forme légère à modérée de la maladie d’Alzheimer. Le produit utilisé était l’AC-1202, commercialisé aux États-Unis par la société Accera sous le nom d’Axona®.
Au bout de 3 mois et demi, on avait constaté une légère amélioration des performances cognitives du groupe TCM, tandis que celles du groupe placebo avaient continué à décliner. La différence de résultats entre les deux groupes était encore plus importante quand on se limitait à comparer ceux dont l’observance du traitement avait été la meilleure (prise du produit actif ou du placebo plus de 80 % du temps). Au final, dans le groupe TCM, le traitement avait permis de stabiliser l’état de 42 patients et d’améliorer celui de 25 autres, dont 12 de façon modeste et 13 de façon significative.
Le Dr Newport nota que l’on avait donné 20 g de TCM par jour dans le cadre de cette étude. À partir de là, elle évalua la dose d’huile de coco nécessaire pour fournir ces 20 g de TCM, et il s’avéra qu’il en fallait 35 ml - ce qui correspond à 7 cuillerées à café rases ou un peu plus de 2 cuillerées à soupe rases. Bon à savoir : 35 ml d’huile de coco équivaut à 32 g.
Pour vous assurer de consommer quotidiennement la quantité requise d’huile de coco, n’hésitez pas à recourir à une balance électronique : chaque matin, posez un récipient sur la balance, appuyez sur le bouton « Tare », puis versez au moins 32 g d’huile de coco dans le récipient. À vous de vous adapter en fonction de la consistance de l’huile de coco, qui peut se présenter sous forme solide ou liquide selon la température ambiante (elle se liquéfie à partir de 25 °C).

HUILE DE COCO OU COMPLÉMENT NUTRITIONNEL ?
Tout le monde n’aime pas passer du temps à cuisiner, encore moins les personnes âgées vivant seules chez elles. De plus, quand la maladie est déjà là, avec ses conséquences en termes de perte d’autonomie, les aidants familiaux ne disposent pas toujours du temps nécessaire ou ne souhaitent tout simplement pas passer des heures à confectionner des menus assurant à leur proche malade un apport journalier suffisant en huile de coco.
Considérant cette situation, on ne peut nier le côté très pratique des compléments nutritionnels à base de TCM, à l’image du produit américain Axona®, qui se présente sous la forme de sachets de poudre à diluer dans un liquide en fin de repas. Un produit de ce type s’apprête à être lancé pour la première fois en France. Peut-être même sera-t-il déjà disponible quand vous lirez ces lignes.

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