Marianne Ghirardi

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Sa belle santé de fond, elle l’entretient par le rire, l’humour et l’application d’une maxime assez généraliste : « Le bonheur, c’est puissant et interactif. Quand votre entourage est heureux, vous l’êtes, et réciproquement. Et donc, c.q.f.d., il faut s’employer à chaque minute au bonheur de tous, y compris au sien ! »

MARIANNE GHIRARDI
Elle est l’auteur de la préface de l’ouvrage de son amie Anne Matalon, Chimiofolies. Présente à ses côtés à chaque étape de la maladie, elle fait partie des amies qui ont permis à l’embarcation d’Anne de ne pas quitter le rivage dans la tempête de la chimiothérapie : « Un jour, je réalise qu’il suffit que quelqu’un soit là, dans ma chambre, dans la grande pièce, dans la cuisine, pour que la barque, toute maltraitée qu’elle continue d’être, demeure près du rivage, arrimée par une corde épaisse. » Marianne Ghirardi a également écrit un recueil de nouvelles qui mériterait d’être sur toutes les bonnes tables de nuit : Dans le bleu. Si vous aimez les nouvelles, franchement, je vous le conseille !

Parce que je la connais depuis longtemps et que je l’ai toujours vue souriante et en forme, optimiste, et que je l’aime beaucoup, je lui ai demandé de nous confier les secrets de cette sérénité qui ne semble jamais la quitter.

À BIENTÔT 70 ANS, MARIANNE N'A JAMAIS ÉTÉ GRAVEMENT MALADE
Elle se demandait donc ce qu’elle allait bien pouvoir répondre à mes questions sur ses secrets de santé. Et puis, de fil en aiguille, elle remonte aux origines... Après tout, la santé aussi, comme la maladie, doit pouvoir s’expliquer.

Ma belle santé, je crois que je la dois à mon père. D’abord parce qu’il m’a légué sa robuste constitution, merci Papa. Ensuite, à cause de sa politique de santé familiale. Il avait une telle horreur de la maladie que nous, les enfants, n’étions pas autorisés à être malades. Nous n’avons jamais manqué l’école, ça c’était plus important que tout. En cas d’angine, il nous badigeonnait le gosier au bleu de méthylène, opération parfaitement dissuasive, puis il nous mettait une compresse à la farine de moutarde qui nous brûlait toute la nuit. Au matin, on avait le cou tout rouge, mais on était guéris ! Et allez ouste, tu te lèves et tu files à l’école ! Il faut reconnaître qu’elle était efficace, sa stratégie, même si elle a failli me tuer — quand j’ai eu mon appendicite à onze ans, c’était à un mois des vacances d’été, pas question de rater quatre semaines de cours, mon père m’a pris rendez-vous pour l’opération... le premier jour des vacances. Le chirurgien est venu lui dire après, indigné : « Un jour de plus et c’était la péritonite ! ».

Donc, la maladie ne m’ayant jamais rien « rapporté » dans mon jeune âge, je n’y ai pas pris goût. À part les règles migraineuses et une tendance au rhume des foins (héritage maternel), je n’ai jamais rien eu de grave jusqu’à présent, je touche du bois, mais, à 70 ans, c’est déjà pas si mal. Parfois, quand je vois les parents aimants et angoissés faire tout un drame du moindre petit bobo de leur mouflet, je rends grâce à mon père, finalement : il m’a évité l’hypocondrie ! Je n’ai pas peur d’être malade parce que je n’y pense pas. Bon, si on m’en parle, évidemment... Avec Anne, on baignait constamment dans ce cancer contre lequel elle a lutté vaillamment pendant quatorze ans, mais justement, j’étais son soutien le plus constant, son rempart, elle avait besoin de moi, il était hors de question que je tombe malade à mon tour ! »

À LIRE :
Une ambiance de légèreté et d’humour baigne ce recueil même dans les récits les plus graves !
Dans le bleu, Marianne Ghirardi, éditions Chalut-Mots, 16 €

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