Moins de cuivre au jardin !

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Voici, à l’heure des résolutions de début d’année, un bel objectif à se fixer et surtout à atteindre. Voyons pourquoi et comment il est urgent de réduire les entrées de cuivre dans l’écosystème jardin.

Le cuivre et le soufre sont les produits phytosanitaires les plus anciennement utilisés. Au XIXe siècle, c’est un botaniste français, A. Millardet, qui repère de façon tout à fait fortuite l’efficacité des sels de cuivre contre le mildiou de la vigne ; il constate aussi les effets toxiques de cette forme de cuivre sur la plante. Très vite, il expérimente un mélange de sulfate de cuivre et de chaux qui se révèle efficace contre la maladie et non phytotoxique (1). Il vient de créer la bouillie bordelaise !

LE CUIVRE : EFFICACE, MAIS À UTILISER AVEC MODÉRATION
Le cuivre fait partie depuis longtemps de la panoplie du jardinier amateur et de celle des professionnels ; son efficacité contre les maladies fongiques et ses propriétés bactériostatiques expliquent son utilisation importante et régulière. Or, avec le recul, il est apparu depuis une vingtaine d’années que les accumulations de cet élément chimique dans les écosystèmes étaient dommageables.
Le mode d’action du cuivre détermine à la fois son efficacité et les risques associés ; c’est l’ion cuivreux (Cu++) qui est actif contre les champignons et les bactéries : lorsqu’il est libéré dans l’eau, il se combine aux groupements chimiques des protéines cellulaires des pathogènes. Ceci perturbe plusieurs fonctions métaboliques à la fois (la respiration et les échanges membranaires chez le mildiou, par exemple) et empêche « l’adaptation » du pathogène par l’apparition de mécanismes de résistance.

LES EFFETS INDÉSIRABLES DU CUIVRE AU JARDIN
Ils sont de deux types, les premiers concernent les plantes et ne sont donc pas durables ; les seconds concernent les sols et les milieux aquatiques, ils ont un impact durable et constituent une réelle perturbation écologique.
Les effets sur les plantes
Il ne s’agit pas de phytotoxicité à proprement parler, mais d’effets divers qui apparaissent sur certains végétaux ; bien sûr, les doses et leurs conditions d’application sont à prendre en compte.

Zoom sur les risques écologiques
Le cuivre n’étant pas absorbé par les plantes, il ne subit aucune transformation métabolique et est donc tout simplement lessivé par la pluie ou l’arrosage. Il rejoint les milieux aquatiques où sa toxicité pour les poissons est avérée.
Le cuivre est un métal lourd non biodégradable qui a la particularité de se lier fortement à l’argile et à la matière organique qui sert d’alimentation à la faune du sol ; petit à petit, il s’accumule dans le sol (jusqu’à 100 fois la quantité naturellement présente). On constate une diminution du nombre de vers de terre et une réduction du nombre d’espèces, ce qui a une conséquence directe sur l’évolution de la matière organique des sols et leur structure. Il en va de même pour les bactéries et champignons du sol, ce qui perturbe le fonctionnement biochimique : diminution du pH, réduction de la biodisponibilité de certains éléments minéraux, augmentation de la mobilité d’autres éléments minéraux avec risques de lessivage important et répercussions sur la croissance des végétaux. Les mycorhizes sont parfois fortement touchées, or ces champignons symbiotes de végétaux permettent à ces derniers une absorption des éléments minéraux du sol, c’est le cas de nombreux arbres fruitiers, ornementaux et forestiers. Leur croissance est alors réduite.

(1) Phytotoxique : toxique pour les végétaux.

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