L'auscultation pulmonaire

Quoi de plus banal que l’auscultation des poumons lors d’une visite chez le médecin ? Et pourtant, derrière la simplicité de cet examen se cache un formidable moyen de diagnostic de nombreuses pathologies respiratoires.

La transmission des bruits pulmonaires respiratoires via la paroi osseuse costale jusqu’au stéthoscope, puis leur interprétation, permet de diagnostiquer de nombreuses pathologies, qu’il reste ensuite à affirmer par des examens complémentaires plus sophistiqués (radiographie, scintigraphie, scanner, fibroscopie etc.).

LES CONDITIONS D’UNE BONNE AUSCULTATION…
Pour bien ausculter les poumons, le patient doit être assis ou debout, le dos et la tête bien droits, la respiration se faisant bouche grande ouverte.

… ET LES COMMENTAIRES DU MÉDECIN
Bien entendu, seul le médecin peut interpréter ce qu’il entend. Pour autant, il délivre souvent ses constatations auscultatoires pendant ou juste après l’examen, telles que « j’entends des crépitants », « vos poumons sifflent » ou « ça ronfle partout ! ». D’où l’intérêt de mieux connaître la signification des bruits pulmonaires.

QUAND ÇA MURMURE
À l’état normal, c’est-à-dire en l’absence de pathologies, le médecin entend le « murmure vésiculaire », un bruit très doux, moelleux, assez lointain, pendant toute l’inspiration et ce, sur les deux poumons.
S’il est aboli ou nettement diminué dans tout ou partie des poumons, le murmure vésiculaire peut trahir l’existence :
⇒ d’un emphysème (distension pulmonaire),
⇒ d’un épanchement dans la plèvre, le bruit étant interrompu par l’accumulation de liquide (pleurésie) ou d’air (pneumothorax),
⇒ d’un poumon manquant, après thoracotomie

QUAND ÇA RONFLE…
Les médecins parlent de « ronchus ». Ces ronflements présents à l’inspiration comme à l’expiration trahissent souvent l’existence d’une bronchite et plus exactement
d’accumulation de sécrétions dans les bronches.

QUAND ÇA FROTTE…
Assez superficiels sous la peau, ces petits bruits secs et rugueux qui s’apparentent souvent à un froissement de papier ou à du cuir neuf sont liés à un début de pleurésie
(inflammation de la plèvre) avant que l’accumulation de liquide ne vienne les faire disparaître.

QUAND ÇA CRÉPITE…
Les crépitants pulmonaires, appelés également « râles crépitants », correspondent à des crépitations survenant pendant l’inspiration. Ils sont souvent essentiels dans le diagnostic de l’oedème du poumon ou de la fibrose pulmonaire (l’ensemble des poumons est concerné) ou de la pneumonie (zone limitée).

QUAND ÇA SIFFLE…
Lorsqu’ils sont diffus et bilatéraux, les sifflements expiratoires sont typiques de l’asthme et sont bien souvent perçus à l’oreille.

L'intégralité de l'article du Dr Gloaguen dans Rebelle-Santé n° 152 (épuisé).

n° 152 (épuisé)

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