Panaris mettez l'infection à l'index

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Qui n’a jamais souffert d’une boule de pus au coin d’un ongle ou sur la pulpe d’un doigt après une petite plaie ?

Il suffit d’une simple écharde au bout d’un doigt en bricolant ou de l’arrachage d’une petite peau morte autour d’un ongle pour souffrir d’un panaris, autrement dit d’une petite infection douloureuse de la pulpe d’un doigt (ou d’un orteil) qui se manifeste par une rougeur suivie d’une petite collection de pus. C’est le panaris, qu’on appelle également tourniole ou « mal blanc ». L’infection se produit à une profondeur variable dans l’épaisseur de la peau (panaris cutané) ou sous la peau (panaris sous-cutané). Il correspond à l’entrée de germes dans la peau favorisée par une plaie du doigt. Certaines situations ou pathologies exposent plus particulièrement aux panaris, comme l’alcoolisme, la dépression immunitaire, le diabète (qui favorise les infections cutanées) et les traitements par corticoïdes.

QUAND LES STAPHYLOCOQUES ATTAQUENT

Les staphylocoques dorés, de sombre réputation en matière de maladies nosocomiales, sont les germes les plus fréquemment rencontrés dans les panaris (70 % des cas). La raison est simple : ils sont présents naturellement sur la peau et dans le nez. Mettre un doigt blessé dans son nez est une excellente manière de souffrir d’un panaris ! Mais les staphylocoques dorés ne sont pas les seuls responsables. On retrouve également les streptocoques (10 %) et les entérobactéries. En d’autres termes, tout dépend de l’origine de la plaie et des contacts entre le doigt et l’environnement (voir encadré). L’identification du germe exact est donc importante dans ces cas-là, car elle conditionne la prescription de l’antibiotique adéquat.

UNE ÉVOLUTION EN DEUX TEMPS

Le panaris évolue toujours en deux étapes. L’infection se manifeste d’abord par une rougeur douloureuse, semblable à une brûlure, dans les jours qui suivent la plaie. La peau apparaît tendue et chaude. Puis dans les 48 heures, une poche de pus (abcès) se forme à l’endroit de la plaie et apparaît un petit bouton blanc, jaune ou vert, extrêmement douloureux à la palpation : les douleurs sont lancinantes et pulsatiles (car rythmées par le pouls artériel) et peuvent parfois empêcher le sommeil. Rappelons que le pus correspond à un amas de germes, de globules blancs et d’autres débris cellulaires. C’est à ce stade, et non à celui de rougeur, qu’une incision de l’abcès s’avère nécessaire. Un geste qui soulage immédiatement les douleurs et évite les complications.

DE LA FORME BÉNIGNE…

Au stade de la rougeur, il n’y a rien d’autre à faire que de tenter de freiner l’apparition de la collection de pus, et donc, d’essayer de détruire les germes : tremper son doigt plusieurs fois par jour dans une solution antiseptique type Hexomédine, Dakin ou Bétadine peut être suffisant. Mais le traitement doit être précoce, dès les premières heures qui suivent l’apparition de la rougeur. En cas d’inflammation intense, l’immobilisation du doigt par une attelle permet de soulager les douleurs et d’éviter les contacts douloureux.

… AUX COMPLICATIONS SÉVÈRES

En revanche, au stade de la collection de pus, la solution antiseptique n’est plus suffisante. Il faut, d’une part, inciser l’abcès et, d’autre part, prendre des antibiotiques adaptés au germe suspecté, staphylocoque le plus souvent. À défaut, les germes risquent de diffuser en profondeur de façon sournoise, infectant les gaines des tendons (phlegmon), mais aussi les articulations (arthrite), les os (ostéite) et le réseau lymphatique (lymphangite et ganglions). Une fièvre et des frissons font craindre le début d’une septicémie ou d’une lymphangite. Une difficulté à fléchir le doigt oriente vers un phlegmon. Enfin, une suppuration chronique peut indiquer l’existence d’une ostéite. Outre la prescription systématique d’antibiotiques en cas d’infection des gaines, de l’articulation ou de l’os, de telles complications peuvent nécessiter un acte chirurgical spécifique.

QUAND L’INCISION S’IMPOSE

Comme on l’a vu, la collection de pus doit être éliminée par une incision :
> En cas de panaris autour de l’ongle, banal et bénin, il suffit simplement de décoller la peau de l’ongle avec le bout d’une aiguille stérilisée (alcool ou flamme) et de presser délicatement sur la poche pour évacuer tout le pus. Une simple désinfection antiseptique est nécessaire dans les jours qui suivent. Les antibiotiques ne sont pas systématiques.
> En cas de panaris important ou évolué, avec un doigt très enflé, très rouge ou douloureux, le recours au médecin (généraliste, chirurgien, urgentiste…) est nécessaire pour une incision « dans les règles de l’art ». Les antibiotiques sont indispensables, de même qu’un prélèvement de pus le cas échéant (panaris d’origine professionnelle).

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