Personnes âgées : attention aux chutes !

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Âge avancé, troubles de l’équilibre, vue incertaine ou encore troubles cognitifs… les raisons de tomber ne manquent pas à partir de 65 ans.

En matière de chute, l’âge est en soi un facteur de risque. Plus on vieillit, plus les risques augmentent de façon mécanique. Mais, plus que l’âge, c’est surtout l’état de santé qui joue un rôle important et notamment la perte d’autonomie, mais aussi l’appartenance sexuelle puisque les femmes font deux fois plus de chutes que les hommes.
Autre facteur de risque, la prise de médicaments, en particulier les tranquillisants et les somnifères, mais aussi les diurétiques, les psychotropes ou encore les antiarythmiques cardiaques. Prendre 4 médicaments ou plus au long cours augmente les risques nocturnes. Enfin, une force musculaire insuffisante avec des muscles antérieurs atrophiés au niveau des cuisses (quadriceps), soit du fait d’une dénutrition (faible apport protéique alimentaire) ou d’une sédentarité importante (peu d’activité physique au quotidien, alitement fréquent…) et bien entendu des troubles de l’équilibre exposent de façon accrue aux chutes.

QUI A CHUTÉ… CHUTERA !

Les statistiques sont sans appel : avoir déjà chuté ne serait-ce qu’une fois multiplie par 20 le risque ultérieur de chute, d’où l’intérêt d’éviter la chute inaugurale, d’autant qu’une chute s’accompagnant d’une fracture multiplie par 4 le risque de fracture ultérieure (par chute) ! La raison de cette propension nouvelle aux chutes est simple : après une chute, la personne âgée développe un « syndrome post-chute » : elle a tendance à basculer en arrière, à voir se développer des troubles de la marche et une désorganisation psychomotrice. Autant d’éléments qui vont réduire sa confiance en elle et diminuer son temps passé à marcher ou à sortir de chez elle. Un cercle vicieux s’engage, car marcher moins, c’est aussi perdre de la force musculaire au niveau des cuisses et ses réflexes d’équilibre.

LES CONSÉQUENCES

À un âge où l’ostéoporose est présente, les risques de fractures sont majeurs après une chute. Les fractures du col du fémur et du poignet (fracture dite de « Pouteau-Colles ») dominent. Rappelons qu’une fracture du col du fémur s’accompagne d’un risque de mortalité plus élevé dans les 10 ans qui suivent la chute, du fait notamment des risques d’alitement et de devenir grabataire.

CONSULTER SON MÉDECIN

Il ne faut pas hésiter à consulter un médecin en cas de facteur de risque de chute, a fortiori nombreux. En effet, le médecin pourra dépister d’éventuels troubles visuels et tester l’équilibre et la mobilité au moyen d’un test (« Timed Up and Go test »). Il recherchera aussi une possible dénutrition protéique à l’origine d’une faiblesse au niveau des membres inférieurs.

SÉCURISATION DU DOMICILE

Plusieurs mesures permettent de diminuer significativement le nombre de chutes, notamment nocturnes :
> Prévoir la chambre au même étage que les toilettes. Les escaliers représentent 8 % des chutes.
> Équiper les couloirs et la chambre de lampes à détecteur de mouvements. L’éclairage instantané permet d’éviter les obstacles
> Supprimer moquettes et autres descentes de lit glissantes. Un revêtement de sol inadapté représente 34 % des chutes et la sortie du lit, 6 % !
> Marcher pieds nus dans la mesure du possible.
> S’équiper d’un déambulateur ou d’une canne.
> Équiper la baignoire d’un tapis antidérapant et d’une barre d’appui.
> Prévoir un système d’alarme en cas de chute. D’après une étude récente pratiquée chez les plus de 90 ans, 80 % des personnes ayant fait une chute ont été incapables au moins une fois de se relever.

ACTIVITÉ PHYSIQUE ET ALIMENTATION FONT LA DIFFÉRENCE

Une activité physique pratiquée au quotidien, même modérée, comme la marche, le ménage ou le jardinage, qui vont renforcer la force des cuisses et des jambes, et/ou un travail de l’équilibre* permettent de diminuer les risques de chute. Enfin, il faut manger suffisamment de protéines pour renforcer sa masse musculaire (œuf, viandes, volailles, fromage blanc…) et des aliments riches en calcium pour bien minéraliser les os (légumes, fruits oléagineux…). De son côté, un apport suffisant en vitamine D (poissons gras...) permettrait de réduire de 19 % le risque de chutes, du fait de son effet direct sur le renforcement musculaire.

* Financés par l’Assurance Maladie, ces « ateliers de l’équilibre » sont organisés sur tout le territoire.

BON À SAVOIR

S’arrêter brusquement de marcher lorsqu’on parle constitue un bon signe avant-coureur de chute chez la personne âgée.

FACTEURS DE RISQUES

> La solitude ou l’isolement.
> Une mauvaise vue.
> La déshydratation qui favorise la fatigue musculaire et la somnolence.
> Des troubles de l’équilibre (insuffisance circulatoire sanguine au niveau cérébral) ou des vertiges.
> Des désordres sanguins (manque de sel ou de sucre).
> Port de chaussons. Pieds nus, l’on sent mieux le sol, les aspérités et les reliefs et on glisse moins. En outre, les chaussons à talons surélevés vont modifier le centre de gravité, source d’un déséquilibre.
> Troubles du comportement (confusion).
> Sommeil de mauvaise qualité (augmentation du risque de chute de 30 % !).
> Arthrose évoluée des genoux

STATISTIQUES

> Près du tiers des personnes âgées de plus de 65 ans et la moitié des plus de 85 ans chuteront à leur domicile cette année.
> On dénombre environ 9000 décès annuels par chute chez les plus de 65 ans.
> Les fractures représentent 41 % des lésions consécutives aux chutes (fractures du col du fémur surtout, mais aussi poignet).

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