Que faire quand votre nez saigne ?

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De la fièvre, un banal rhume, une poussée d’hypertension artérielle ou un grattage intempestif ? Il n’en faut pas beaucoup plus pour saigner du nez, car la muqueuse nasale est particulièrement exposée à l’épistaxis, autrement dit au saignement de nez.

Le saignement de nez est une situation banale à cause de la fragilité naturelle de la cloison nasale où les vaisseaux sanguins, très nombreux à cet endroit, affleurent la muqueuse. C’est la « tache vasculaire de Kisselbach ». Un rien peut la faire saigner : simple mouchage, doigt dans le nez, frottements, éternuements, traumatismes même légers. Enfin l’hypertension artérielle, la fièvre, les règles, la grossesse et la contraception orale constituent d’autres causes fréquentes d’épistaxis.

RÉCHAUFFER L’AIR

Mais pourquoi tant de vaisseaux ? Tout simplement parce qu’outre l’odorat, les cavités nasales ont également pour fonction de réchauffer l’air destiné aux poumons afin d’éviter un refroidissement interne, d’où la nécessité d’un apport constant de chaleur via les vaisseaux, les narines faisant, en somme, office de radiateur.

RAREMENT GRAVE

Bien que spectaculaire, une épistaxis n’est jamais bien grave, sauf en présence d’une pathologie de la coagulation ou pendant un traitement anticoagulant et si aucun geste médical n’est entrepris dans les temps. Rappelons que l’organisme contient quand même 5 litres de sang. Bien souvent, l’épistaxis tarit seule et ne nécessite aucune intervention médicale. Ce n’est que lorsqu’elle persiste au-delà de 10 minutes ou en cas de pathologie associée (voir encadré) qu’une consultation s’impose.

TAMPONNEMENT

Cette consultation médicale permet en effet de pratiquer un tamponnement antérieur qui consiste à introduire dans la narine un matériau (Mérocel ou équivalent) qui gonfle et comprime le vaisseau responsable. On peut également pratiquer un méchage hémostatique en « bourrant » la narine assez profondément avec une mèche de gaze imbibée d’un produit favorisant la coagulation. Reste la possibilité du tamponnement postérieur sous anesthésie locale, en passant par l’arrière-gorge, qui consiste à gonfler un ballonnet dans la narine. Dans tous les cas, au moins 48 heures sont nécessaires avant de retirer le dispositif choisi, et davantage en cas de tamponnement postérieur. Et lorsque rien n’y fait, on obtient le tarissement de l’épistaxis par cautérisation du vaisseau responsable, en brûlant de façon très ponctuelle le vaisseau à l’aide d’un instrument chirurgical, par suture de l’artère impliquée ou par embolisation (obstruction volontaire du vaisseau).

QUE FAIRE ?

En attendant le médecin ou tout simplement pour faire cesser le saignement, il faut :

> Se moucher d’abord, afin d’éliminer le caillot.
> Puis introduire une gaze humidifiée (eau très froide) dans la narine. Ne mettez jamais de coton : quand on retire le coton, on arrache le caillot qui s’y est infiltré et le saignement repart de plus belle !
> Pratiquer une compression digitale, en comprimant longuement la narine avec un doigt appliqué vigoureusement sur le côté. Plusieurs minutes peuvent être nécessaires. La compression des deux narines en même temps est souvent plus efficace sur le saignement.
> Pencher la tête en avant si le saignement persiste, afin d’éviter que le sang ne passe par l’arrière-gorge et ne soit dégluti. Pencher la tête en arrière, c’est arrêter de voir le sang s’écouler vers l’avant… mais le laisser couler par l’arrière, ce qui masque l’importance du saignement et provoque des selles noires et très malodorantes (méléna).

QUAND CONSULTER ?

> Épistaxis qui n’en finit pas.
> Hypertension artérielle connue : le saignement nasal peut être l’un des symptômes d’une poussée de tension.
> Prise d’un traitement anticoagulant ou d’aspirine.
> Récidive fréquente : un bilan sanguin s’avère utile afin de dépister une éventuelle pathologie de la coagulation (hémophilie et maladies apparentées) ainsi qu’un bilan ORL (tumeur, polype etc.).
> État de santé fragile.
> Âge avancé.

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