Le syndrome de Parsonage-Turner...

... ou quand l’épaule souffre sans raison évidente
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Tendinite, périarthrite d’épaule, nécrose ou tumeur du col de l’humérus, voire fracture ou luxation après une chute… Les raisons de souffrir d’une épaule ou de perdre sa musculature ne manquent pas au quotidien. Mais quand rien ne semble expliquer les douleurs et la fonte des muscles, pourquoi ne pas envisager l’existence d’un syndrome de Parsonage-Turner ?

Le syndrome de Parsonage-Turner (SPT) est rarement évoqué de prime abord devant une douleur de l’épaule associée à une paralysie. Pour qu’il le soit, encore faut-il connaître ce syndrome rare méconnu par la plupart des praticiens. Rare ? Pas si sûr. Le SPT est peut-être plus fréquent qu’on ne le croit, car confondu avec d’autres pathologies aux symptômes similaires. Pour autant, la fréquence exacte de cette pathologie n’est pas vraiment connue, avec moins d’un millier de cas mondiaux publiés depuis sa description. Quoi qu’il en soit, cette pathologie neurologique, décrite en 1948 puis en 1957 par les deux neurologues britanniques (étude sur des soldats britanniques) qui lui ont donné son nom, mérite d’être connue et prise en charge précocement afin de laisser toutes ses chances à l’articulation.

L’homme surtout

Pour une raison encore indéterminée, le SPT touche surtout les hommes (trois hommes pour une femme) entre 20 et 40 ans et concerne l’une ou plus rarement les deux épaules, simultanément ou successivement. L’atteinte siège le plus souvent à droite, même chez les gauchers. Les récidives sont exceptionnelles.

Des douleurs…

Le SPT se manifeste d’abord par des douleurs inexpliquées semblables à un broiement ou à une brûlure. Soudaines et intenses, elles affectent l’épaule, le bras, l’avant-bras et irradient parfois dans le cou. La mobilisation de l’articulation et les efforts de toux les accentuent.
Les douleurs cèdent en une quinzaine de jours. Secondairement vont apparaître une paralysie (difficulté à bouger l’épaule ou le bras) puis une amyotrophie sévère, autrement dit une fonte musculaire des muscles de l’épaule et parfois du bras, qui s’accompagne de troubles de la sensibilité superficielle.

… précédant la fonte musculaire

Rappelons que si l’innervation est indispensable à la commande musculaire et donc au mouvement (on parle de nerfs « moteurs »), elle permet également au muscle de conserver sa masse. En d’autres termes, l’atteinte nerveuse qui se traduit par une paralysie du muscle innervé s’accompagne également d’une fonte de celui-ci. On parle d’amyotrophie neurogène. Le SPT n’en a pas l’apanage et plusieurs affections peuvent également s’accompagner d’une perte de la masse musculaire.

Muscles concernés

• Sus-épineux
• Sous-épineux
• Grand dentelé
• Deltoïde
• Biceps
• Trapèze
• Triceps.

Plexus brachial

L’innervation de l’épaule et du membre supérieur s’effectue par le biais du plexus brachial, un paquet de nerfs issus de la moelle épinière cervicale et plus particulièrement des 4 dernières racines nerveuses (C5, C6, C7 et C8) ainsi que du 1er nerf dorsal. Le plexus brachial est constitué de trois troncs principaux (supérieur, moyen et inférieur) et passe sous la clavicule, juste au-dessus de la première côte, puis se dirige ensuite vers le haut de l’épaule et du bras. Dans le SPT, il semble que l’atteinte concernerait plutôt les racines nerveuses C5 et C6.

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