Pour tout savoir sur la péridurale

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Moindres douleurs lors de l’accouchement tout en conservant les sensations uniques d’un moment magique… Tels sont les bienfaits incomparables de l’anesthésie péridurale qui précède la grande majorité des accouchements. Mais pour autant, la péridurale fait encore peur. À tort, car la péridurale est un acte sûr lorsqu’elle est pratiquée par un médecin aguerri.

Il est désormais loin le temps où les femmes devaient accoucher dans la douleur pour obéir aux textes sacrés de l’Église. L’anesthésie péridurale a radicalement transformé l’accouchement et s’est banalisée pour le plus grand confort des femmes. Cette technique d’anesthésie permet d’accoucher en toute sécurité et sérénité (la paralysie tant redoutée est rarissime), tout en gardant les sensations uniques de la naissance de son bébé et notamment les contractions qui vont permettre à la mère de pousser, mais sans les douleurs.

Bien choisir son établissement

La péridurale est une technique suffisamment efficace puisqu’on peut même accoucher par césarienne sous péridurale ! La péridurale demeure une question de choix personnel. En clair, elle n’est ni imposée ni obligatoire. Pour autant, l’établissement choisi pour accoucher n’est pas toujours en mesure de l’effectuer 24 H/24. Une bonne raison pour se renseigner avant l’hospitalisation.

La bonne dilatation du col

La péridurale peut être pratiquée lorsque le col est dilaté autour de 3 à 4 cm. Pour autant, en cas de dilatation lente du col, la péridurale permet de le relâcher et de favoriser le travail, synonyme d’une meilleure récupération après l’accouchement.

Une anesthésie du bassin…

Le principe de la péridurale est simple : il consiste à anesthésier, de façon sélective, le bassin et l’abdomen à l’aide d’une substance anesthésique injectée dans l’espace péridural, autrement dit entre l’os et la méninge externe appelée dure-mère, au pourtour de la moelle épinière, à l’aide d’une seringue pourvue d’une aiguille introduite entre la 3e et la 4e vertèbre lombaire. L’aiguille, qui est dotée d’un cathéter (tube flexible de petit diamètre), n’est donc jamais au contact de la moelle épinière. Le cathéter, flexible, va permettre à la maman de bouger sans risque. Une pompe reliée au cathéter et délivrant la substance anesthésique permet d’obtenir une anesthésie durable le temps de l’accouchement. Les nerfs qui véhiculent les sensations de douleur et qui passent à proximité sont donc insensibilisés. Il peut arriver que l’insensibilité soit totale et que l’envie de pousser soit diminuée. La péridurale commence à faire effet 10 à 20 minutes après l’injection du produit.

… sans risque pour l'enfant

Rappelons que le produit, lorsqu’il est injecté en dose suffisante au pourtour de la moelle épinière, ne passe quasiment pas dans le sang maternel. Il ne menace donc pas le bébé.

La péridurale pas-à-pas

1. La péridurale est effectuée en position assise, dos rond, ou allongée sur le côté, en « chien de fusil ».
2. Le praticien désinfecte la peau.
3. Il pratique ensuite une petite anesthésie locale sur la zone concernée afin de rendre la péridurale indolore.
4. Lorsque l’anesthésie locale est obtenue, le médecin introduit l’aiguille entre la 3e et la 4e vertèbre lombaire.
5. Le praticien retire ensuite l’aiguille en laissant le cathéter en place qu’il va fixer à la peau par un pansement adhésif.
6. Puis il injecte le produit anesthésique à intervalles réguliers ou de façon continue.
7. En cas de maux de tête persistants liés à la perte de liquide céphalo-rachidien, l’anesthésiste prélève du sang veineux et l’injecte dans l’espace péridural afin de compenser la perte de liquide (technique dite du blood patch).

Effets secondaires

Les risques de piquer la moelle épinière sont très limités et temporaires. Lorsque l’anesthésie est intense, uriner peut devenir difficile, d’où la pose d’une sonde urinaire. Les effets secondaires sont passagers et consistent en des maux de tête, des frissons, des petites chutes de tension et des douleurs lombaires.

La consultation pré-anesthésique

Une consultation pré-anesthésique est obligatoire avant tout accouchement dans un établissement, qu’il y ait ou non une demande d’anesthésie péridurale. Pratiquée au 8e mois de la grossesse par un médecin-anesthésiste (pas toujours l’anesthésiste qui prendra en charge la péridurale), la consultation pré-anesthésique a pour but d’informer la patiente sur les modalités de la péridurale, d’évaluer le risque anesthésique à l’instar de toute anesthésie, et de dépister les contre-indications. Pendant la consultation, le praticien devra recueillir les antécédents médicaux de la future maman, effectuer un examen clinique à la recherche d’une contre-indication à la péridurale et prescrire un bilan sanguin (bilan de la coagulation).

Rachianesthésie

Dans cette forme particulière d’anesthésie péridurale pratiquée notamment dans les cas d’urgence (césarienne), les produits ne sont pas injectés dans l’espace péridural (il ne s’agit donc pas à proprement parler d’une anesthésie « péridurale »), mais directement dans le liquide céphalo-rachidien (LCR), au niveau de l’espace sous-arachnoïdien situé derrière la dure-mère, l’une des méninges qui tapisse l’intérieur du crâne. L’anesthésie est donc plus profonde. Rappelons que c’est dans le LCR que baigne la moelle épinière et le cerveau.

Contre-indications

• Cambrure lombaire excessive (hyperlordose)
• Malformations de la colonne vertébrale (scoliose)
• Infection cutanée ou fièvre
• Prise de médicaments anticoagulants
• Tatouage au niveau de la zone lombaire
• Maladie cardiaque
• Allergie au produit anesthésiant.

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