Premier bilan de santé de bébé

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Pour les parents, la naissance d'un enfant constitue un moment extraordinaire chargé d'émotions. Pour les médecins, en revanche, c'est une course contre la montre qui s'engage dans les premières minutes. L'enfant est-il « normal » ? Est-il en danger ? Des examens et des tests en tous genres leur permettent d'établir le premier bilan santé de Bébé.

Dans les premières minutes de vie, le nourrisson, séché et entouré d’un champ stérile, passe plus de temps entre les mains expertes des soignants que sur le ventre rassurant de sa maman. Une première rupture, frustrante pour la maman et l’enfant, mais indispensable pour la santé du nouveau-né. En effet, pour 10 % des nouveau-nés, des manœuvres de réanimation plus ou moins importantes sont nécessaires. L’enjeu de ce premier bilan santé est donc important : s’assurer que l’enfant ne présente pas une malformation susceptible d’être dangereuse dans les premières heures ou jours de vie et faire le bilan de ses fonctions vitales pour intervenir en urgence si nécessaire.

Le "score d'apgar" d'abord...

Le « score d’Apgar » (SA) ou « indice d’Apgar », du nom de Virginia Apgar, la pédiatre qui l’a mis au point, s’apparente à un véritable « contrôle technique » des fonctions vitales de l’enfant.

Effectué dans la première minute de vie de l’enfant, le SA est un indice de vitalité de l’enfant établi sur l’appréciation de 5 paramètres : le rythme cardiaque, la respiration, la coloration de la peau, le tonus musculaire et la réactivité à l’aspiration.

Chaque paramètre est coté de 0 à 2 points. Le score est renouvelé à 5 et 10 minutes après la naissance afin d’en apprécier l’évolution.

⇒ Le SA normal est égal à 10.
⇒ Entre 7 et 10, une simple oxygénation est nécessaire.
⇒ En deçà de 7, le SA est considéré comme anormal.
⇒ En deçà de 3, le bébé est en état de mort apparente.

Selon les résultats du SA, plusieurs manœuvres de réanimation peuvent être mises en route : intubation (le praticien introduit un tube creux en plastique dans la trachée de l’enfant pour lui permettre de respirer), ventilation, oxygénation, injection d’adrénaline, massage cardiaque…

... suivi de soins systématiques

Après le SA, Bébé est placé sur une table de réanimation pour d’autres tests et soins systématiques :

⇒ Prise des mensurations : taille, poids, périmètre crânien…
⇒ Prise de la température rectale. Le nouveau-né est très exposé à l’hypothermie et réclame un réchauffement rapide.
⇒ Vérification de la glycémie (taux de sucre dans le sang) en prélevant une goutte de sang au talon.
⇒ Aspiration des mucosités (accumulation de sécrétions) à l’aide d’une petite sonde introduite dans la bouche et les narines de Bébé pour désobstruer ses voies aériennes supérieures.
⇒ Recherche de l’existence d’urines attestant de la bonne vitalité des reins. Elles doivent être émises avant la 48e heure de vie.

Examen neurologique

L’examen neurologique à la naissance est systématique. Le praticien doit analyser différentes aptitudes neurologiques et notamment l’existence des réflexes dits « archaïques », comme la possibilité pour le nouveau-né de marcher automatiquement dans le vide, le réflexe d’agrippement des doigts du praticien ou « grasping », le redressement sur les jambes lorsque Bébé est en position verticale et enfin la recherche du réflexe de Moro, autrement dit des mouvements spécifiques des bras lorsque le nourrisson, maintenu à quelques centimètres de la table d’examen, est lâché brusquement (mais prudemment !).

Anomalies congénitales

Reste ensuite à examiner le bébé de façon plus approfondie afin de rechercher des malformations ou anomalies détectables à l’examen clinique :

⇒ Aspect des membres, du nombre de doigts, d’orteils...
⇒ Recherche de la présence d’une hernie.
⇒ Recherche d’une luxation congénitale de la hanche en pratiquant un dépistage systématique au moyen de la manœuvre d’Ortolani.
⇒ Existence d’une anomalie des orifices digestifs naturels de l’enfant, au moyen de l’introduction d’une petite sonde dans l’œsophage et l’estomac. Le praticien va rechercher également une imperforation, toujours possible, de l’anus.

Cinq pathologies génétiques

Dans les jours qui suivent la naissance, cinq pathologies génétiques relativement fréquentes dans la population générale vont être dépistées par le pédiatre :

⇒ L’hypothyroïdie congénitale, grâce au dosage sanguin de la TSH, l’une des hormones intervenant dans la fonction thyroïdienne.
⇒ La mucoviscidose, par le dosage sanguin de la trypsine immunoréactive (TIR) dans les 72 heures après la naissance. Lorsqu’il est supérieur à la normale, une analyse moléculaire est nécessaire. Elle consiste en l’étude du gène de la protéine CFTR (cystic fibrosis transmembrane regulator) situé sur le chromosome 7 et dont on sait que les mutations provoquent la mucoviscidose.
⇒ La drépanocytose, une maladie sanguine touchant l’hémoglobine, plus fréquente chez les enfants issus de la population noire.
⇒ La phénylcétonurie, liée à l’accumulation dans le cerveau d’un acide aminé, la phénylalanine. Le « test de Guthrie » permet de repérer les enfants présentant une phénylcétonurie néonatale. Une simple goutte de sang prélevée dès la fin de la première semaine de vie suffit.
⇒ L’hyperplasie congénitale des surrénales, une maladie hormonale mise en évidence par le dosage sanguin d’une hormone, la 17-hydroxyprogestérone.

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