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Severn Suzuki

dim, 04/03/2012 - 10:56 -- Christophe Guyon

En 1992, au Sommet de la Terre à Rio, du haut de ses 12 ans, elle interpellait les chefs d’État sur le désastre planétaire. Severn Suzuki a coupé le souffle au monde pendant six minutes. Son militantisme est intact. Christophe Guyon l’a rencontrée.

Ce qui frappe quand on rencontre Severn, c’est sa grâce. Cette femme vous éblouit par son sourire, vous touche par son regard pétillant qui pourtant va droit au but, car derrière cette douceur généreuse se laisse deviner une détermination puissante.

LA CONVICTION D’UNE ENFANT
Avec un groupe d’enfants de son âge, elle avait créé 3 ans plus tôt l’Organisation des Enfants pour l’Environnement. Ce groupe d’enfants bien plantés décida de collecter de l’argent pour se rendre à Rio et assister au fameux Sommet de la Terre. Il n’était pas question pour eux d’intervenir, mais, le dernier jour de la conférence, alors qu’ils s’apprêtaient à repartir, on leur accorda un temps de parole en séance plénière. Sans doute guidée par une intuition, Severn avait préparé un discours résumant tout ce qu’elle avait sur le cœur, tout ce qu’elle voulait dire à ce monde d’adultes qui avait fini par oublier l’essentiel. Elle fut donc désignée pour monter à la tribune.

UN DISCOURS QUI TÉTANISA L’ASSISTANCE
Pendant plus de 6 minutes, elle parla avec la puissance de l’enfance, avec la force de la sincérité et une espérance désarmante, mettant en avant ses craintes, ses doutes, mais renvoyant aussi les adultes à leurs responsabilités vis-à-vis des générations futures. C’était un constat simple, net, mais terrifiant.

Voici ses premiers mots :
« Bonjour, je m’appelle Severn Cullis-Suzuki... (...) Je me bats pour mon avenir. Perdre son futur, n’est pas comme perdre aux élections ou perdre quelques points à la Bourse. Je suis ici pour parler au nom des générations futures. Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés partout dans le monde, dont les cris ne sont plus entendus. »
Dans la salle, l’ambiance devient surréaliste, les visages se figent et le silence s’épaissit à mesure que l’auditoire saisit la tournure de la déclaration. Il ne s’agit plus de l’habituel flot de bonnes intentions, ni d’un discours édulcoré, tissé par le mental. Severn parle sans détour, avec sa candeur, avec ses émotions. Animée par cette conscience instinctive des enjeux de la planète, elle interpelle directement les puissants sur la destruction du vivant.

Extrait :
« Je suis seulement une enfant, je n’ai pas toutes les solutions. Et j’aimerais que vous réalisiez que vous non plus ! Vous ne savez pas comment réparer la couche d’ozone. Vous ne savez pas comment ramener le saumon dans les eaux polluées. Vous ne savez pas comment ramener à la vie les animaux désormais éteints, et vous ne pouvez pas ramener les arbres des zones qui sont maintenant des déserts. Si vous ne savez pas comment réparer tout cela, s’il vous plaît, arrêtez le massacre ! »

LA CAISSE DE RÉSONANCE D’INTERNET
La suite, c’est Internet qui le déclenche, quelques années plus tard, lorsque la vidéo de ce discours est mise en ligne. En 2008, la vidéo est traduite en français et provoque de nouveau une diffusion virale qui ira jusqu’aux oreilles du documentariste Jean-Paul Jaud.

RETOUR AUX SOURCES
Mais il y a quatre ans, Severn décide de quitter sa vie « confortable » de Vancouver et ses activités d’animatrice de télé, pour suivre son mari dans son village amérindien du sud de l’Alaska, en Colombie britannique. Changement de vie radical : l’ex-citadine se retrouve mère au foyer dans un village traditionnel Haïda. Elle explique ce choix par l’amour pour son conjoint, mais aussi dans une volonté de cohérence pour consommer local, réduire son empreinte écologique et élever ses enfants au contact de la nature.
C’est dans ce village de l’archipel des îles Queen Charlotte — écrin de nature dans le Pacifique nord canadien — que l’a retrouvée le réalisateur Jean-Paul Jaud pour en faire l’héroïne de son film « Severn, la voix de nos enfants ».
D’autres enfants continuent de pleurer la nuit pour les mêmes raisons. Severn continue son travail de sensibilisation et d’information du public avec cette fois, en plus, sa nouvelle énergie de maman.

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