Et si vous palpiez vos pouls artériels ?

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Quoi de plus banal que le médecin, passant le bout de ses doigts sur votre cou, votre poignet, vos aines ou encore sur le dessus de vos pieds ? Ne vous y trompez pas. Derrière cet examen d’allure anodine se cache un geste de prévention essentiel.

Difficile d’aborder cet examen clinique sans expliquer ce que sont les pouls. Ils correspondent à l’onde provoquée par le passage du sang dans les artères au niveau de certaines zones du corps, particulièrement réceptives, du fait de leur trajet superficiel sur une zone dure (squelette) qui favorise leur palpation. En pratique, la palpation du pouls correspond à la palpation de la paroi externe de l’artère concernée. Rappelons que le sang est pulsé dans les artères par les battements du cœur (systole) et plus exactement par le ventricule gauche qui éjecte le sang vers la périphérie de l’organisme.

Variations quotidiennes

Plusieurs circonstances peuvent le faire varier en fréquence comme en intensité, quelle que soit l’artère palpée : digestion, accélération du rythme cardiaque (tachycardie, sport...), résistance propre des artères au passage du sang, élasticité des parois artérielles (avec l’âge, elles deviennent plus dures)... Le pouls doit donc être analysé en fonction des circonstances.

Un signe de vitalité

Certaines zones disposent d’un pouls facilement détectable par le médecin... ou soi-même, d’où l’intérêt de les palper afin d’en retirer des informations importantes. Schématiquement, l’absence d’un pouls, comparativement au côté opposé, peut être un indicateur d’occlusion partielle et chronique (installation sur une période longue) comme pour l’artérite des membres inférieurs, ou aiguë, en cas d’occlusion brutale par un caillot. Mais tous les intermédiaires sont possibles, entre l’occlusion brutale et soudaine et l’occlusion artérielle chronique.

... lorsqu'il est bien frappé !

Schématiquement, un pouls bien frappé atteste d’une bonne conduction du flux sanguin dans l’artère. Un pouls moins bien frappé peut être un signe d’occlusion artérielle, d’une pathologie artérielle bien spécifique (maladie de Takayasu, maladie de Buerger...), d’un problème cardiaque... Mais attention, les pouls ne sont pas toujours symétriques et ce, en dehors de toute pathologie, d’où l’intérêt de corréler le pouls aux autres signes que sont la pâleur cutanée, la froideur du membre ou encore l’existence de douleurs.

Les 7 localisations les plus importantes :

1) Pouls radial. Situé sur le bord externe de la face antérieure du poignet, c’est le pouls utilisé par le médecin de façon habituelle afin d’analyser le rythme cardiaque et sa fréquence.

2) Pouls fémoral. Situé dans l’aine au niveau de l’artère fémorale, il est particulièrement utilisé par le médecin pour repérer des anomalies de l’aorte et notamment une occlusion.

3) Pouls carotidien. Situé sur le côté du cou, il est important dans le dépistage des occlusions de l’artère carotidienne. Pouls situé le plus près du cœur, il permet également de dépister un rétrécissement de la valve aortique.

4) Pouls poplité. Situé dans le creux du genou, ce pouls est particulièrement important dans la surveillance de l’artérite.

5 et 6) Pouls pédieux et tibial postérieur. Situé respectivement sur le pied, et derrière la malléole interne, ces deux pouls sont mis sous surveillance dans le dépistage précoce de l’artérite. En cas d’occlusion à un stade asymptomatique (pas encore de symptômes), la diminution du pouls d’un pied par rapport à l’autre est importante à connaître.

7) Le pouls temporal. Situé sur le côté du front, à l’aplomb du bord externe des yeux, il permet de tester l’artère temporale. L’absence de pouls temporal doit faire craindre une maladie de Horton, avec son risque de cécité.

L’autopalpation, facile à faire 

Pour bien palper son pouls, il faut se servir de son index et de son médius et les poser sur la zone concernée. Attention à ne pas trop appuyer, au risque d’écraser l’artère... et d’empêcher le sang de passer, notamment au niveau des pieds où les artères sont superficielles et fines. Et gare à ne pas utiliser son pouce pour palper le pouls d’un proche : l’artère du pouce étant superficielle, c’est son propre pouls qu’on risque de palper à la place du pouls de la personne concernée !

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