Trois repères pour se supplémenter ni trop ni trop peu en vitamine D

Dossier spécial
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Pour ne pas faire n’importe quoi en matière de supplémentation orale en vitamine D, il faut commencer par bien comprendre le distinguo qui existe entre apport minimal, apport optimal et apport maximal.

L’apport minimal

L’apport minimal correspond aux apports journaliers recommandés ou AJR. Les AJR sont fixés pour éviter à la quasi-totalité de la population les risques de carence classique. Exemples : anémie pour le fer, scorbut pour la vitamine C et rachitisme pour la vitamine D. Pour chiffrer les AJR de la vitamine D, on s’est tout bonnement inspiré d’une pratique ancienne d’abord apparue sur les côtes des pays scandinaves et du Royaume-Uni, à savoir donner aux enfants une cuillerée à café par jour d’huile de foie de morue pour les protéger du rachitisme. Or, une cuillerée à café d’huile de foie de morue contient approximativement 400 UI de vitamine D. En France, les autorités sanitaires ont logiquement retenu ce chiffre, du moins jusqu’au début des années 2000, où elles ont décidé, pour d’obscures raisons, de diviser par deux les AJR, les faisant passer de 400 à 200 UI !

Pour satisfaire ses besoins, l’organisme utilise quotidienne­ment au moins 3000 à 5000 UI de vitamine D. L’exposition de la peau aux rayons UVB du soleil assure à elle seule 90, voire 95 % des apports en vitamine D, le reste provenant de l’alimentation, essentiellement des poissons gras. À condition de les respecter, les AJR ne couvrent donc au mieux que 5 à 10 % des besoins journaliers de l’organisme. En raison de notre style de vie qui nous éloigne du soleil, leur part demanderait à être augmentée de manière significative. À l’occasion de la publication d’un rapport en 2012, l’Académie de Médecine a manifestement pris en compte ce paramètre en réclamant une réévaluation des apports oraux quotidiens en vitamine D. En clair, elle milite pour des apports nettement plus importants, à savoir 800 UI par jour pour les adultes de 19 à 50 ans, 1000 à 1500 UI pour les adultes de 51 à 70 ans, et plus de 1500 UI pour les adultes de plus de 70 ans. Ce faisant, on s’approche de l’apport optimal.

L’apport optimal

L’apport optimal est défini par les meilleurs experts internationaux en matière de vitamine D, à travers les guidelines destinés aux professionnels de santé. Le « guide de référence » actuel demeure celui de The Endocrine Society, publié en 2011. Dans ce guide, on recommande aux adultes de plus de 18 ans un apport oral quotidien de 1500 à 2000 UI pour espérer maintenir un taux sanguin de vitamine D correct, c’est-à-dire supérieur à 30 ng/ml. Il est évident qu’un tel apport est complètement inatteignable par l’alimentation seule. Le recours à la supplémentation s’impose donc.

L’apport maximal

L’apport maximal, quant à lui, fait référence à la limite de sécurité fixée par les autorités sanitaires. Ces dernières années, les autorités sanitaires Nord-américaines et européennes ont fait passer la limite de sécurité de 2000 à 4000 UI par jour. Le seuil de toxicité, quant à lui, est fixé à 10 000 UI par jour - et uniquement dans le cas de figure où l’on ingérerait une telle dose quotidienne pendant au moins 6 mois consécutifs ! La limite de sécurité a été déterminée après application d’un coefficient de sécurité de 2,5 (10 000 UI : 2,5 = 4000 UI).

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