La Scintigraphie Osseuse

Un examen irremplaçable
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C’est l’un des examens d’imagerie les plus vieux de la médecine moderne et, pourtant, la scintigraphie demeure incontournable pour le diagnostic précoce de nombreuses pathologies osseuses.

Imaginée par Irène et Frédéric Joliot-Curie dans les années 1920, la scintigraphie a vu le jour en médecine humaine en 1951. Cet examen d’imagerie repose sur l’utilisation de la radioactivité. Il consiste en l’injection d’un produit très faiblement radioactif, ou traceur. Le traceur est sans danger pour la santé, exceptionnellement allergisant et est éliminé en 24 heures. Il va se fixer électivement sur les os de façon précoce dans de nombreuses pathologies alors que les autres examens conventionnels (radiographie, par exemple) demeurent encore normaux.

Dépistage précoce

Schématiquement, la scintigraphie permet de visualiser la réaction d’un os soumis à une pathologie, ainsi que l’ensemble du squelette, le tout en un seul examen. Le traceur se fixe sur les zones « anormales ». On peut donc ainsi détecter les lésions non visibles à la radiographie et suspectées à l’examen clinique, mais aussi celles qui sont encore asymptomatiques. Le traceur étant injecté par voie intraveineuse, la scintigraphie permet de détecter les zones où la vascularisation osseuse est augmentée sous forme de taches (zones denses par fixation excessive du traceur) ou insuffisante (zone « blanche »).

Indications variées

Les indications de la scintigraphie osseuse englobent presque toutes les pathologies osseuses en matière de diagnostic comme de dépistage précoce :

• Diagnostic et suivi des tumeurs osseuses
• Métastases
• Infection osseuse
• Inflammation
• Séquelles de traumatisme
• Arthrose sévère
• Ostéoporose
• Algodystrophie
• Diagnostic précoce des fractures de fatigue encore invisibles à la radiographie

En pratique

Indolore, la scintigraphie se pratique généralement en milieu hospitalier dans le service de médecine « nucléaire ». Le radiologue injecte du Technétium 99 (traceur) dans une veine du bras ou du pied. Après deux ou trois heures d’attente nécessaires à la diffusion suffisante du produit dans l’organisme, le patient, allongé sur le dos, est installé sur la table d’examen qui entre ensuite dans un anneau. Le capteur sensible au traceur radioactif, autrement dit la gamma-caméra, est contenu dans l’anneau qui peut également effectuer des manœuvres de rotation autour du corps. L’examen dure entre 20 et 45 minutes selon les cas.

Précautions

L’âge n’est pas une contre-indication et la scintigraphie est possible chez les nourrissons et les enfants. Seules contre-indications, l’existence d’une grossesse (ou la possibilité d’une grossesse encore méconnue), en raison de la présence de rayons X, et la période de l’allaitement (passage du traceur dans le lait). Une suspension d’allaitement de 24 heures est nécessaire après l’examen. Enfin, il est recommandé d’apporter l’en-semble des clichés ou autres examens d’imagerie (scanner, IRM…) le jour de l’examen. Aucune préparation n’est nécessaire et les résultats sont connus dans les 24 heures et envoyés au médecin prescripteur de l’examen.

Bon à savoir

⇒ Il n’est pas nécessaire d’être à jeun.
⇒ Les éventuels traitements habituels peuvent être pris comme d’habitude.
⇒ N’oubliez pas d’enlever les objets métalliques (montre, bague, bijou, collier, ceinture…).
⇒ Il est recommandé d’avoir la vessie vide au moment de l’examen car une vessie pleine peut le gêner.
⇒ Il est recommandé de ne pas effectuer d’effort physique entre le moment de l’injection et la prise des clichés afin de ne pas disperser le traceur radioactif dans les muscles (marche rapide, course…).
⇒ Il est possible de reprendre le volant ou son activité professionnelle immédiatement après la scintigraphie.

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