Dosage de l’EPO

Pas seulement pour les sportifs !
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Tour de France et lutte contre le dopage oblige, on risque peut-être d’entendre à nouveau parler de l’EPO cet été, autrement dit de l’érythropoïétine. Mais le dosage de l’EPO ne concerne pas uniquement les cyclistes. Il est également utilisé dans de nombreuses pathologies.

Contrairement à une idée reçue, la présence d’érythropoïétine (EPO) dans le sang n’est pas une preuve de dopage… car l’organisme synthétise sa propre EPO ! En effet, l’EPO est une hormone (plus précisément une molécule associant une protéine et un glucide) naturellement fabriquée par les reins pour 80 % et par le foie pour 20 %. L’utérus et le cerveau pourraient en fabriquer en petite quantité. L’EPO est destinée à stimuler la fabrication de nouveaux globules rouges par la moelle osseuse, d’où une augmentation de la quantité d’hémoglobine dans le sang, ce pigment rouge chargé de fixer l’oxygène qui passe par les poumons.

Dopage… et situations pathologiques

L’EPO est un facteur de croissance qui contribue à une meilleure oxygénation du sang. On comprend donc son intérêt dans les sports d’endurance (cyclisme, marathon, ski…). On se dope en se faisant injecter de l’EPO de synthèse (presque identique à l’EPO naturelle et détectable en tant que telle) pour disposer de plus de globules rouges et donc, de plus d’oxygène dans le sang. Précision importante, la synthèse d’EPO est accrue lorsque le taux d’oxygène diminue au niveau des artères rénales (« hypoxie »).

Une conséquence s’impose, on peut synthétiser plus d’EPO que d’habitude dans les situations où le taux d’oxygène sanguin baisse :
• Altitude (d’où l’intérêt des stages en altitude chez les sportifs avant une compétition au niveau de la mer)
• Tabagisme
• Anémie (moindre quantité d’hémoglobine dans le sang)
• Hémorragie (responsable d’une anémie).

Indications

Les médecins peuvent dans certains cas prescrire de l’EPO lorsque l’organisme en manque et que l’anémie est importante :
• Certains cancers
• Transfusions
• Certaines chimiothérapies responsables d’une destruction des globules rouges
• Actes chirurgicaux orthopédiques (prothèses de hanche, de genou…)
• Hémorragie
• Lymphome malin
• Myélome multiple
• Insuffisance rénale chronique
• Traitement des grands prématurés.

Trop d'EPO : attention danger !

Pour autant, trop d’EPO peut s’avérer dangereux, voire mortel, car l’excès de globules rouges rend le sang plus épais (hyperviscosité), d’où un risque d’embolie pulmonaire, d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus. Plusieurs athlètes dopés en ont fait les frais dans les années 1990, lorsque l’EPO de synthèse est entrée dans la pharmacopée des tricheurs.

Taux normal

Une prise de sang à jeun le matin permet de mesurer l’EPO. En l’absence de pathologie, le taux d’EPO naturelle est de 10 à 30 unités internationales par litre de sang (UI/l). Le contrôle anti-dopage de l’EPO consiste à doser l’EPO de synthèse (dite « EPO recombinante ») et non l’EPO naturelle. Mais la difficulté provient de la durée de vie très courte de l’EPO de synthèse (quelques jours) alors que ses effets se prolongent pendant plusieurs semaines.

Augmentation

L’EPO naturelle augmente en cas d’anémie, lors de certaines anomalies de l’hémoglobine (drépanocytose, thalassémie…), quand les globules rouges sont altérés (moindre oxygénation), dans certains cas de cancers et dans certaines pathologies auto-immunes (lupus, polyarthrite…). L’insuffisance respiratoire s’accompagne aussi d’un taux élevé d’EPO.

Baisse

La baisse du taux d’EPO est fréquente en cas de tumeurs (poumon, tube digestif, ovaire, sein…), et dans la maladie de Vaquez (augmentation du nombre des globules rouges qui freine la production d’EPO), ainsi que lors de l’insuffisance rénale chronique (le rein ne peut plus fabriquer d’EPO).

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