Le dosage de l'urée

Dans le dépistage de l'insuffisance rénale
Rubrique

Le simple dosage sanguin de l’urée permet de suspecter une insuffisance rénale.

L’urée (à ne pas confondre avec l’acide urique) est un déchet métabolique constitué d’azote. Cette substance est issue de la dégradation des acides aminés, eux-mêmes issus des protéines. La dégradation de l’urée s’effectue dans le foie et l’urée ainsi produite est ensuite éliminée par les reins. En pratique, on estime que l’ingestion de 100 g de protéines alimentaires produit environ 30 g d’urée.

Insuffisance rénale

L’augmentation de l’urée dans le sang permet de suspecter une insuffisance rénale (IR). Rappelons que l’IR, aiguë ou chronique, correspond à l’incapacité des reins à filtrer le sang pour éliminer les déchets. L’urée s’accumule donc dans le sang à l’instar des autres déchets métaboliques.

Valeurs normales

Les valeurs normales de l’urée sont comprises entre 0,10 et 0,50 g/l de sang (2,5 à 10 mmoles/l). Au-delà, il faut suspecter une IR.
Du fait de son manque de sensibilité (fluctuation possible du taux d’urée en l’absence d’IR), il est souvent nécessaire de croiser le dosage de l’urée dans le sang et le dosage de l’urée dans les urines. En temps normal, on estime entre 15 et 35 g le taux de l’urée dans les urines recueillies pendant 24 heures. Le rapport entre l’urée contenue dans les urines et celle contenue dans le sang est d’environ 10. En dessous de 10, une insuffisance rénale est possible.

Les limites de l'urée

Si un dosage élevé de l’urée dans le sang doit faire penser à une IR, le résultat doit être interprété en fonction de l’état clinique et des circonstances, au risque de passer à côté d’une authentique IR avec un dosage d’urée normal ou même bas (faux négatif) ou au contraire de suspecter à tort une IR devant un dosage élevé (faux positif).

Ainsi, le dosage de l’urée dépend de plusieurs facteurs :

L’apport alimentaire en protéines. En clair et en l’absence d’IR, un apport excessif en protéines (régime hyperprotidique) ou au contraire un jeûne alimentaire prolongé ou une dénutrition peuvent respectivement s’accompagner d’une augmentation ou d’une diminution de l’urée sanguine.
Toujours sans IR, l’urée sanguine peut augmenter avec l’âge, en cas d’hémorragie digestive, ou diminuer en cas d’insuffisance hépatique (le foie ne peut plus synthétiser l’urée), de tumeur hépatique ou d’hépatite.
L’état de l’hydratation peut influer sur le taux d’urée. Ainsi, une mauvaise hydratation altère la fonction rénale et donc, provoque une augmentation du taux d’urée dans le sang. Au contraire, une hydratation trop importante, on le constate par exemple dans la grossesse, dilue l’urée et fausse, au final, le dosage.
Les efforts et l’exercice physique peuvent augmenter le taux d’urée, tout comme l’hypercatabolisme, autrement dit l’accélération des phénomènes de dégradation biochimique de l’organisme.
L’insuffisance cardiaque, les hémorragies intestinales et les interventions chirurgicales augmentent mécaniquement l’urée sanguine.
L’alcoolisme peut diminuer le taux d’urée.

Association avec la créatinine

L’absence de sensibilité de ce dosage, sanguin ou urinaire, amène à coupler le dosage de l’urée à celui, beaucoup plus sensible en matière de diagnostic d’une IR, de la créatinine, une autre substance issue de la dégradation des protéines et essentiellement localisée dans les muscles.

Une simple prise de sang

Aucune condition particulière n’est requise pour un dosage sanguin de l’urée. Le prélèvement sanguin s’effectue au pli du coude. Les valeurs normales indiquées dépendent des techniques utilisées par les laboratoires et peuvent donc varier d’un laboratoire à l’autre.

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