Découvrir et cultiver de belles Tsiganes !

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Faites vos remèdes tsiganes avec vos plantes ! Certaines sont déjà là, pour les autres, prévoyez de vous mettre au travail…

Jardiner bio, c’est ouvrir la porte à une diversité écologique. De nombreuses espèces vont s’installer spontanément dans le jardin, aux alentours de la maison et, petit à petit, vont constituer une belle réserve de matière première pour fabriquer vos remèdes en suivant les conseils avisés de Moune. Favorisez ce mouvement, sans dénaturer votre jardin, en créant des conditions particulières adaptées à certaines plantes : zone pierreuse, allée sablonneuse compacte, zone humide à l’ombre alimentée par une gouttière, petit carré de sol frais et profond pour héberger les plantes de prairies…

LA QUALITÉ DES PLANTES À USAGE MÉDICINAL
La concentration en principes actifs varie de façon notable en fonction de la variété, de l’origine géographique, des conditions écologiques (type de sol, climat, altitude, fertilisation, plante sauvage ou cultivée) et des conditions de récolte et de conservation. L’état sanitaire des parties que vous allez utiliser est important.
> Pour toutes les plantes (cueillies ou cultivées) qui seront préparées sans être chauffées à 60 ou 80 °C, rincez abondamment (1) pour éliminer la poussière et les souillures par l’urine des animaux sauvages (ou ramassez les feuilles en hauteur, si c’est possible).
> En cas de maladie fongique, n’hésitez pas, jetez les organes malades. En l’absence de connaissances précises, il est sage d’éviter les risques liés aux toxines produites par les champignons.

LES PLANTES FACILES À CULTIVER
Autrefois sauvages, elles sont nombreuses à être commercialisées. Que vous achetiez des graines ou des plants, achetez bio et allez chez un spécialiste pour être sûr de l’identité de la plante et avoir quelques conseils. Pour cultiver, respectez les exigences écologiques au maximum (luminosité, type de sol…) ; une promenade dans la nature et la lecture d’une flore donnent de précieuses indications.

L’aigremoine eupatoire (Agrimonia eupatoria L.)
Vivace rustique à installer dès mars dans un carré frais, exposé au soleil du matin ou très peu ombragé, dont le sol est riche en azote et plutôt basique (pH autour de 7), drainant bien. Elle produit une tige droite ou peu ramifiée de 30 à 60 cm qui se termine par des fleurs jaunes disposées en épis. La floraison s’étale de juin à septembre, on récolte les sommités fleuries plutôt en juillet-août, dès qu’elles commencent à s’épanouir.
> Dans les sols équilibrés, en fin d’été, incorporez du calcium sous forme de maërl ou de roche calcaire et magnésienne.
> Dans les sols où l’eau s’évacue mal, préférez un apport de sables calcaires qui améliorent le drainage mais ils sont un peu chers. S’ils sont trop séchants, avec un apport de compost, augmentez leur capacité de rétention d’eau. Mais l’aigremoine est peu gourmande et s’adapte ! Notez que la tige a des propriétés tinctoriales.

La guimauve officinale (Althea officinalis)
Plante vivace originaire des marais salés, très présente sur le littoral. Elle s’est naturalisée jusque dans la région Centre et se cultive dans les jardins. Rustique, cette plante apprécie une exposition ensoleillée et les sols lourds, frais, les bords de fossé ou de mare.
> Pour profiter d’un massif de 1,5 m de haut, couvert de fleurs aux tonalités blanches et mauves tout l’été : apportez une pelletée de compost mûr en fin d’hiver, arrosez et paillez, et rabattez les tiges défleuries à la base. Attention aux maladies fongiques, surtout la rouille ; intervenez systématiquement en préventif avec des pulvérisations régulières de prêle. Si les feuilles sont malades, il ne faut pas les utiliser (2).
> Bouturez tous les 3 ans le pied-mère (rameau de l’année) ou divisez la souche pour assurer le renouvellement, car les vieilles racines sont peu riches en principes actifs. Les feuilles se cueillent jusqu’à la floraison, ensuite on ramasse les fleurs en début d’épanouissement et les racines en octobre-novembre avec une bêche.
> Pour avoir des plantes à racines entières, préférez les semis, à réaliser entre mars et fin avril, ou encore en automne (germination à 5 °C).

La saponaire (Saponaria officinalis)
Plante vivace très rustique qui supporte – 25 °C. Ses racines sont des rhizomes, elle se développe donc en touffe de 50 à 60 cm de haut, rehaussée de fleurs blanches ou roses, odorantes, qui apparaissent entre juin et septembre selon le climat. Vous planterez (par exemple en avril-mai) la saponaire au soleil, dans un sol humifère, léger et frais, calcaire ou neutre. Tous les 2-3 ans, apportez un peu de sables calcaires en mélange à du compost mûr pour stabiliser le pH autour de 7.
Pour l’entretien courant, désherbez et paillez, cela réduit les arrosages, sauf en cas de coup de chaleur, où il faut impérativement arroser pour ne pas stresser la plante.
Peu sensible aux maladies, pensez à renouveler les pieds tous les 3 ans environ ; vous pouvez le faire à partir d’éclats de rhizome, de boutures de tiges prélevées au printemps ou encore acheter des graines pour les semer au printemps ou en automne. La culture en pot est tout aussi facile, avec un bon drainage et une terre qui garde le frais. La saponaire a diverses propriétés médicinales et aide aussi le jardinier. Le purin de feuilles (infusion pendant 24 h) est un insecticide réputé efficace contre les pucerons ; on conseille une pulvérisation toutes les semaines, tant que le problème persiste.

L’arnica (Arnica montana)
Plante médicinale dont la cueillette est interdite ou réglementée dans la plupart des départements français. Peu importe, contribuez à préserver l’Arnica montana sauvage en cultivant quelques pieds dans votre jardin, même si c’est un peu
compliqué !
> Achetez des graines récoltées l’année précédente : attention, c’est important, car le pouvoir germinatif se réduit fortement au bout de 2 ans. Semez-les dès février sous abri en pépinière ou en pot à partir de mi-mars, jusque fin mai dans les zones au nord de la Loire.
> Le substrat idéal est acide : mélangez, dans les mêmes proportions, du sable, de la tourbe et de la terre de bruyère, posez les graines en surface et recouvrez-les très légèrement. La levée demande une vingtaine de jours, gardez la terre humide en arrosant régulièrement avec de l’eau non calcaire. Encore un peu de patience, attendez deux mois pour repiquer les jeunes plants dans une zone exposée mi-ombre à ensoleillée (attention au coup de chaud), avec un sol acide, drainant, assez riche en matière organique. Regardez apparaître les grandes tiges qui se terminent par une grosse fleur (6 à 8 cm de diamètre)…

(1) Le rinçage élimine un peu de principes actifs, mais mieux vaut augmenter, avec prudence, un peu les quantités de plantes dans vos recettes pour compenser.
(2) Les champignons parasites produisent des mycotoxines, mieux vaut appliquer le principe de précaution !

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